En vérité il faut reconnaître que Pastef a reussi de à transformer Facebook en une infrastructure politique numérique. C’est une innovation de rupture...qu’il faut saluer, copier et adapter car contribue aux objectifs politiques sans coût additionnel.
Au Sénégal, l’utilisation de Facebook et des réseaux sociaux globalement constitue l’un des exemples les plus aboutis de transformation d’un outil numérique en instrument de mobilisation politique. L’expérience de Pastef en offre une illustration particulièrement intéressante.
Il faut avoir le courage de le reconnaître : la prouesse n’est pas d’avoir investi les réseaux sociaux. C’est d’avoir progressivement transformé un espace numérique en infrastructure politique.
Là où beaucoup ont vu un simple canal de communication, Pastef a construit un espace de mobilisation, de production de contenu, de circulation de l’information, de débat et d’animation militante.
Et cette infrastructure n’est pas faite de serveurs ou de logiciels. Elle est faite de citoyens.
Le militant n’attend plus le communiqué du parti ni le meeting du week-end. Il commente, partage, explique, argumente, archive, répond, produit des vidéos, relaie des documents et conteste ce qu’il considère comme une contre-vérité. Il devient simultanément consommateur, producteur et diffuseur de politique.
C’est là que réside le véritable volontarisme.
L’espace numérique devient ainsi une permanence politique ouverte en continu. Un événement survient : il est immédiatement commenté. Une polémique naît : elle est documentée et disputée. Un discours est prononcé : il est découpé, partagé et expliqué. Une accusation apparaît : des citoyens se mobilisent pour produire leur propre lecture.
Ce n’est plus simplement de la communication politique. C’est une véritable chaîne de production et de circulation du récit.
Et c’est précisément ce phénomène qu’il faut étudier plutôt que de le réduire à une simple « armée de réseaux sociaux ».
Car derrière la plateforme, il y a quelque chose de beaucoup plus important : une culture du volontarisme et de l’engagement citoyen. Des citoyens qui acceptent de consacrer du temps, de produire du contenu, de débattre, de convaincre et de relayer une vision politique.
Le phénomène le plus intéressant est peut-être cette transformation du citoyen en infrastructure humaine de communication politique.
À l’ère numérique, une organisation politique n’a plus seulement besoin de permanences physiques. Elle peut construire une permanence politique distribuée, faite de milliers de citoyens connectés, actifs et capables de faire circuler un récit dans leurs propres réseaux.
Voilà pourquoi cette expérience mérite d’être regardée avec sérieux.
Pastef n’a pas simplement investi les réseaux sociaux. Il a contribué à les transformer en prolongement de son organisation et de son engagement politique.
Et cette intelligence humaine, collective, volontaire et citoyenne, constitue l’un des phénomènes les plus intéressants de la transformation numérique de la politique sénégalaise.
Laye Kanté
(Source : Facebook, 29 septembre 2026)
OSIRIS
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