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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2017 > Novembre 2017 > Stéphane Richard, président directeur général d’Orange : « Sonatel joue un (…)

Stéphane Richard, président directeur général d’Orange : « Sonatel joue un rôle majeur dans le Groupe Orange »

lundi 27 novembre 2017

Portrait/Entretien

Le président directeur général de Orange, Stéphane Richard qui était au Sénégal, évoque, dans cet entretien, le partenariat entre son groupe et Sonatel. Il soutient que cette société, qui est la quatrième entité de Orange par la taille, est une entreprise qui réussit bien et sur laquelle il dit vouloir s’appuyer pour le développement du groupe en Afrique.

Qu’est-ce cela vous fait de partager l’expérience d’une maison fibrée à Dakar ?

La maison fibrée est une première au Sénégal. La fibre optique, c’est une nouvelle technologie des télécommunications fixes. C’est un fil en verre par lequel on peut acheminer un volume quasi illimité de données. En soi, la technologie n’est pas récente. La première liaison de fibre optique a été faite dans un laboratoire du groupe en France il y a quarante ans. C’est formidable qu’on propose, aujourd’hui, cette technologie au Sénégal pour le raccordement Internet aux entreprises d’abord qui ont besoin d’avoir une qualité de service et une connexion haut débit et aux particuliers ensuite. Dans une maison, la fibre transforme tous les usages en permettant d’avoir, par exemple, plus de dix écrans connectés avec une qualité de service sur tous les écrans. Elle permet également d’avoir accès à tous les contenus audiovisuels instantanément avec une parfaite qualité ultra et haute définition. Le fait d’avoir une fibre optique à la maison change la vie. C’est une possibilité de télécharger instantanément des fichiers lourds en très grande capacité, c’est-à-dire en large bande. Et Orange maîtrise bien cette technologie. Le groupe déploie beaucoup de fibre optique en Europe. Il a raccordé quasiment 25 millions de foyers à la fibre en Europe notamment en France, en Espagne. On est très heureux que Sonatel et Orange amènent la fibre optique en Afrique, précisément à Dakar. Notre mission, c’est d’apporter le meilleur de la connectivité à tous nos clients sur le réseau mobile. Orange et Sonatel sont leaders sur la 4 G et maintenant sur le fixe avec la fibre optique.

Qu’est-ce qui vous a poussé à ouvrir une école de codage gratuite à Dakar ?

Dans le monde digital, il y a de nouveaux métiers qui sont essentiels pour les entreprises et les économies pour que celles-ci puissent tirer le meilleur du digital. Le monde du travail va changer fondamentalement. Dans dix ans, la moitié des métiers qui seront créés n’existent pas aujourd’hui. Il va y avoir une transformation énorme des économies partout dans le monde y compris en Afrique. Le Sénégal doit se préparer dès maintenant à cette révolution des compétences. Sonatel, pour son fonctionnement, a besoin de ces compétences. Elles sont nombreuses et elles commencent par le codage qui permet d’écrire le monde dans le digital en inventant les applications et programmes qui vont permettre d’offrir tous les services digitaux du futur dans tous les domaines. Le codage est une compétence de base dans le domaine numérique. Nous avons besoin de plus de codeurs pour les entreprises, le Sénégal et le monde. Ce qui justifie le lancement de cette école qui est gratuite. La première promotion compte 50 jeunes et ils pourront valoriser leurs compétences à Sonatel ou ailleurs. Il y avait 12 000 candidatures et nous avons décidé de doubler l’effectif de l’école de codage en présentiel et de lancer une formation en ligne accessible à tout le monde.

Avec 42 %, Orange est le premier actionnaire de Sonatel. Que représente ce groupe pour vous ?

