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Soyons vigilants, Microsoft arrive !

samedi 28 février 2004

La firme Microsoft, qui vient d’installer un bureau au Sénégal, s’est lancée dans une intense campagne de communication dans laquelle elle use tantôt de la carotte et tantôt du baton. Côté carotte, elle évoque la possibilité de traduire ses logiciels dans les langues nationales et se dit prête à apporter son appui à l’introduction de l’informatique dans le système éducatif. Côté baton, la guerre est déclarée au piratage des logiciels par les PME et l’administration, laissant les particuliers, sur lesquels elle n’a pas de prise, vaquer à leurs pratiques illégales. Cependant que l’on ne s’y trompe pas, l’enjeu est ailleurs et le véritable objectif de cette offensive est de faire en sorte que le Sénégal ne rejoigne pas le camp des pays ayant décidé d’utiliser systématiquement les logiciels libres et de sources ouvertes dans leur fonctionnement quotidien à chaque fois qu’il existe une alternative fiable et viable aux logiciels commerciaux. En effet, depuis que les logiciels libres ne sont plus l’apanage de quelques férus d’informatique mais sont au contraire de plus en plus utilisés par des administrations publiques, des grandes entreprises privées voire des états, aussi bien au niveau du système d’exploitation que des applications, le monopole du géant de l’informatique commence à recevoir de sérieux coups de boutoirs.Ainsi en est il de pays comme la Finlande, la Tailande, Israel, la France, l’Allemagne, les phillipines , la Corée, et bien d’autres qui ont pris la décision d’engager leur administartion sur la voie de l’utilisation du logiciel libre. La Namibie est allée jusqu’à refuser des dons gratuits de logiciels par le géant Microsoft craignat de se retrouver piégé par des couts cachés. En vue d’enrayer cette progression, les pays comme le Sénégal, dont l’administration utilise depuis longtemps des logiciels commerciaux pour lesquels les licences d’utilisation n’ont jamais été achetées, sont de ce fait des cibles privilégiées car faisant partie des « Etats pirates » sur lesquels il est facile de faire pression. Dès lors, le langage que tient Microsoft à ces derniers est simple : nous savons que vous piratez nos logiciels à grande échelle mais nous sommes prêts à passer l’éponge sur ces pratiques à condition que vous adoptiez désormais nos produits en échanges du paiement de licences symboliques. Pour les états qui réfléchissent à courte vue, c’est une occasion révée d’éviter les poursuites, les condamnations et les amendes et de se refaire une honorabilité de façade à l’heure ou la défense de la propriété intellectuelle et du droit d’auteur est à l’ordre du jour de nombreux de forums internationaux. Pour Microsoft, c’est le moyen de s’assurer de la pérennisation de son monopole à peu de frais, notamment en offrant gratuitement ou presque ses produits aux établissements d’enseignement et de formation qui deviennent ainsi et sans le savoir des institutions fabricant les futurs clients de tel ou tel produit en lieu et place de former des utilisateurs capables de choisir en toute liberté telle ou telle application informatique en fonction de ses caractéristiques intrinsèques. Dans le domaine du routage, il y a bien longtemps que la firme Cisco s’est engagée dans la même voix par le biais de ses célèbres « académies » qui n’ont pour autre but que de faire de cette marque un synonyme de « routeur » et capter ainsi à son avantage l’essentiel d’un secteur de marché moins sur la base d’un avantage comparatif avéré que sur la base d’une manipulation des esprits dans laquelle une marque ou un produit est présenté de manière insidieuse comme l’équivalent d’une application. En ces temps ou le partenariat public-privé (PPP) est à la mode, il convient donc que nos états soient assez vigilants pour ne pas se tranformer en de vulgaires auxiliaires publicitaires au service des grandes multinationales de l’informatique pour lesquelles la philanthropie n’est pas une qualité et encore moins une finalité. A quoi bon réclamer la suppression de la dette extérieure dont le remboursement des intérêts est devenu au fil des ans plus lourd à rembourser que le capital initialement emprunté pour tomber dans le cercle vicieux du paiement de licences d’utilisation de logiciels dont le coût deviendra à la longue plus important que le prix d’achat des produits eux-mêmes. Au-delà des considérations financières, comment des états peuvent-ils aujourd’hui accepter d’utiliser des logiciels propriétaires dont ils ignorent tout du code source et donc d’éventuels programmes cachés fonctionnant à leur insu ? Enfin, à l’heure ou tout le monde s’accorde à dire que la société de demain sera celle du savoir et donc de l’intelligence, comment nos états peuvent-ils se résoudre à n’être que des utilisateurs passifs de logiciels qui ne leurs convienent pas forcémment au lieu d’investir dans la formation de ressources humaines capables de produire par eux-mêmes et pour eux-mêmes les produits dont ils auront besoin avec la possibilité de les modifier à tout moment tant du point de vue de leur ergonomie, de leur langue que leurs fonctionnalités ? Alors plutôt que d’accepter précipitemment ces cadeaux empoissonnés dont les conséquences seront à la fois tragiques et durables pour nos pays, il est grand temps que ceux-ci s’orientent résolument vers l’utilisation des logiciels libres partout ou cela est possible en commençant par le système éducatif qui doit être le lieux privilégié ou l’on utilise, ou l’on s’approprie, ou l’on améliore et surtout ou l’on invente les outils informatiques dont notre société aura besoin pour l’analyse et la résolution des problèmes concrets auxquels elle fait face en vue de sa transformation sociale au profit du plus grand nombre.

Amadou Top
Président d’OSIRIS

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