Le numérique, moteur du Sénégal de demain : Souleymane Astou Diagne livre ses clés
jeudi 29 janvier 2026
Un témoignage du cœur de l’action publique. Lors de sa cérémonie de dédicace, le professeur Souleymane Astou Diagne a expliqué que son ouvrage de 261 pages, « Le poids du numérique dans l’économie du Sénégal », est le fruit de son passage au ministère de l’Economie numérique en tant que directeur de Cabinet. Cette position stratégique lui a permis d’observer de près les rouages, les obstacles et les potentialités du secteur au Sénégal. « J’ai pu voir quelles étaient les contraintes du secteur, les potentialités, les obstacles également…, et de restituer ma part de compréhension pour impulser un débat public », a-t-il confié.
La cybersécurité et l’innovation : des impératifs économiques
Pour l’auteur, le numérique n’est plus une option, mais une condition de survie économique. Il cite notamment les défis de la cybersécurité, rappelant l’épisode où la Direction générale des impôts et domaines (Dgid) a été paralysée par une cyberattaque. Au-delà de la sécurité, c’est tout le modèle économique traditionnel qui est bousculé. L’exemple du transport est, selon lui, frappant : l’arrivée d’applications comme Yango a drastiquement fait chuter le chiffre d’affaires des acteurs classiques qui n’ont pas su anticiper le virage technologique.
Les piliers du développement selon Souleymane Astou Diagne
L’ouvrage préconise une stratégie nationale basée sur trois axes majeurs, notamment l’investissement dans le capital humain : l’auteur appelle à remodeler les curricula universitaires et à former des jeunes capables de produire des solutions nationales « proactives », et la Recherche et développement (R&D). Citant l’exemple de la Chine qui domine 37 des 44 technologies du futur, il déplore que la recherche soit le « parent pauvre » des politiques publiques en Afrique. Il cite la souveraineté technologique pour encourager la production de technologies locales afin de répondre aux problèmes nationaux.
Un manque à gagner colossal dans les secteurs minier et pétrolier
L’un des points saillants du livre « Le poids du numérique dans l’économie du Sénégal » concerne le secteur extractif (pétrole, gaz, mines). L’auteur révèle que le déficit technologique empêche les entreprises sénégalaises de capter les marchés liés au contenu local. A cause de ce gap technique, ces milliards de dollars échappent au secteur privé national au profit de multinationales turques, chinoises ou françaises.
Un appel à l’action pour l’Etat
En conclusion, l’enseignant-chercheur à l’université de Bambey insiste sur la nécessité de baser les décisions publiques sur la donnée (data). Pour attirer des géants comme Google ou Apple et rivaliser avec les pays du Maghreb, le Sénégal doit impérativement améliorer la qualification de sa main-d’œuvre. Cette œuvre se veut ainsi une boussole pour les décideurs, offrant une feuille de route pour transformer l’économie sénégalaise par le levier technologique.
Justin Gomis
(Source : Le Quotidien, 29 janvier 2026)
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