L’ARTP prisonnière de la Sonatel : pour une ouverture vers l’innovation internationale
samedi 12 septembre 2026
Depuis trop longtemps, l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) du Sénégal semble fonctionner comme une annexe de Sonatel/Orange. Les Directeurs Généraux qui s’y succèdent sortent presque toujours du même vivier. Comme si l’expertise sénégalaise en télécoms et services numériques se limitait aux couloirs d’un seul opérateur. Et le paradoxe est encore plus flagrant aujourd’hui : un appel à candidatures public a été lancé pour recruter le nouveau DG… mais il a encore abouti à la nomination d’un cadre de Sonatel. Pourtant, des candidatures hautement plus importantes, issues de la diaspora et de grandes firmes internationales, avaient été déposées. Des profils capables d’apporter une vision hautement innovante et une expérience mondiale. Mais le rituel de la transparence s’est refermé sur le même cercle fermé.
LES LIMITES DE CETTE LOGIQUE DE COOPTATION...
– Conflit d’intérêts :
Comment garantir une régulation impartiale quand l’ancien régulateur est issu du principal opérateur ?
Uniformité des profils :
En recrutant toujours dans le même cercle, on limite la créativité et la capacité de rupture stratégique.
– Exclusion de la diaspora :
Des ingénieurs sénégalais, formés et expérimentés dans les grandes firmes mondiales, sont ignorés alors qu’ils pourraient apporter une vision nouvelle.
CE QUE L’ARTP GAGNERAIT À CHANGER...
– Expérience internationale :
Un cadre ayant travaillé dans plusieurs environnements technologiques apporterait une compréhension globale des enjeux numériques.
– Innovation stratégique :
La diaspora sénégalaise regorge de spécialistes en cybersécurité, 5G, intelligence artificielle et régulation numérique. Leur expertise pourrait propulser l’ARTP dans le futur.
– Crédibilité renforcée :
Un DG reconnu sur la scène internationale donnerait au Sénégal une voix plus forte dans les instances régionales et mondiales.
– New Deal Technologique :
Pour accompagner cette ambition présidentielle, il faut un profil capable de penser au-delà des frontières, d’intégrer les innovations mondiales et de bâtir une souveraineté numérique solide.
Le choix politique ou le choix stratégique...
Aujourd’hui, le Président a et conserve le dernier mot. Mais si l’ARTP veut vraiment être autre chose qu’un instrument de régulation domestique, elle doit s’ouvrir à des profils indépendants, innovants et internationaux de très haut niveau. Le Sénégal ne manque pas de talents dans le domaine technologique et numérique : il manque le courage politique de les appeler. Il faut mettre à contribution la diaspora sénégalaise pour réussir la transformation numérique du Sénégal à bonnes dates. Ils ont aussi le droit de participer au développement de leur pays.
IN FINE...
L’ARTP ne doit pas rester prisonnière de Sonatel parce que l’opérateur historique est le contributeur majeur de l’État en recettes.
L’ARTP doit devenir le laboratoire de la souveraineté numérique sénégalaise, porté par des cadres qui connaissent le monde, qui ont affronté les géants des télécoms, qui savent anticiper les mutations technologiques.
Un DG issu de la diaspora, fort d’une haute expérience internationale, serait le signal fort que le Sénégal veut réellement réussir avec brio son New Deal technologique : sortir de la dépendance, briser la routine, et entrer dans l’innovation.
Jacques Iyok
(Source : Facebook, 12 septembre 2026)
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