Le groupe Orange est le partenaire stratégique de Sonatel. Il est un partenaire stable de long terme et respectueux du partenariat. Sonatel qui fait partie intégrante du groupe a un statut particulier. Elle n’est pas une filiale de Orange. Néanmoins, les cadres de Sonatel participent aux réunions du groupe et sont totalement intégrés dans la marche de Orange. Sonatel est la principale tête de pont en Afrique. Par la taille, elle est la quatrième entité du groupe derrière la France, l’Espagne et la Pologne sur 30 pays. En Afrique, elle joue aussi un rôle régional (la société est présente au Mali, en République de Guinée, en Guinée Bissau et en Sierra Léone). C’est un nœud important en Afrique de notre présence en Afrique. Nous voulons nous appuyer sur elle pour nous développer dans cette partie de l’Afrique parce que Sonatel dispose de toutes les compétences pour le faire. La meilleure illustration, c’est quand nous avons voulu reprendre une opération en Sierra Léone, le travail a été confié à Sonatel. Elle joue un rôle majeur dans le groupe avec un statut particulier que nous respectons. De plus, Sonatel est une entreprise qui réussit bien.

Comment Orange compte-t-il accompagner la croissance de Sonatel dans la sous-région ?

Sonatel est déjà un grand groupe bien géré. Son principal actionnaire, Orange, agit de façon avisée dans le cadre du partenariat qui le lie avec l’Etat du Sénégal. Sonatel est autonome et n’a pas besoin du support financier de Orange. Elle a des comptes qui lui permettent de se développer comme elle l’entend. Le groupe Orange doit l’accompagner dans deux domaines : la révolution technologique et la formation des compétences. Nous souhaitons également nous appuyer sur Sonatel pour notre développement régional en Afrique. C’est une attente légitime parce que beaucoup de choses peuvent être faites.

Dans la digitalisation de l’Afrique, il y a d’autres acteurs. Comment voyez-vous ce positionnement ?

La digitalisation de l’Afrique est une immense opportunité pour de nombreux acteurs et il y a de la place pour tout le monde. Toutefois, les premiers acteurs de la digitalisation doivent être les entrepreneurs africains à travers les innovations, les startups. Orange a vocation à les repérer et à les accompagner. Après, il y a des acteurs plus importants du numérique tels Gafa ou Gafam (Ndr : acronyme constitué des géants les plus connus Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) qui s’intéressent à l’Afrique considérée comme l’avenir du monde en terme de croissance et de démographie sans avoir les bonnes clés pour être au plus près des populations et des usages même s’ils ont beaucoup apporté en Afrique. Vis-à-vis d’eux, nous sommes dans des partenariats avec Facebook ou Google tout en étant vigilants sur le fait que certains services qu’ils peuvent proposer peuvent représenter des risques notamment par la fraude qui viennent menacer le modèle économique des opérateurs et affaiblir leurs capacités d’investissement. Il ne faut pas perdre de vue que les premiers acteurs de la digitalisation sont les opérateurs qui ont vocation à déployer les réseaux qui vont permettre le déploiement de cette technologie. Celle-ci suppose des infrastructures qui permettent à tout le reste de l’écosystème de grandir y compris les grands acteurs d’Internet et les startups. Les opérateurs sont le socle, le système nerveux de la digitalisation et sont des pôles vers lesquels doivent converger les startups et les grands acteurs qui passent par eux pour déployer leurs services.

Dans la stratégie Sénégal numérique 2025, quel rôle compte jouer Orange via Sonatel ?

Nous comptons y jouer un rôle très important en poursuivant nos investissements pour déployer les infrastructures nécessaires. Sonatel a construit le plus grand data center de la région au Sénégal. C’est un équipement clé dans le digital. Nous voulons également rendre ces nouveaux services accessibles au plus grand nombre. Cela suppose des efforts sur les prix et la compétitivité de nos offres. C’était une forte attente des autorités bien prise en compte par Sonatel. Elle a pris des mesures fortes dans ce sens et nous envisageons de baisser nos prix pour rendre nos services accessibles au plus grand nombre. La stratégie Sénégal numérique 2025 pour le volet numérique est un projet pertinent et capital pour le pays. Nous nous voyons comme une locomotive et un contributeur essentiel à ce projet.

Propos recueillis par Mamadou Guèye

(Source : Le Soleil, 27 novembre 2017)

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