OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2025 > Septembre 2025 > Ibrahima Nour Eddine Diagne, administrateur général de Gainde 2000 : « Il (…)

Ibrahima Nour Eddine Diagne, administrateur général de Gainde 2000 : « Il faut un groupe de travail pour inspirer la politique IA de l’État »

jeudi 11 septembre 2025

Portrait/Entretien

L’intelligence artificielle s’impose à une vitesse vertigineuse. Une percée dont le potentiel n’est toujours pas totalement exploité. C’est l’analyse de l’administrateur général de Gaindé 2000. Dans cet entretien, Ibrahima Nour Eddine Diagne esquisse des pistes pour capter les avantages de ce qu’il appelle « une révolution dans la révolution ».

Il y a un an, vous alertiez déjà sur l’impact de l’IA sur l’emploi. Comment ces recommandations ont-elles été prises en compte ?

Effectivement, nous avions choisi ce thème parce que l’IA, avec ses avancées fulgurantes, représente un outil capable de remplacer certains emplois. L’idée était de provoquer un électrochoc, d’alerter l’État, les entreprises et les salariés. L’État, en tant que régulateur ; les entreprises, pour préserver leur compétitivité ; et les salariés, pour intégrer l’IA dans leur parcours professionnel. La Rentrée numérique n’a pas vocation à produire un document stratégique, mais à susciter le débat et à faire émerger des perspectives. Or, entre l’an dernier et aujourd’hui, je n’ai pas observé d’évolution majeure. Certes, une réflexion est en cours sur un cadre juridique pour une IA responsable, mais l’ampleur de la transformation n’est pas encore pleinement saisie. L’IA n’est pas seulement une composante de la révolution numérique : c’est une révolution à l’intérieur de la révolution, qui bouleverse l’économie, le savoir, les modes d’enseignement. D’où la nécessité d’un groupe de travail pluridisciplinaire, capable de produire un rapport prospectif à court, moyen et long termes, sur lequel l’État pourrait fonder sa politique.

Concrètement, comment aborder ces enjeux ?

Il faut extraire ces questions du quotidien institutionnel et les confier à un groupe de travail qui analyse la situation à 360°, identifie les opportunités et les menaces, puis formule des recommandations exploitables par le gouvernement. Quels leviers permettent de rester à jour face à cette révolution mondiale ? Le débat dépasse le Sénégal : les géants de l’IA sont américains et chinois. L’Europe a manqué le départ, mais elle tente de rattraper son retard. Ce scénario est instructif : on peut manquer l’amorce d’une révolution, mais se rattraper en cours de route. J’aurais préféré une approche africaine, car l’IA touche à la fois nos marchés et nos citoyens. Mais faute d’une dynamique continentale, le Sénégal doit avancer seul. Nous n’avons pas le luxe d’attendre des sommets ou des négociations interminables. Peut-on envisager une IA africaine concurrente ? C’est une nécessité. Les IA actuelles véhiculent des biais civilisationnels, parfois au point de fausser le raisonnement des utilisateurs. C’est un enjeu culturel et stratégique : si nous laissons d’autres écrire notre futur numérique, nous serons à nouveau dépendants. En parallèle, l’IA est un enjeu de compétitivité. Une banque qui emploie mille personnes pour des tâches qu’une concurrente réalise avec cent salariés grâce à l’IA sera rapidement distancée. Le secteur privé doit s’approprier ces outils, l’État jouant son rôle de régulateur.

Justement, où en est la digitalisation du Sénégal ?

Malgré la qualité de nos experts et la montée en puissance de certaines entreprises, nous avançons trop lentement. D’une part, parce que de nombreuses initiatives publiques sont dictées par les partenaires au développement, qui imposent leurs solutions, souvent inadaptées. D’autre part, parce que les projets sont fragmentés et redondants, entraînant une dépense numérique exorbitante. Là où un pays développé investit 100 dollars pour un service numérique, nous dépensons 1.000 dollars, à cause de rivalités institutionnelles et d’approches concurrentes. Autre problème : nous inaugurons des plateformes au moment de leur livraison technique, pas lorsqu’elles sont réellement utilisées. Résultat : de nombreux services en ligne existent mais restent vides, car il manque une base juridique ou une véritable conduite du changement. Tant que les usagers continueront à remplir des formulaires papier dans les guichets, nous ne pourrons pas parler de digitalisation aboutie.

La peur de supprimer certains postes ne freine-t-elle pas la transition numérique ?

La digitalisation n’affaiblit personne, elle apporte de la transparence. Or, si nous ne voulons pas investir dans la transparence, inutile d’investir dans le développement. Le problème, c’est que nous superposons le digital au manuel, au lieu de remplacer. Résultat : plus de complexité, et au mieux un confort limité pour les agents, sans véritable gain pour les usagers.

Que peut-on attendre de la prochaine Rentrée numérique ?

Nous mettons l’accent sur la mesure de la performance. Il ne s’agit plus seulement de lancer des projets, mais de démontrer leurs effets : temps gagné, coûts réduits, efficacité renforcée. La digitalisation ultime, c’est quand les systèmes dialoguent entre eux, pas seulement quand l’usager approche son administration par voie électronique. Prenez l’exemple du passeport numérique sénégalais : il coûte plus cher qu’un passeport classique, mais la partie digitale n’est pas exploitée. Même chose pour la carte d’identité biométrique : vingt ans après son lancement, elle n’est jamais utilisée pour authentifier un citoyen.

Pourquoi investir dans un outil dont l’usage n’est pas effectif ?

Notre objectif est clair : replacer la performance et l’usage réel au cœur de la digitalisation, au lieu de multiplier les projets-vitrine.

Entretien réalisé par Oumar Fédior

(Source : Le Soleil, 11 septembre 2025)

Fil d'actu

  • Monnaies complémentaires et possibilités en Afrique : description et essai de mise en œuvre dans le domaine de l’agroécologie Burkina NTIC (30 juillet 2026)
  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4563/5232 Régulation des télécoms
  • 373/5232 Télécentres/Cybercentres
  • 3544/5232 Economie numérique
  • 1844/5232 Politique nationale
  • 4981/5232 Fintech
  • 580/5232 Noms de domaine
  • 2016/5232 Produits et services
  • 1600/5232 Faits divers/Contentieux
  • 776/5232 Nouveau site web
  • 5232/5232 Infrastructures
  • 1795/5232 TIC pour l’éducation
  • 188/5232 Recherche
  • 250/5232 Projet
  • 3530/5232 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 2078/5232 Sonatel/Orange
  • 1674/5232 Licences de télécommunications
  • 293/5232 Sudatel/Expresso
  • 1016/5232 Régulation des médias
  • 1326/5232 Applications
  • 1115/5232 Mouvements sociaux
  • 1697/5232 Données personnelles
  • 156/5232 Big Data/Données ouvertes
  • 631/5232 Mouvement consumériste
  • 379/5232 Médias
  • 674/5232 Appels internationaux entrants
  • 1643/5232 Formation
  • 100/5232 Logiciel libre
  • 2190/5232 Politiques africaines
  • 1018/5232 Fiscalité
  • 182/5232 Art et culture
  • 617/5232 Genre
  • 1948/5232 Point de vue
  • 1154/5232 Commerce électronique
  • 1577/5232 Manifestation
  • 329/5232 Presse en ligne
  • 135/5232 Piratage
  • 222/5232 Téléservices
  • 1024/5232 Biométrie/Identité numérique
  • 323/5232 Environnement/Santé
  • 364/5232 Législation/Réglementation
  • 371/5232 Gouvernance
  • 1809/5232 Portrait/Entretien
  • 146/5232 Radio
  • 784/5232 TIC pour la santé
  • 317/5232 Propriété intellectuelle
  • 62/5232 Langues/Localisation
  • 1156/5232 Médias/Réseaux sociaux
  • 2042/5232 Téléphonie
  • 225/5232 Désengagement de l’Etat
  • 1070/5232 Internet
  • 119/5232 Collectivités locales
  • 472/5232 Dédouanement électronique
  • 1285/5232 Usages et comportements
  • 1089/5232 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 561/5232 Audiovisuel
  • 3429/5232 Transformation digitale
  • 416/5232 Affaire Global Voice
  • 179/5232 Géomatique/Géolocalisation
  • 348/5232 Service universel
  • 674/5232 Sentel/Tigo
  • 177/5232 Vie politique
  • 1683/5232 Distinction/Nomination
  • 37/5232 Handicapés
  • 724/5232 Enseignement à distance
  • 739/5232 Contenus numériques
  • 585/5232 Gestion de l’ARTP
  • 220/5232 Radios communautaires
  • 1811/5232 Qualité de service
  • 486/5232 Privatisation/Libéralisation
  • 138/5232 SMSI
  • 513/5232 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2807/5232 Innovation/Entreprenariat
  • 1377/5232 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 46/5232 Internet des objets
  • 179/5232 Free Sénégal
  • 916/5232 Intelligence artificielle
  • 214/5232 Editorial
  • 10/5232 Gaming/Jeux vidéos
  • 24/5232 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous