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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2017 > Mars 2017 > Cameroun : Plus de deux mois déjà que les régions anglophones sont privées (…)

Cameroun : Plus de deux mois déjà que les régions anglophones sont privées d’Internet

lundi 20 mars 2017

Liberté d’expression/Censure de l’Internet

Tout est parti d’une vague de contestation dans la partie anglophone du Cameroun. Les manifestants dénoncent la marginalisation de la minorité anglophone (environ 20% des quelque 22 millions d’habitants du Cameroun) par rapport à la majorité francophone.

Les deux régions anglophones, à l’Ouest du pays donc frontalières du Nigéria, sont ainsi secouées depuis novembre 2016 par des troubles. Certains manifestants vont jusqu’à réclamer le retour du fédéralisme voire l’indépendance. Comme toute réponse, l’État réprime violemment les contestations coupe l’Internet dans ces zones le 17 janvier 2017. Le Cameroun anglophone sans Internet, cela fait désormais plus de deux mois que la situation dure.

La coupure, par les autorités camerounaises de l’Internet dans les régions anglophone Sud-Ouest et Nord-Ouest, ne laisse pas activistes camerounais et africains. A l’image du hashtag populaire #BringBackOurGirls lancé pour la libération des enfants capturés au Nord du Nigéria, les activistes ont lancé #BringBackOurInternet finalement devenu comme un cri de ralliement des journalistes, blogueurs et des personnes influentes du Cameroun anglophone et francophone sur la toile. Ces utilisateurs du Web s’indignent et appellent l’Etat à rétablir la connexion dans ces régions du pays. Cette campagne de résistance au musellement a vu le soutien de plusieurs célébrités dont le lanceur d’alerte américain Edward Snowden.

« le gouvernement camerounais a bloqué l’accès à Internet dans toutes les régions anglophones. Rejoignez-nous pour leur dire de #BringBackOurInternet Internet », ce cri de détresse de la blogueuse Rebecca Enonchong est partagé près de 3000 fois sur Twitter.

Couper Internet c’est violer les Droits de l’Homme

Basée à Douala, l’association pour le Développement Intégré et la Solidarité Inter-agissante, Adisi, à l’instar de plusieurs autres a elle aussi dénoncé la décision autorités camerounaise de supprimer l’internet dans cette zone du pays. Selon l’Adisi, l’Etat camerounais est entrain de violer le droit international sur la coupure de l’internet. Elle estime que la société civile doit se prononcer sans complaisance sur la situation actuelle qui perdure. A ce sujet, Adisi revient sur les propos du Rapporteur spécial de l’ONU pour la liberté d’expression. David Kaye qui a publié une déclaration le 10 février 2017, dans laquelle il rappelle qu’une « coupure Internet de cette ampleur viole le droit international – non seulement elle supprime le débat public, mais prive également les camerounais de l’accès à des services essentiels et à des ressources de base ».

Par le biais de son secrétaire exécutif, l’association pour le Développement Intégré et la Solidarité Inter-agissante a exigé des autorités du Cameroun non seulement le rétablissement sans condition et dans l’immédiat de la connexion internet, mais aussi le respect des droits personnes interpellées au procès équitable comme le stipule le Code de procédure pénal. ils ont aussi plaidé pour le retour au dialogue.

D’autres ONG comme Internet Sans Frontières ou Access Now multiplient elles aussi les appels au retour d’Internet.

La coupure d’Internet freine l’accès à des informations vitales et empêchent les services financiers de fonctionner. En plus, cette coupure est un handicap pour les services d’urgence et déstabilise l’économie locale à émerger.

Les activistes interpellent également les fournisseurs d’accès à Internet et les invitent à et rejeter la demande du gouvernement camerounais et restaurer le réseau mondial.

Amadou Sabar Ba

(Source : This is Africa, 20 mars 2017)

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