OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2018 > Juin 2018 > Yacine Barro Bourgault, directrice générale de Microsoft en Afrique : « Sur (…)

Yacine Barro Bourgault, directrice générale de Microsoft en Afrique : « Sur le Continent, les dépenses en intelligence artificielle s’élèveront à 114 millions de dollars en 2021 »

lundi 11 juin 2018

Portrait/Entretien

L’intelligence artificielle (IA) est une réalité en Afrique, même si nous en sommes encore qu’aux prémices. Yacine Barro Bourgault, directrice générale de Microsoft pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, donne sa vision sur les enjeux de l’IA et des systèmes d’intelligence cognitive pour l’Afrique. Selon elle, plusieurs inhibitions devront être levées pour créer les conditions économiques et humaines de l’émergence de cette innovation. L’IA sera alors l’un des plus puissants leviers pour transformer le Continent.

CIO Mag : Pensez-vous que l’IA devrait figurer dans les technologies de rupture qui participeront à transformer l’Afrique ?

Yacine Barro Bourgault : L’IA est en passe de devenir une force motrice derrière la quatrième révolution industrielle. Les retombées économiques pour l’Afrique sont attendues. Selon Gartner, à l’horizon 2020, l’intelligence artificielle génèrera près de 16 milliards de dollars et créera plus de 2,3 millions de nouveaux emplois. Sur la création d’emplois, en particulier dans des pays comme le Ghana, le Kenya et le Nigeria, où la transformation numérique suit un rythme effréné, l’intelligence artificielle se pose définitivement comme une technologie de rupture. En outre, l’IA devrait croître de 33 % au cours des cinq prochaines années, la plupart des cas d’utilisation visant à améliorer l’expérience client, en particulier dans les secteurs des gouvernements, du commerce de détail, des services publics et des transports. Les dépenses consacrées aux systèmes d’intelligence cognitive et d’IA en Afrique s’élèveront à 114,2 millions de dollars d’ici 2021, et des projets très intéressants ont déjà été développés autour de l’IA tels que Little Cabs.

CIO Mag : En quoi le « Uber » africain est-il un exemple d’application concrets de l’IA en Afrique ?

Y. B. B. : Little Cabs est un service de taxi kenyan est un exemple de réussite. En peu de temps, l’application a fait l’objet de plus 200.000 téléchargements. En 2017, la société Little Cab, en partenariat avec Microsoft, a lancé une fonctionnalité de vérification de l’identité du chauffeur utilisant la technologie de reconnaissance faciale fournie par le service « Microsoft Cognitive API ». Les chauffeurs se connectent à la plateforme « Little » et sont invités à prendre un selfie, lequel est ensuite comparé aux images contenues dans les enregistrements gérés par Little Cab. Cette authentification a l’avantage de garantir aux usagers une certaine sécurité et une tranquillité d’esprit lors de l’utilisation de ce service, car cette précaution élimine la possibilité pour les conducteurs non-inscrits de se faire passer pour des chauffeurs de Little. Microsoft Cognitive API est un produit de l’offre cloud de Microsoft Azure. En utilisant des algorithmes avancés de traits du visage, la technologie peut ainsi détecter les visages humains, les comparer à des visages similaires et organiser les images en groupes en fonction de leur similarité. Ainsi, la fonctionnalité « Face verification » détermine la probabilité que deux visages appartiennent au même individu. Et cette technologie protège également les chauffeurs des fraudes.

CIO Mag : En dehors de cette application, avez-vous d’autres cas pratiques ?

Y. B. B. : L’utilisation de l’intelligence artificielle en Afrique est principalement appliquée dans des domaines tels que les soins de santé, les télécommunications, la banque, la vente de détail et le transport. Par exemple, les grandes entreprises sud-africaines utilisent l’IA pour améliorer la qualité des services fournis à leurs clients et pour aider les agents des centres d’appels à gérer un volume élevé d’appels.

CIO Mag : Y a-t-il des préalables pour justement amorcer l’IA sur le Continent ?

Y. B. B. : En observant le concept de l’IA et sa réalité, l’on constate qu’il existe en effet un certain nombre de prérequis à prendre en compte par les organisations africaines qui commencent leur voyage vers l’intelligence artificielle. Malheureusement, il y a aujourd’hui plusieurs freins à considérer : les systèmes vieillissants et les infrastructures médiocres découragent l’innovation, ce qui par extension peut ralentir l’adoption de l’IA ; les carences et inégalités des systèmes éducatifs sont synonymes d’un manque flagrant de compétences véritables capables de conduire des développements en matière d’IA ; les réglementations obsolètes et les barrières structurelles doivent être éliminées pour que l’Afrique puisse mieux intégrer les nouvelles technologies dans ses économies.

CIO Mag : Quel écosystème faudrait-il pour faire émerger l’innovation ?

Y. B. B. : Le Continent dans son ensemble doit encourager un environnement où un écosystème dynamique autour de l’intelligence artificielle dynamique peut émerger et s’épanouir. Et, cela ne peut se faire qu’en créant une véritable stratégie à long terme, qui intègre l’IA dans le développement économique en Afrique autour de cinq piliers essentiels. D’abord, dans les universités et les instituts de recherche : il est indéniable que ces derniers sont des catalyseurs du développement de l’IA car ils offrent un environnement de créativité absolue pour les scientifiques et les ingénieurs. Les systèmes éducatifs en Afrique doivent constamment évoluer afin d’équiper les jeunes de compétences nécessaires et d’une façon de penser – un « mindset » – qui leur permettra de réussir dans des emplois qui n’existent pas encore. L’intelligence artificielle changera la répartition des tâches entre l’homme et la machine ; nous devons reconsidérer en Afrique la nature des connaissances et des compétences transmises aux générations futures. Puis, il y a les décideurs : ceux-ci doivent se concentrer sur l’amélioration de l’accès à l’IA en s’attaquant aux facteurs de limitations (accès, formations, infrastructures, etc.) et en identifiant les groupes qui risquent d’être directement affectés par ces changements. Des stratégies doivent être créées pour favoriser la réintégration de ces groupes dans une économie fondée sur l’intelligence artificielle. Troisième pilier : c’est celui des partenariats entre entrepreneurs, entreprises, universités et autres parties prenantes qui jouent un rôle crucial dans le développement d’un écosystème de l’IA dynamique, cohérent, répondant à une éthique forte et œuvrant pour le bien de tous. Ensuite, il faut un secteur privé fort : certaines entreprises du Continent ont la solidité financière et l’expérience nécessaires pour investir dans la recherche et le développement en intelligence artificielle ; elles peuvent donc conduire les développements stratégiques en matière d’IA pour leur industrie et pour leur pays et, partant, pour améliorer leur compétitivité sur la scène mondiale. Quant aux start-ups, elles ont « structurellement » la capacité de faire avancer l’économie de l’intelligence artificielle grâce à leur agilité et adaptabilité.

Enfin, il faut repenser les lois et réglementations : pour que l’IA soit intégrée avec succès dans les entreprises du continent africain, il est de la responsabilité des décideurs politiques de revoir les lois en vigueur et de créer de nouvelles réglementations si nécessaire. Ces responsables doivent identifier les groupes les plus exposés à perdre leur emploi afin de conceptualiser et d’exécuter des stratégies visant à les réintégrer dans l’économie. L’inclusion est essentielle pour que tout le monde puisse bénéficier de l’impact de la mise en place d’une telle technologie.

Propos recueillis par Mohamadou Diallo

(Source : CIO Mag, 11 juin 2018)

Fil d'actu

  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)
  • Quelles différences entre un don et un cadeau ? Burkina NTIC (22 avril 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4854/5558 Régulation des télécoms
  • 371/5558 Télécentres/Cybercentres
  • 3800/5558 Economie numérique
  • 1910/5558 Politique nationale
  • 5399/5558 Fintech
  • 588/5558 Noms de domaine
  • 2019/5558 Produits et services
  • 1649/5558 Faits divers/Contentieux
  • 859/5558 Nouveau site web
  • 5558/5558 Infrastructures
  • 1869/5558 TIC pour l’éducation
  • 211/5558 Recherche
  • 254/5558 Projet
  • 3956/5558 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1939/5558 Sonatel/Orange
  • 1824/5558 Licences de télécommunications
  • 341/5558 Sudatel/Expresso
  • 1609/5558 Régulation des médias
  • 1454/5558 Applications
  • 1190/5558 Mouvements sociaux
  • 1896/5558 Données personnelles
  • 147/5558 Big Data/Données ouvertes
  • 647/5558 Mouvement consumériste
  • 426/5558 Médias
  • 734/5558 Appels internationaux entrants
  • 1856/5558 Formation
  • 102/5558 Logiciel libre
  • 2393/5558 Politiques africaines
  • 1295/5558 Fiscalité
  • 171/5558 Art et culture
  • 624/5558 Genre
  • 1980/5558 Point de vue
  • 1102/5558 Commerce électronique
  • 1609/5558 Manifestation
  • 354/5558 Presse en ligne
  • 126/5558 Piratage
  • 225/5558 Téléservices
  • 1040/5558 Biométrie/Identité numérique
  • 338/5558 Environnement/Santé
  • 362/5558 Législation/Réglementation
  • 424/5558 Gouvernance
  • 1936/5558 Portrait/Entretien
  • 167/5558 Radio
  • 840/5558 TIC pour la santé
  • 301/5558 Propriété intellectuelle
  • 64/5558 Langues/Localisation
  • 1172/5558 Médias/Réseaux sociaux
  • 2211/5558 Téléphonie
  • 217/5558 Désengagement de l’Etat
  • 1111/5558 Internet
  • 124/5558 Collectivités locales
  • 436/5558 Dédouanement électronique
  • 1239/5558 Usages et comportements
  • 1134/5558 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 596/5558 Audiovisuel
  • 3486/5558 Transformation digitale
  • 443/5558 Affaire Global Voice
  • 181/5558 Géomatique/Géolocalisation
  • 365/5558 Service universel
  • 731/5558 Sentel/Tigo
  • 188/5558 Vie politique
  • 1661/5558 Distinction/Nomination
  • 37/5558 Handicapés
  • 782/5558 Enseignement à distance
  • 745/5558 Contenus numériques
  • 654/5558 Gestion de l’ARTP
  • 181/5558 Radios communautaires
  • 2020/5558 Qualité de service
  • 544/5558 Privatisation/Libéralisation
  • 146/5558 SMSI
  • 494/5558 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2985/5558 Innovation/Entreprenariat
  • 1614/5558 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 51/5558 Internet des objets
  • 208/5558 Free Sénégal
  • 902/5558 Intelligence artificielle
  • 231/5558 Editorial
  • 75/5558 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous