OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Batik > Archives des éditoriaux > Année 2012 > Repenser la régulation du secteur des télécommunications

Repenser la régulation du secteur des télécommunications

jeudi 31 mai 2012

Editorial

La réforme du secteur des télécommunications, initiée dans le milieu des années 1990, comportait trois volets majeurs à savoir la privatisation, la libéralisation et la régulation. La privatisation s’est déroulée sans heurts majeurs du fait de l’association des travailleurs de la Sonatel au processus et l’introduction du titre à la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) d’Abidjan a été un succès. La libéralisation a permis l’entrée sur le marché de deux nouveaux opérateurs, Sentel et Sudatel, et la fourniture de services à valeur ajoutée est totalement libéralisée. Pour ce qui est du volet régulation, les choses se sont par contre nettement moins bien passées. Alors que les autorités sénégalaises s’étaient engagées à créer un organe de régulation indépendant, ou du moins autonome, avant le 31 décembre 1997, l’Agence de régulation des télécommunications (ART) n’a vu le jour qu’en janvier 2002 et n’a été opérationnelle que l’année suivante après l’adoption des décrets organisant son organisation et fonctionnement, nommant les membres du Conseil de régulation et étendant ses prérogatives au domaine des postes. Cependant, l’Agence de régulation des télécommunications et des postes (ARTP) a été décapitée dès mai 2003, son directeur général, Mactar Seck, ayant été accusé par le Chef de l’Etat de vouloir vendre « ses fréquences » ! En fait ce n’était qu’un prétexte pour porter à sa tête Malick F. M. Guèye qui n’avait aucune expérience de la régulation mais qui était un proche de la famille présidentielle ! Deux ans plus tard, il sera limogé suite à une enquête de l’Inspection générale d’Etat (IGE) ayant mis à nu des malversations et des actes de mauvaises gestion et sera remplacé par Daniel G. Seck. Ce dernier se distinguera pour avoir démenti puis reconnu que le gouvernement avait lancé un appel d’offres restreint qui débouchera sur l’octroi de la 3ème licence à Sudatel dans des conditions nébuleuses et sans l’implication réelle de l’ARTP. Ndongo Diaw, qui le remplacera, se rendra célèbre avec l’affaire Global Voice dont l’actuelle affaire MTL est une des retombées indirectes. Outre ces scandales, il faut bien constater que l’ARTP a échoué à mettre en œuvre une régulation économique qui soit à la fois indépendante et crédible pour un secteur caractérisé tant par l’ouverture à la concurrence que par les préoccupations de service public. Pour preuve, la Sonatel est en position dominante dans neuf des dix sous-secteurs des télécommunications et partage avec Tigo la position dominante sur le dixième sous-secteur qui est celui de la téléphonie mobile ! D’un monopole de jure nous sommes donc passé à un monopole de facto sans que l’ARTP n’ait pris la moindre mesure pour empêcher cet état de fait et au contraire encourager la concurrence. Emblématique de cette situation est le marché des services Internet qui ne comporte plus que deux fournisseurs, le second n’étant d’ailleurs qu’un revendeur des services de la Sonatel, alors qu’il en comptait une douzaine dans la seconde moitié des années 90. Concernant le service universel, l’ARTP s’est contenté de collecter des taxes auprès des opérateurs sans jamais rendre compte de leur utilisation. Pire, à l’heure où les réseaux de téléphonie mobile couvrent l’essentiel du territoire et de la population, aucune initiative n’a été prise pour redéfinir ce que devrait être le service universel dans ce nouveau contexte et deux ans après son lancement le projet-pilote de service universel de la région de Matam est bien en peine de présenter des résultats. L’ARTP n’a pas répondu non plus aux attentes du secteur privé qui attend, depuis des années, la prise d’une série de décisions telles que l’autorisation de la téléphonie sur IP, le dégroupage de la boucle locale, l’utilisation de la boucle locale radio, la portabilité du numéro, l’autorisation des opérateurs de réseau mobile virtuel (MNVO), etc. afin d’accroître le champ de la concurrence, de multiplier les niches d’affaires et de contribuer à faire baisser les prix des services. Enfin, l’ARTP ne s’est guère souciée de protéger les intérêts des consommateurs si l’on en juge tant par la piètre qualité des services Internet qui leur sont fournis ou encore le niveau exorbitant des tarifs de l’Internet mobile sans qu’elle n’intervienne. A l’heure où les nouvelles autorités politiques disent s’inscrire dans la rupture d’avec les pratiques du passé, il est indispensable qu’elle repense la régulation du secteur des télécommunications.


Olivier Sagna
Secrétaire général

Fil d'actu

  • Monnaies complémentaires et possibilités en Afrique : description et essai de mise en œuvre dans le domaine de l’agroécologie Burkina NTIC (30 juillet 2026)
  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 2388/2831 Régulation des télécoms
  • 186/2831 Télécentres/Cybercentres
  • 1824/2831 Economie numérique
  • 955/2831 Politique nationale
  • 2705/2831 Fintech
  • 281/2831 Noms de domaine
  • 1114/2831 Produits et services
  • 844/2831 Faits divers/Contentieux
  • 413/2831 Nouveau site web
  • 2831/2831 Infrastructures
  • 953/2831 TIC pour l’éducation
  • 99/2831 Recherche
  • 136/2831 Projet
  • 1881/2831 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1006/2831 Sonatel/Orange
  • 878/2831 Licences de télécommunications
  • 161/2831 Sudatel/Expresso
  • 540/2831 Régulation des médias
  • 683/2831 Applications
  • 583/2831 Mouvements sociaux
  • 887/2831 Données personnelles
  • 78/2831 Big Data/Données ouvertes
  • 317/2831 Mouvement consumériste
  • 188/2831 Médias
  • 352/2831 Appels internationaux entrants
  • 930/2831 Formation
  • 49/2831 Logiciel libre
  • 1134/2831 Politiques africaines
  • 537/2831 Fiscalité
  • 90/2831 Art et culture
  • 306/2831 Genre
  • 1157/2831 Point de vue
  • 565/2831 Commerce électronique
  • 800/2831 Manifestation
  • 164/2831 Presse en ligne
  • 64/2831 Piratage
  • 112/2831 Téléservices
  • 536/2831 Biométrie/Identité numérique
  • 175/2831 Environnement/Santé
  • 205/2831 Législation/Réglementation
  • 204/2831 Gouvernance
  • 959/2831 Portrait/Entretien
  • 83/2831 Radio
  • 414/2831 TIC pour la santé
  • 153/2831 Propriété intellectuelle
  • 33/2831 Langues/Localisation
  • 572/2831 Médias/Réseaux sociaux
  • 1136/2831 Téléphonie
  • 113/2831 Désengagement de l’Etat
  • 567/2831 Internet
  • 63/2831 Collectivités locales
  • 221/2831 Dédouanement électronique
  • 610/2831 Usages et comportements
  • 533/2831 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 298/2831 Audiovisuel
  • 1754/2831 Transformation digitale
  • 214/2831 Affaire Global Voice
  • 92/2831 Géomatique/Géolocalisation
  • 175/2831 Service universel
  • 352/2831 Sentel/Tigo
  • 96/2831 Vie politique
  • 892/2831 Distinction/Nomination
  • 20/2831 Handicapés
  • 382/2831 Enseignement à distance
  • 384/2831 Contenus numériques
  • 309/2831 Gestion de l’ARTP
  • 97/2831 Radios communautaires
  • 972/2831 Qualité de service
  • 243/2831 Privatisation/Libéralisation
  • 77/2831 SMSI
  • 254/2831 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 1494/2831 Innovation/Entreprenariat
  • 711/2831 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 25/2831 Internet des objets
  • 91/2831 Free Sénégal
  • 514/2831 Intelligence artificielle
  • 112/2831 Editorial
  • 9/2831 Gaming/Jeux vidéos
  • 14/2831 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous