OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Ressources > Points de vue > 2011 > Les nouveaux défis des télécommunications en Afrique

Les nouveaux défis des télécommunications en Afrique

lundi 10 octobre 2011

Point de vue

Il y a deux ans, dans un article au titre très évocateur sur les télécommunications en Afrique « Pourquoi Orange aime l’Afrique ? », le magazine Jeune Afrique relatait les « conquêtes » de France Télécom sur le continent.

Cette saga du groupe français de ces douze dernières années (1996-2008) contée par JA permet au moins, de faire deux constats : d’une part, le manque d’initiative, la léthargie des Africains face à cette dynamique de la mondialisation qui permet au capital « étranger » de s’installer sans coup férir et de truster tout le secteur des télécommunications continentales et, d’autre part, la stratégie éculée mise en œuvre par ce même capital pour préparer la sauce avec laquelle l’Afrique risque d’être mangée à nouveau.

Ainsi en dix ans, nous raconte JA, le groupe France Télécom a pu se réimplanter ou s’implanter dans quatorze pays, pour l’essentiel des pays anciennement colonies françaises, au moment où la plupart d’entre elles célèbrent le cinquantenaire de leur souveraineté internationale retrouvée.

Orange n’a que dix ans en Afrique mais France Câble et Radio, FCR, cette autre filiale de France Télécom y était déjà en 1960, au lendemain des indépendances, pour « aider » les Africains du pré-carré français à gérer leurs télécommunications internationales. Au moment de fêter le cinquantenaire de leur indépendance et en dépit des énormes ressources générées par le segment international du marché des télécoms, la majorité de ces Etats n’avaient toujours pas réussi à résorber le gap technologique existant entre leur ancienne métropole colonisatrice et eux. Le Sénégal l’avait fait.

Dans cette nouvelle course vers le continent noir déclenchée par le vent de libéralisation/privatisation du secteur des télécoms, c’est surtout la bannière Orange qui, en décembre 2008, flotte le plus haut jusque dans les anciennes « terres » de la « Perfide Albion », sa filiale égyptienne comptant plus de la moitié des 29 millions de clients Orange recensés.

Après avoir écumé l’Afrique de l’Ouest et du Centre et estampillé toutes ses branches africaines de la marque de sa filiale (opération de rebranding qui lui permet de récupérer 6% du chiffre d’affaires de chacune de celles-ci comme droit d’utiliser la marque Orange), France Télécom/Orange pouvait s’attaquer à l’Afrique de l’Est en restant fidèle à sa stratégie : cibler les pays à gros potentiels de croissance (faible taux de pénétration du téléphone mobile et/ou forte population).

C’est JA qui nous conte la stratégie. En dépit des énormes investissements nécessaires, celle-ci s’avère payante grâce à cette particularité du marché africain : une « écrasante prédominance de l’offre prépayée - l’achat de cartes de recharge de communications générant un très fort cash flow ». Avec 380 millions en fin 2008, les cabinets d’études du marché africain projettent des estimations de 550 millions de clients en 2013 pour un continent qui a récemment doublé le cap symbolique du milliard d’Africains.

Le titre de l’article de JA, « Pourquoi Orange aime l’Afrique ? », en devient plutôt provocateur pour ne pas dire plus. En effet, quelles sont-elles, les motivations de cet amour fou pour l’Afrique et les Africains, sinon le profit et le gain faciles...

C’est encore JA, dans ses colonnes, qui rapporte le mieux cette « philanthropie incommensurable » de France Télécom pour l’Afrique, dont le patron sur le continent est « en mission pour le royaume d’Orange » (sic). Le magazine africain de référence rapporte : « parmi les motifs de satisfaction pour Marc Rennard, la sensation de participer, avec l’essor des télécoms, au développement du continent. « Au Mali, le président, Amadou Toumani Touré, nous racontait récemment  : “Avant, les chefs de village me demandaient une mosquée, une école ou un dispensaire, aujourd’hui ils veulent Orange.” ».

Pour conserver la longueur d’avance qu’elle a acquise depuis une douzaine d’années avec les opérateurs historiques du Sénégal et de la Côte d’Ivoire dans son escarcelle, France Télécom/Orange préparerait la nouvelle étape de son expansion : la concentration par rapprochement entre majors et opérateurs de moindre envergure (Jeune Afrique faisait état en juillet 2010, de rapprochement probable entre FT/Orange et Millicom-Tigo, acquisition de Méditel au Maroc ou encore d’achat d’une licence globale en Tunisie) tout en restant à l’affut de deux prochaines prises, les géants que sont l’Ethiopie et la RD Congo.

