OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2017 > Décembre 2017 > Julie Owono : « Déjà en danger en Afrique, la neutralité du Net le sera (…)

Julie Owono : « Déjà en danger en Afrique, la neutralité du Net le sera encore plus après la décision des États-Unis »

lundi 18 décembre 2017

Régulation des télécoms

L’ONG Internet sans frontières a considéré vendredi de « grave » la suppression du principe de neutralité du Net, votée la veille par le régulateur des télécoms américains. Julie Owono, directrice exécutive de ce réseau d’ONG, revient pour Jeune Afrique sur les conséquences éventuelles de cette décision en Afrique.

La réaction ne s’est pas fait attendre. « Internet sans frontières craint l’impact de ce vote sur les pays émergents qui s’inspirent du modèle américain pour assurer leur cyber développement », publiait vendredi 15 décembre ce réseau d’ONG, qui milite pour la liberté sur Internet, vingt-heures après la suppression du principe de neutralité du Net, votée le jeudi 14 décembre par la Commission fédérale des communications aux États-Unis (FCC).

Dénonçant un « recul pour l’Internet libre et accessible à tous sans discrimination », Internet sans frontières relève que la décision américaine « contraste avec de nombreux pays, dont les États de l’Union européenne (UE), ou encore l’Inde, qui ont choisi de protéger ce principe fondamental ». Théorisée il y a une vingtaine d’années, la neutralité du Net voudrait que toutes les informations circulent sans discrimination sur Internet. Peu importe le contenu ou la quantité de données, l’idée étant de soutenir la révolution Internet en permettant à n’importe qui, où qu’il soit, d’accéder à n’importe quelle information.

Jeune Afrique : Quelles seraient les conséquences en Afrique de la fin de la neutralité du Net, telle que décidée par la Commission fédérale des communications des États-Unis ?

Julie Owono : Cela signifierait que des opérateurs ou des fournisseurs d’accès à Internet (FAI) peuvent désormais prétendre que trop d’informations circulent sur le réseau et que leurs infrastructures ne sont pas assez robustes pour les accueillir. En conséquence, il leur faudra des moyens supplémentaires pour pouvoir gérer le trafic et des internautes devront payer plus pour pouvoir accéder à certains contenus.

La décision de la FCC crée une discrimination de fait et un Internet à deux vitesses. […] Il faudra cinq dollars de plus, par exemple, pour visionner des vidéos sur YouTube »

Des opérateurs pourront, par exemple, demander aux abonnés de Netflix [l’entreprise américaine qui propose des films et des séries en flux continu sur Internet, ndlr], de payer plus pour visionner des vidéos qui congestionnent trop le trafic de données, selon les fournisseurs d’accès. D’autres petites et moyennes entreprises (PME) pourront également être obligées de payer des suppléments aux opérateurs et fournisseurs d’Internet pour être sûres que leurs contenus atteignent les internautes avec la même rapidité que d’autres contenus.

En clair, la décision de la FCC crée une discrimination de fait et un Internet à deux vitesses : avec, d’une part, ceux qui ont les moyens et pourront potentiellement accéder à tous les contenus et, de l’autre, ceux qui n’ont pas assez de ressources et qui n’auront accès qu’à un Internet de base, comme de pouvoir consulter des mails. Il leur faudra cinq dollars de plus, par exemple, pour visionner des vidéos sur YouTube.

L’abrogation du principe de neutralité du Net risque-t-elle d’« affecter les pauvres, les marginalisés, les Noirs, les femmes », comme le craignent les détracteurs de cette mesure ?

Absolument ! Ce scénario qui est en train de se dessiner rappelle un peu la situation actuelle du continent africain. Car pour pouvoir potentiellement surfer et accéder librement à toutes les informations, il faudra payer plus. C’est totalement l’antithèse d’Internet ! À l’origine, tout le monde devait pouvoir y accéder peu importe ses moyens. En France, par exemple, il existe déjà des forfaits Internet ou des coûts d’accès à la communication qui ont sensiblement diminué. Le coût d’acheminement de l’information est en effet bien moins important aujourd’hui qu’il ne l’était il y a vingt ans. Ce que les opérateurs ne disent pas, d’ailleurs, par hypocrisie.

Dans les États d’Afrique occidentale ou centrale que nous suivons, nous n’avons pas connaissance de textes qui protègent ou garantissent la neutralité du Net »

De fait, deux philosophies s’affrontent : d’un côté, celle prônée par la FCC qui considère Internet comme un bien privé, appartenant à tous les opérateurs ou fournisseurs d’accès à Internet, lesquels ont le droit de décider les contenus qu’ils veulent faire passer ou non. De l’autre, la vision qu’Internet est un bien public, c’est-à-dire un bien qui appartient à tout le monde, et qu’il faut ainsi mettre en place des règles pour que tout le monde puisse être sur le même pied d’égalité.

Pour nous, considérer Internet comme une entité privée est en effet dangereux pour les plus pauvres. C’est comme si on décidait de privatiser un service public : cela engendre toujours des problèmes d’équité, d’égalité et d’accès à ce service. C’est comme si, aujourd’hui, on demandait à l’usager de payer un peu plus pour pouvoir avoir de l’eau à 35 ou 50 degrés !

Qu’en est-il de l’Afrique ? Les pays du continent garantissent-ils ce principe de neutralité du Net ou risquent-ils d’emboîter le pas aux États-Unis ?

Pour l’instant, il y a un vide. Ce principe n’est pas proclamé sur le continent. En tout cas, dans les États d’Afrique occidentale ou centrale que nous suivons, nous n’avons pas connaissance de textes qui protègent ou garantissent la neutralité du Net.

Ce vide juridique est aujourd’hui exploité par certaines entreprises. C’est le cas notamment de Facebook, qui en profite pour « marketer » et diffuser des contenus à travers internet.org ou via l’application Free Basics. Le principe est le suivant : Facebook signe des accords de partenariat avec des sociétés du secteur des télécommunications pour mettre gratuitement à disposition des contenus choisis par l’entreprise de Mark Zuckerberg. Cela donne un accès à Internet mais pas à tout Internet, car certains contenus, qui ne font pas partie du contrat, sont discriminés.

Beaucoup d’États africains essayent de copier le cyber développement américain »

Le principe de neutralité du Net est ainsi déjà en danger en Afrique, il le sera encore plus après la décision de la FCC. D’autant que, lorsqu’ils sont en train de développer leurs infrastructures numériques, beaucoup d’États africains regardent avec attention ce qui se fait aux États-Unis et essayent même de copier le cyber développement américain.

Au Sénégal par exemple, à travers un projet de loi sur les communications électroniques, on prévoit que le régulateur pourra autoriser des opérateurs à gérer le trafic sur Internet quand cela leur semble nécessaire. Autrement dit, s’ils estiment que la vidéo prend trop de place et qu’ils considèrent qu’ils n’ont pas assez de moyens pour la faire passer, ils pourraient choisir de ne pas transmettre ce contenu à l’utilisateur final, sauf si ce dernier paie un plus plus. Cela ne fera que renforcer les inégalités d’accès à Internet qui, par ailleurs, existent déjà dans le continent.

C’est pourquoi, pour Internet sans frontières, il est important que les pays africains s’investissent à protéger la neutralité du Net. L’Internet africain, déjà menacé par des coupures, n’existera plus si on y ajoute la possibilité pour des opérateurs privés et des fournisseurs d’accès de décider quel contenu sera visible, ou non, par les Africains.

Trésor Kibangula

(Source : Jeune Afrique, 18 décembre 2017)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 2615/3001 Régulation des télécoms
  • 287/3001 Télécentres/Cybercentres
  • 2042/3001 Economie numérique
  • 1101/3001 Politique nationale
  • 3001/3001 Fintech
  • 311/3001 Noms de domaine
  • 1398/3001 Produits et services
  • 923/3001 Faits divers/Contentieux
  • 486/3001 Nouveau site web
  • 2830/3001 Infrastructures
  • 1039/3001 TIC pour l’éducation
  • 150/3001 Recherche
  • 190/3001 Projet
  • 2352/3001 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1164/3001 Sonatel/Orange
  • 942/3001 Licences de télécommunications
  • 206/3001 Sudatel/Expresso
  • 620/3001 Régulation des médias
  • 865/3001 Applications
  • 628/3001 Mouvements sociaux
  • 1030/3001 Données personnelles
  • 137/3001 Big Data/Données ouvertes
  • 352/3001 Mouvement consumériste
  • 253/3001 Médias
  • 370/3001 Appels internationaux entrants
  • 1104/3001 Formation
  • 69/3001 Logiciel libre
  • 1201/3001 Politiques africaines
  • 581/3001 Fiscalité
  • 111/3001 Art et culture
  • 385/3001 Genre
  • 1300/3001 Point de vue
  • 754/3001 Commerce électronique
  • 915/3001 Manifestation
  • 201/3001 Presse en ligne
  • 87/3001 Piratage
  • 199/3001 Téléservices
  • 680/3001 Biométrie/Identité numérique
  • 259/3001 Environnement/Santé
  • 236/3001 Législation/Réglementation
  • 231/3001 Gouvernance
  • 1161/3001 Portrait/Entretien
  • 96/3001 Radio
  • 432/3001 TIC pour la santé
  • 174/3001 Propriété intellectuelle
  • 41/3001 Langues/Localisation
  • 682/3001 Médias/Réseaux sociaux
  • 1276/3001 Téléphonie
  • 126/3001 Désengagement de l’Etat
  • 613/3001 Internet
  • 95/3001 Collectivités locales
  • 305/3001 Dédouanement électronique
  • 763/3001 Usages et comportements
  • 595/3001 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 399/3001 Audiovisuel
  • 2094/3001 Transformation digitale
  • 273/3001 Affaire Global Voice
  • 123/3001 Géomatique/Géolocalisation
  • 240/3001 Service universel
  • 412/3001 Sentel/Tigo
  • 130/3001 Vie politique
  • 1040/3001 Distinction/Nomination
  • 25/3001 Handicapés
  • 499/3001 Enseignement à distance
  • 415/3001 Contenus numériques
  • 348/3001 Gestion de l’ARTP
  • 120/3001 Radios communautaires
  • 1287/3001 Qualité de service
  • 308/3001 Privatisation/Libéralisation
  • 170/3001 SMSI
  • 396/3001 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 1606/3001 Innovation/Entreprenariat
  • 770/3001 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 30/3001 Internet des objets
  • 109/3001 Free Sénégal
  • 487/3001 Intelligence artificielle
  • 193/3001 Editorial
  • 2/3001 Gaming/Jeux vidéos
  • 15/3001 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous