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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2017 > Mai 2017 > Nigeria : les Etats-Unis à la rescousse pour contrer la cybercriminalité

Nigeria : les Etats-Unis à la rescousse pour contrer la cybercriminalité

samedi 27 mai 2017

Cybersécurité/Cybercriminalité

Le Nigeria et les Etats-Unis vont désormais collaborer pour lutter contre la cyber-criminalité et les fraudes financières qui sapent l’économie nigériane. Cette volonté commune est justifiée par les pertes liées à la cyber-criminalité et évaluées à quelque 89,55 milliards de nairas, soit environ 450 millions de dollars.

Afin de délester le Nigeria des maux qui grèvent son économie, les Etats-Unis viennent d’annoncer officiellement leur intention de collaborer avec les autorités nigériennes dans leur lutte contre la cyber-criminalité et les crimes financiers. Stuart Symington, l’ambassadeur américain en poste à Abuja, a en effet révélé que les deux pays s’associent désormais contre la cybercriminalité et les fraudes financières.

« Les Etats-Unis vont collaborer avec le gouvernement nigérian dans le cadre de la lutte contre la fraude financière, le blanchiment, la cybercriminalité, les crimes transfrontaliers dont le trafic de stupéfiants, humain, et le braconnage », a déclaré le diplomate.

S’exprimant en marge de la seconde édition de la Conférence annuelle sur la lutte contre les fraudes financières, la cybercriminalité et les crimes transfrontaliers, organisée le 24 mai à Abuja, Symington a tenté de répondre à l’engagement des autorités du pays de tout mettre en œuvre pour éradiquer ces maux qui minent l’économie.

« Nous mettons en œuvre les efforts nécessaires en vue de mettre fin aux crimes transfrontaliers qui menacent la sécurité nationale », avait confié récemment Juliet Ibekaku-Nwagwu, conseillère spéciale à la présidence nigérienne en charge des réformes judiciaires.

Cette détermination trouverait sa raison dans un rapport publié par l’entreprise kényane Serianu Ltd et intitulé Atteindre la cyber-sécurité : améliorer la visibilité et accroître la prise de conscience. Paru en mars dernier, le document révèle qu’en 2016, cinq pays africains ont perdu de manière cumulée 895 millions de dollars en raison d’actes liés à la cybercriminalité. Le rapport précise également que le Nigéria a perdu, à lui seul, pas moins de 550 millions de dollars. Pourtant, en mai 2015, le gouvernement nigérian rendait applicables plus mesures, notamment répressives comme la Loi sur la cybercriminalité. En vain, le texte allait vite s’avérer peu dissuasif devant face l’entrain des cybercriminels.

Une « référence » en Afrique

Dans les faits et études, le Nigéria est souvent cité quand il s’agit d’impacts de la cybercriminalité sur le continent. Le ministre nigérian des Communications, Adebayo Shittu, a lui-même circonscrit le problème, en acceptant le qualificatif de « zone à risque » attribuée au Nigéria, un pays qui perdrait en moyenne chaque année, la somme de 89,55 milliards de nairas, soit quelque 450 millions de dollars.

A en croire Oscar Ekponimo, un expert en cyber-sécurité basé au Nigéria, les activités du groupe Boko Haram et la généralisation de l’accès aux TIC constituent un facteur aggravant du phénomène. Ainsi, des cyber-criminels ont profité des insurrections pour escroquer des organisations internationales, ainsi que des individus qui envoient, sans méfiance, de l’aide au profit des victimes des attaques terroristes. A Abuja, à Lagos ou à Port Harcourt, le Département des enquêtes criminelles et du renseignement (CIID) est pris à la gorge par différentes affaires liées à une pratique devenue populaire au Nigéria, et connue sous les noms d’« Arnaque 419 » ou de « Lettre nigériane ». Selon les spécialistes du CIID, il s’agit d’une lettre « magnifiquement écrite, pour solliciter un investissement ou un partenariat en vue d’un transfert de fonds du compte d’un père riche en délicatesse avec le gouvernement ». C’est le cas d’un couple suédois arrivé à Lagos le 8 mars dernier pour prendre le contrôle d’une compagnie pétrolière dans laquelle il avait investi environ 3 millions de dollars, à travers une « offre » sur Internet.

Mounir El Figuigui

(Source : La Tribune Afrique, 27 mai 2017)

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