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Accès à la mer et gestion des ressources halieutiques : Une petite révolution qui s’appelle Cyberpêche

samedi 15 mai 2004

Applications

L’immatriculation informatisée du parc piroguier de la pêche artisanale devrait bientôt tendre à la généralisation, avec la mise en place prochaine du projet pilote « Protection et gestion des ressources halieutiques au Sénégal », logé au ministère de l’Économie maritime. La Fédération nationale des groupements d’intérêt économique de pêche (Fénagie-Pêche) vient de boucler une tournée de sensibilisation des pêcheurs sur la Grande côte et à Ziguinchor, afin de faire adhérer ces derniers au projet introduit grâce à la coopération suisse et mis en œuvre par le bureau d’études Ports-Systems Dakar.

Au-delà du décompte de la flotte, le gouvernement mise désormais sur la cyberpêche, qui met en œuvre les technologies de l’information et de la communication (Tic), pour contrôler les ressources halieutiques. Après la phase-pilote qui s’est déroulée de février 2002 à août 2003 et qui n’a pas permis de procéder à l’immatriculation de l’ensemble des pirogues, le système entrera bientôt dans sa phase de généralisation afin de doter toute la flotte de la pêche artisanale d’une plaque d’immatriculation.

Le principe consiste en l’incrustation d’une puce électronique dans la carrosserie de l’embarquement avant d’y apposer une plaque d’immatriculation. A l’image des plaques d’immatriculation des véhicules automobiles, celles des pirogues comportent certaines références notamment le lieu de domiciliation et un numéro chiffré qui lui est propre.

La puce incrustée détient des informations relatives au propriétaire de la pirogue, au genre de pêche qu’elle pratique, au filet dont elle dispose et aux zones où elle pêche, entre autres éléments. Les agents des services de pêche disposent quant à eux d’un appareil électronique qui leur permet ainsi d’accéder à toutes ces informations qui seront ensuite centralisées dans un serveur et mises à la disposition des autorités et autres utilisateurs.

Au-delà du décompte du parc piroguier actuellement impossible faute de statistiques, le système d’immatriculation permettra également de contrôler le ravitaillement des pirogues en carburant, d’autant qu’à cause de la subvention accordée par l’État, des cas de fraude récurrente sont signalisés dans les différents points de débarquement et d’embarquement des pêcheurs.

Selon des responsables du bureau d’études Ports-Systems Dakar, qui a mis en œuvre le système, de réelles perspectives de développement sont en vue notamment, « la collecte individuelle de données relatives aux captures, aux distributions de carburant détaxé, le contrôle individuel des embarcations et le contrôle et la gestion des ressources humaines », entre autres.

La généralisation de l’immatriculation du parc piroguier intervient au moment où la problématique de la gestion des ressources halieutiques suscite de nombreuses inquiétudes avec la diminution constante du potentiel. On estime en effet que les captures sont passées de 50.000 tonnes en 1965 à 453.000 tonnes en 1997. Subséquemment, les chercheurs ont fait l’amer constat que les pressions sur les ressources halieutiques ont occasionné une courbe descendante de la production qui se situe actuellement à 400.000 tonnes.

La flotte de la pêche artisanale dont le nombre exact d’unité est inconnu des services de pêche serait estimé entre huit et douze mille pirogues qui assurent 80 % des captures contre 20 % pour la pêche artisanale qui compterait environ 312 bateaux. C’est pour mettre plus d’ordre dans l’exploitation abusive des ressources halieutiques que le gouvernement mise désormais sur les nouvelles technologies de l’information et de la communication. L’on parle même de cyberpêche

Moussa DIOP

(Source : Sud Quotidien 15 mai 2004)

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