Dans la même foulée, se justifient les gros investissements consentis dans le réseau de câbles sous-marins qui ceinturent l’Afrique et qui permettent de drainer le trafic téléphonique aujourd’hui et, demain, le futur trafic des communications de Haut Débit. C’est ce qui explique ce curieux paradoxe d’une Afrique surcâblée, en dépit du retard accusé par le continent.

Dans cette course aux licences ou aux rachats d’opérateurs historiques, il y a bien des opérateurs africains comme MTN le géant sud-africain du mobile, Maroc Télécom filiale de Vivendi très entreprenante en Afrique de l’Ouest autant dire ...un cheval de Troie qui s’est adjugé les OPT du Mali, du Burkina Faso... De capitaux proprement africains, seul le groupe d’investissement libyen LAP s’était signalé par quelques participations... Sont annoncés, par contre, d’autres acteurs du Moyen Orient, d’Inde, de Chine ou même d’Océanie, autant dire des ogres, venus se faire une place au soleil d’Afrique.

SONATEL qui aurait pu être gaillardement de cette cohorte, avait commencé à être le groupe ambitieux qui allait tenir la dragée haute et jouer sa partition ...au lieu de se battre aujourd’hui pour de maigres quote-part sur la taxe de répartition que les opérateurs internationaux veulent bien nous consentir.

Voilà qui permet de mieux prendre la mesure des nouveaux enjeux...

Momar Gassama
Cadre des télécoms retraité de l’OPT et de SONATEL
Dakar

(Source : Sud Quotidien, 10 octobre 2011)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4338/5025 Régulation des télécoms
  • 364/5025 Télécentres/Cybercentres
  • 3568/5025 Economie numérique
  • 1790/5025 Politique nationale
  • 4956/5025 Fintech
  • 533/5025 Noms de domaine
  • 2124/5025 Produits et services
  • 1485/5025 Faits divers/Contentieux
  • 750/5025 Nouveau site web
  • 5025/5025 Infrastructures
  • 1728/5025 TIC pour l’éducation
  • 187/5025 Recherche
  • 246/5025 Projet
  • 3550/5025 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1848/5025 Sonatel/Orange
  • 1611/5025 Licences de télécommunications
  • 278/5025 Sudatel/Expresso
  • 1512/5025 Régulation des médias
  • 1281/5025 Applications
  • 1091/5025 Mouvements sociaux
  • 1703/5025 Données personnelles
  • 129/5025 Big Data/Données ouvertes
  • 612/5025 Mouvement consumériste
  • 371/5025 Médias
  • 648/5025 Appels internationaux entrants
  • 1653/5025 Formation
  • 94/5025 Logiciel libre
  • 2244/5025 Politiques africaines
  • 1048/5025 Fiscalité
  • 167/5025 Art et culture
  • 617/5025 Genre
  • 1718/5025 Point de vue
  • 1043/5025 Commerce électronique
  • 1480/5025 Manifestation
  • 331/5025 Presse en ligne
  • 126/5025 Piratage
  • 208/5025 Téléservices
  • 920/5025 Biométrie/Identité numérique
  • 315/5025 Environnement/Santé
  • 343/5025 Législation/Réglementation
  • 356/5025 Gouvernance
  • 1809/5025 Portrait/Entretien
  • 148/5025 Radio
  • 793/5025 TIC pour la santé
  • 281/5025 Propriété intellectuelle
  • 59/5025 Langues/Localisation
  • 1171/5025 Médias/Réseaux sociaux
  • 2076/5025 Téléphonie
  • 194/5025 Désengagement de l’Etat
  • 1080/5025 Internet
  • 115/5025 Collectivités locales
  • 418/5025 Dédouanement électronique
  • 1125/5025 Usages et comportements
  • 1040/5025 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 558/5025 Audiovisuel
  • 3493/5025 Transformation digitale
  • 390/5025 Affaire Global Voice
  • 199/5025 Géomatique/Géolocalisation
  • 317/5025 Service universel
  • 670/5025 Sentel/Tigo
  • 176/5025 Vie politique
  • 1536/5025 Distinction/Nomination
  • 34/5025 Handicapés
  • 705/5025 Enseignement à distance
  • 778/5025 Contenus numériques
  • 596/5025 Gestion de l’ARTP
  • 181/5025 Radios communautaires
  • 1762/5025 Qualité de service
  • 450/5025 Privatisation/Libéralisation
  • 134/5025 SMSI
  • 541/5025 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2817/5025 Innovation/Entreprenariat
  • 1410/5025 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 47/5025 Internet des objets
  • 172/5025 Free Sénégal
  • 869/5025 Intelligence artificielle
  • 198/5025 Editorial
  • 5/5025 Gaming/Jeux vidéos
  • 24/5025 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous