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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2017 > Février 2017 > Le continent doit participer à la mise en place des lois internationales (…)

Le continent doit participer à la mise en place des lois internationales encadrant le monde virtuel

lundi 13 février 2017

Internet

L’Afrique doit garantir sa participation, d’une même voix, à la promulgation des lois sur la gouvernance de l’internet dans le but de la mise en place de bases solides pour des lois internationales encadrant le monde virtuel, a indiqué, lundi à Alger, la ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication, Houda-Imane Feraoun.

« Nous devons mettre en place des bases solides pour des lois internationales encadrant le monde virtuel. Nous devons en tant qu’Africains garantir notre participation, d’une même voix, à la promulgation des lois sur la gouvernance de l’internet », a précisé Mme Feraoun à l’ouverture de la Conférence africaine sur la gouvernance de l’internet (CAGI).

Il s’agit, pour elle, « de faire participer, impérativement, tous les peuples de la planète, y compris ceux qui n’ont pas encore accès à l’Internet, à la définition des fondements de la gouvernance du réseau à travers des dispositifs transparents, démocratiques et participatifs ».

« Il s’agit aussi de limiter l’usage de l’Internet aux seules fins pacifiques, tout en inscrivant ce principe dans un document contraignant et exécutoire, approuvé par tous les Etats », a-t-elle suggéré.

La ministre a ajouté que cette rencontre constitue « une excellente opportunité pour débattre et définir une position commune quant aux nouvelles questions relatives à la gouvernance d’internet ».

Elle a rappelé que les gouvernements africains ont déployé d’« énormes efforts entre 2000 et 2016 où le nombre d’internautes a progressé de plus de 7000% passant d’environ 4,5 millions d’internautes en 2000 à plus de 340 millions d’internautes actuellement ».

Mme Feraoun a indiqué que la population d’Afrique compte « plus de 1,2 milliard d’habitants, dont moins de 25 % sont connectés à internet, voire moins de 3% dans certains pays africains, alors que ce taux dépasse 74% en Europe et 90% en Amérique du Nord ».

La ministre a déploré, à cette occasion que l’internet « constitue un grand marché où certaines personnes gagnent de l’argent, au détriment de nos économies », citant à titre d’exemple, la publicité numérique qui a généré « environ 200 milliards de dollars en 2016 », tout en s’interrogeant combien sont investis pour le développement de la connectivité en Afrique« . »Contrairement à ce que nous espérions, la généralisation de l’internet a eu comme conséquences un contrôle collectif, l’utilisation abusive des données personnelles notamment comme outil de contrôle sociale et politique, le monopole, la marchandisation et le marchandage de la connaissance", a-t-elle dit.

La généralisation de l’internet a eu aussi comme conséquence « la prédominance d’une catégorie de fournisseurs de services en ligne, qui ne tiennent pas compte du préjudice causé aux économies nationales des Etats, en empêchant le retour sur les investissements consentis pour le déploiement des infrastructures », a-t-elle ajouté.

Nécessité de modifier les procédures de gouvernance de l’internet

Mme Feraoun a affirmé que l’Afrique « ne peut remédier à cette situation qu’à travers des modifications profondes aux procédures actuelles de gouvernance de l’Internet ».

Pour elle, « la gouvernance de l’Internet doit être fondée sur le principe de garantie de l’accès au réseau pour tous ». Or, ce principe, a-t-elle dit« , »ne peut servir les droits de l’homme et la justice sociale que s’il permet le partage du pouvoir et consacre la souveraineté des peuples et des Etats, conformément aux principes adoptés par les Nations Unies et pour lesquelles milite toute l’humanité« . »La mise en place d’un cadre efficient afin de concrétiser ces objectifs est le plus grand défi à relever aujourd’hui concernant la gouvernance mondiale de l’Internet", a-t-elle fait valoir.

Revenant sur la conférence relative à la gouvernance de l’internet, Mme Feraoun a indiqué que cette rencontre sera l’occasion de discuter afin de rapprocher les points de vue africains et adopter une vision commune.

Elle a exprimé son espoir de voir cette évènement continental couronné par l’adoption « des principes indéfectibles constituant un fondement pour l’émergence d’une gouvernance de l’Internet à même de garantir des avancées dans le domaine des droits de l’homme et de la justice sociale aux niveaux national et international ».

Il s’agit d’astreindre l’économie en relation avec l’Internet, à l’instar des autres branches de l’économie mondiale, à la collecte et à la répartition des recettes fiscales de façon juste et équitable à travers le monde entier, tout en tenant compte que la concentration des fournisseurs de services électroniques dans les pays du nord affecte les recettes fiscales dans les pays du sud, a-t-elle dit.

Elle a rappelé, à cette occasion, une citation du président de la République, Abdelaziz Bouteflika au Sommet mondial de la Société de l’information tenu en 2005.

Le Président Bouteflika avait affirmé que « sans volonté politique clairement affirmée et mise en £uvre, l’avènement d’une société de l’information fondée sur le partage et la solidarité restera une illusion, tant l’approche privilégiée à ce jour s’appuie sur nombre d’exigences et de contraintes faites aux pays du Sud au nom de l’efficacité et de la rationalité économique, alors que leurs propositions de politiques réellement porteuses trouvent peu d’écho chez les pays nantis dont le discours s’appuie de manière générique sur une bonne conscience idéologique à tout le moins contestable... ».

(Source : Algérie Presse Service, 13 février 2017)

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