OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Ressources > Points de vue > 2026 > SONATEL : 1 923 milliards de chiffre d’affaires mais toujours pas de forfait (…)

SONATEL : 1 923 milliards de chiffre d’affaires mais toujours pas de forfait social. Où est l’ARTP ?

lundi 10 août 2026

Point de vue

INTRODUCTION

Le Sénégal s’est engagé dans une trajectoire de transformation systémique visant la souveraineté, l’équité et l’émergence d’une économie moderne. Au cœur de cette ambition, la numérisation est le moteur d’inclusion et de croissance durable. Pourtant, des millions de citoyens restent à la marge de cette révolution, faute d’un accès abordable à la téléphonie mobile et à Internet. Pour que ce nouveau contrat social se concrétise, un préalable est indispensable : l’identification formelle de chaque citoyen à travers une identité numérique sécurisée. C’est dans ce cadre que s’inscrit la proposition d’un forfait social universel, dont la régulation et la mise en œuvre incombent directement à l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP), en mobilisant l’opérateur historique, la Sonatel. Cette initiative constituerait la première mission stratégique de l’ARTP, marquant un tournant décisif vers une justice numérique réelle.

1. L’ACCÈS À LA COMMUNICATION EST UN DROIT HUMAIN INALIÉNABLE ET UN PRÉALABLE AU DÉVELOPPEMENT

Dans un monde de plus en plus connecté, priver un citoyen d’un accès minimal au réseau revient à l’exclure de la société, de l’économie et de ses droits civiques. Le numérique ne doit plus être un luxe réservé à une élite urbaine ou aisée, mais un service public universel de base. Garantir ce droit à chaque Sénégalais est le premier pas incontournable vers une véritable égalité des chances et une justice sociale moderne. Cet accès constitue le fondement sur lequel reposeront tous les services administratifs, éducatifs et financiers de demain.

2. UNE OFFRE SOCIALE IMMÉDIATE DE 500 FCFA PORTÉE PAR LA SONATEL}

En tant qu’opérateur historique qui a déployé, installé et amorti l’infrastructure réseau à travers tout le territoire, la Sonatel a la responsabilité d’initier cette rupture tarifaire. Bien qu’elle soit aujourd’hui une société privée, son rôle historique et sa position dominante avec 55,9 % de parts de marché au Sénégal et un chiffre d’affaires consolidé de 1 923,1 milliards de FCFA en 2025 sur l’ensemble de ses cinq pays d’implantation (Sénégal, Mali, Guinée, Guinée-Bissau, Sierra Leone) lui confèrent un devoir d’accompagnement des politiques publiques d’inclusion. La première urgence consiste à déployer une offre sociale accessible à toutes les bourses : 300 minutes d’appels nationaux et 5 Go de données internet pour seulement 500 FCFA, avec un accès gratuit et permanent aux portails de l’État.

Un tel tarif ne signifie pas que l’opérateur perd de l’argent. Le coût marginal de la data et de la voix sur un réseau existant et largement amorti est relativement faible par rapport au prix de vente, ce qui laisse une marge de manœuvre tarifaire significative pour un forfait social sans remettre en cause la viabilité économique de l’opérateur. C’est avant tout une question de volonté politique et de modèle économique : il s’agit de choisir entre privilégier le volume d’abonnés pour garantir l’inclusion ou maximiser les marges par abonné au risque de maintenir l’exclusion d’une partie de la population. Avec plus de 18 millions d’abonnés mobiles au Sénégal, l’ARPU (revenu moyen par utilisateur) se situe, selon les estimations disponibles, autour de 2 500–3 500 FCFA par mois un écart considérable qui suggère une capacité d’absorption d’un forfait plancher sans rupture du modèle économique. Ce forfait social permettra enfin aux étudiants, commerçants, artisans et ménages les plus modestes de rester connectés sans sacrifier leur budget vital.

3. DES OPTIONS PROGRESSIVES CHIFFRÉES ET ADAPTÉES AUX USAGES PROFESSIONNELS

Pour accompagner l’évolution des usages professionnels et personnels tout en maintenant la viabilité du secteur, l’architecture de cette réforme prévoit une grille de paliers solidaires, transparents et accessibles :
• Forfait Social de Base (500 FCFA) : 300 minutes d’appels et 5 Go de données, avec accès gratuit aux portails de l’État.
• Forfait Intermédiaire (1 500 FCFA) : 1 000 minutes d’appels, 15 Go de données et WhatsApp illimité pour soutenir la classe moyenne, les étudiants et les micro-entrepreneurs.
• Forfait Premium Pro (3 000 FCFA) : Appels illimités et 30 Go de données pour un usage intensif, assurant la viabilité économique globale du secteur.

4. LE MODÈLE ÉCONOMIQUE ACTUEL : RENTABLE MAIS NON ÉQUITABLE

Le Groupe Sonatel a enregistré un chiffre d’affaires consolidé de 1 923,1 milliards de FCFA en 2025, en progression de +8,3 %, avec un résultat net de 413,6 milliards FCFA et un EBITDA de 921,2 milliards FCFA (47,9 % du CA). Ces performances exceptionnelles reposent sur une stratégie qui cible prioritairement les zones urbaines et les classes moyennes/aisées, tout en extrayant de la valeur des populations modestes via des micro-transactions : crédit téléphonique par petites tranches, forfaits data basiques, et services Orange Money (208,9 milliards FCFA de revenus en 2025).

Le paradoxe est flagrant : plus les citoyens sont dépendants du mobile faute d’alternatives bancaires ou d’Internet fixe plus ils consomment et paient les services de Sonatel, même de manière fragmentée. Les prix des données mobiles au Sénégal sont parmi les plus élevés d’Afrique de l’Ouest, et aucune obligation légale de forfait social ou d’accès universel contraignant n’est imposée à l’opérateur. L’État, actionnaire minoritaire ( 22 %) via le FONSIS, a intérêt à la rentabilité plutôt qu’à l’universalisation. C’est dans cette configuration que la régulation de l’ARTP devient impérative pour rééquilibrer la logique commerciale avec la mission de service public.

Il convient cependant de reconnaître les contraintes réelles de l’opérateur : un CAPEX de 288,6 milliards FCFA en 2025 (15 % du CA) témoigne de coûts d’infrastructure substantiels, notamment pour la couverture réseau et la modernisation technique. La viabilité d’un forfait social à grande échelle nécessite donc un cadre réglementaire qui préserve l’équilibre économique du secteur, sous peine de dégrader la qualité de service ou de décourager les investissements futurs.

5. LE LEVIER DU FDSUT ET LA RÉGULATION DE L’ARTP POUR L’IDENTITÉ NUMÉRIQUE

Le Sénégal dispose déjà d’un instrument de financement destiné à réduire la fracture numérique : le Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT). Ce fonds, alimenté par des contributions des opérateurs, pourrait subventionner le forfait social universel et accélérer l’enrôlement des citoyens dans le système national d’identité numérique. Cette proposition normative repose sur l’hypothèse que la dotation et la gouvernance actuelles du FDSUT permettent une telle reallocation hypothèse qui mérite d’être vérifiée par une étude de faisabilité préalable.
Ce mécanisme d’accompagnement public allégerait l’effort des opérateurs tout en garantissant un déploiement rapide sur tout le territoire, y compris dans les zones rurales où la connectivité reste précaire et où les coûts de déploiement sont les plus élevés.

En tant qu’autorité de régulation, l’ARTP a pour mission de garantir le service universel et d’orienter les tarifs des opérateurs vers l’intérêt public. Le but ultime de cette baisse tarifaire historique est de connecter chaque Sénégalais afin de lui attribuer et de valider son identité numérique nationale unique. Cette identité numérique est la clé de voûte de la gouvernance moderne : elle permettra de cibler efficacement les politiques sociales, d’éliminer la corruption, d’automatiser les services publics et de bâtir une administration transparente et performante. C’est l’outil indispensable pour s’assurer qu’au Sénégal, l’on place enfin l’homme qu’il faut à la place qu’il faut, sur la base de compétences vérifiables et d’une identification sans faille.

CONCLUSION

Le forfait social à 500 FCFA n’est pas une simple mesure de gratuité ou d’assistance, c’est un investissement stratégique national. En abaissant le coût de la connectivité sous la supervision stricte de l’ARTP et l’appui ciblé du FDSUT, le Sénégal pose la première brique de son édifice numérique d’avenir. En démocratisant l’accès à internet, l’État se donne les moyens d’enrôler massivement ses populations dans l’écosystème de l’identité numérique universelle. Ce préalable technique est le socle d’une économie transparente, d’une citoyenneté active et d’un service public d’excellence. L’heure est à la volonté politique forte : l’ARTP, le FDSUT et les opérateurs doivent s’accorder pour offrir à chaque Sénégalais son droit constitutionnel à la communication, garantissant ainsi le succès de notre ambition nationale.

Dr Seydou Bocoum
Legs Africa

(Source : Groupe WhatsApp du RASA, 10 août 2026)

Fil d'actu

  • Monnaies complémentaires et possibilités en Afrique : description et essai de mise en œuvre dans le domaine de l’agroécologie Burkina NTIC (30 juillet 2026)
  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4547/5248 Régulation des télécoms
  • 355/5248 Télécentres/Cybercentres
  • 3439/5248 Economie numérique
  • 1803/5248 Politique nationale
  • 5119/5248 Fintech
  • 537/5248 Noms de domaine
  • 2034/5248 Produits et services
  • 1592/5248 Faits divers/Contentieux
  • 754/5248 Nouveau site web
  • 5248/5248 Infrastructures
  • 1886/5248 TIC pour l’éducation
  • 190/5248 Recherche
  • 243/5248 Projet
  • 3704/5248 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1907/5248 Sonatel/Orange
  • 1638/5248 Licences de télécommunications
  • 283/5248 Sudatel/Expresso
  • 1012/5248 Régulation des médias
  • 1312/5248 Applications
  • 1095/5248 Mouvements sociaux
  • 1701/5248 Données personnelles
  • 157/5248 Big Data/Données ouvertes
  • 602/5248 Mouvement consumériste
  • 364/5248 Médias
  • 656/5248 Appels internationaux entrants
  • 1684/5248 Formation
  • 96/5248 Logiciel libre
  • 2269/5248 Politiques africaines
  • 1031/5248 Fiscalité
  • 171/5248 Art et culture
  • 594/5248 Genre
  • 2075/5248 Point de vue
  • 1047/5248 Commerce électronique
  • 1484/5248 Manifestation
  • 321/5248 Presse en ligne
  • 126/5248 Piratage
  • 206/5248 Téléservices
  • 987/5248 Biométrie/Identité numérique
  • 325/5248 Environnement/Santé
  • 358/5248 Législation/Réglementation
  • 386/5248 Gouvernance
  • 1797/5248 Portrait/Entretien
  • 144/5248 Radio
  • 790/5248 TIC pour la santé
  • 288/5248 Propriété intellectuelle
  • 59/5248 Langues/Localisation
  • 1123/5248 Médias/Réseaux sociaux
  • 2044/5248 Téléphonie
  • 191/5248 Désengagement de l’Etat
  • 1061/5248 Internet
  • 114/5248 Collectivités locales
  • 416/5248 Dédouanement électronique
  • 1202/5248 Usages et comportements
  • 1051/5248 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 551/5248 Audiovisuel
  • 3537/5248 Transformation digitale
  • 388/5248 Affaire Global Voice
  • 190/5248 Géomatique/Géolocalisation
  • 341/5248 Service universel
  • 663/5248 Sentel/Tigo
  • 176/5248 Vie politique
  • 1735/5248 Distinction/Nomination
  • 34/5248 Handicapés
  • 708/5248 Enseignement à distance
  • 732/5248 Contenus numériques
  • 586/5248 Gestion de l’ARTP
  • 179/5248 Radios communautaires
  • 1876/5248 Qualité de service
  • 469/5248 Privatisation/Libéralisation
  • 133/5248 SMSI
  • 565/5248 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2755/5248 Innovation/Entreprenariat
  • 1375/5248 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 47/5248 Internet des objets
  • 170/5248 Free Sénégal
  • 1053/5248 Intelligence artificielle
  • 209/5248 Editorial
  • 20/5248 Gaming/Jeux vidéos
  • 26/5248 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous