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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2010 > Septembre > Usage du téléphone portable par les adolescents : Quand les parents sont (…)

Usage du téléphone portable par les adolescents : Quand les parents sont hors du réseau

mercredi 15 septembre 2010

Usages et comportements

Avec ce vent de modernité, il est fréquent de voir des jeunes filles ou garçons être en possession de téléphone portable. Ces derniers utilisent cet outil à des fins qui ne sont pas toujours en adéquation avec la volonté des parents. Entre appels et messages d’amour, certains parents supportent difficilement. Cependant, la majeure partie des parents interrogés sont d’avis que le téléphone portable est à la mode.

Au Cem Amadou Trawaré de Ben Tally, il est 13 heures en ce mardi, des élèves sortent en masse des salles et envahissent la cour de l’école. A cette heure, c’est la descente de ces jeunes filles et garçons qui se sont inscrits en cours de vacances pour préparer l’année scolaire qui se profile à l’horizon. On approche une jeune fille à la taille moyenne, habillée d’un pantalon noir serré et d’un haut blanc. F.D. a 17 ans et a son téléphone portable. Interpellée sur la réaction de ses parents sur l’utilisation de cette appareil, elle confie : « mon père, lui, ne sait pas que j’ai un portable, il n’y a que ma mère qui est au courant. Au début, elle aussi, n’acceptait pas que je possède un portable, mais après, elle s’est rendue compte que c’est une nécessité, parce qu’elle a même besoin de me contacter de temps en temps pour certains cas ». A savoir si sa mère la contrôle, elle explique : « elle ne sait pas lire, c’est pourquoi elle ne peut pas consulter mes messages. Et s’il s’agit des appels, mon portable est en mode vibreur, je me déplace en allant dans ma chambre ou à la terrasse pour répondre ». Cette élève de troisième soutient que ce sont les communications nocturnes qui causent beaucoup d’ennuis avec les parents. Pour éviter d’être fatiguée par les garçons, elle préfère ne pas leur donner son numéro. A coté de F.K.D, une autre fille estime qu’elle est confrontée aux mêmes problèmes avec ses parents.

« Je supprime les messages d’amour »

B. Ndiaye, du haut de ces 17 ans, explique : « j’essaye de gérer cela sans problèmes. Si je reçois un appel la nuit, je sors, parce que mon phone est toujours sous mode vibreur. Et si je suis avec mes parents et que je ne peux pas sortir, je laisse tomber l’appel pour envoyer un message après ». Pour éviter le contrôle des parents et pour ne pas éveiller de soupçons, la jeune fille affirme : « si je reçois des messages d’amour, je les supprime avant que mes parents ne tombent dessus ». Conscient des conséquences négatives que les portables peuvent engendrer chez les jeunes, parfois même mineurs, comme les idylles en cachette et les rendez-vous improvisés, les parents dénoncent, tout en essayant de conscientiser leurs enfants. La dame Madjiguène, mère de famille, déplore vivement ce phénomène. « Les adolescents ne doivent pas détenir de portable, surtout les filles, car elles peuvent faire du n’importe quoi avec cet outil », lance la femme. Mais, très vite la dame au teint clair, trouvée dans son salon en train de se faire tresser par une de ces filles, va modérer son langage. Elle estime que les portables n’inspirent pas confiance, car ses filles discutent sans cesse avec des garçons, mais elle est obligée de faire avec. « Le portable est devenu une nécessité pour tous, et si tu ne l’achètes pas pour tes enfants, un autre le fera à ta place », avertit-elle. S’agissant de contrôle, la dame constate son impossibilité et évoque plutôt la confiance. « C’est pratiquement impossible de les contrôler dans l’usage du portable puisque, à n’importe quel moment, elles peuvent recevoir des appels. A la longue, j’ai confiance en elles et à ce qu’elles me disent », dit-elle. Pour conforter ces dires, Aïssatou, jeune fille de 18 ans, le teint noir, en train de tresser sa maman, soutient : « le portable est une nécessité, c’est pourquoi on l’a. Personnellement, quand mon téléphone sonne, même devant mes parents, je décroche, parce que je n’ai rien à me reprocher quant à la provenance des appels ». Cependant, certains parents sont plus intransigeants et n’acceptent pas que leur progéniture utilise ces appareils portables qui pervertissent notre jeunesse, à leur avis, et cela dès le bas âge. C’est le cas de Mamadou Ndiaye, 42 ans, teint noir, la moustache peu fournie, rencontré au « grand place Lem Gui ». L’homme peste : « ce n’est pas une nécessité pour les enfants d’avoir un téléphone portable, je ne vois pas son utilité pour les enfants, sinon de les conduire vers la débauche. Si c’est pour appeler, par exemple pour mes filles et fils, il y a le téléphone fixe qui peut leur être utile ». Très déterminé dans son argumentation et inébranlable sur sa position, il ajoute : « les jeunes doivent se plier aux décisions de leurs parents, car au cas contraire, ils risquent de le regretter amèrement dans le futur. C’est toujours la modernité qu’on soulève pour menacer nos coutumes et valeurs, alors que, même chez les Occidentaux, pour certains droits, les enfants doivent être majeurs ».

« Comment contrôler ? »

Mamadou estime qu’avec le portable, les parents perdent le contrôle sur leurs enfants, et cette situation peut les transformer en proie facile, surtout les filles. « Tout le monde sait qu’on peut tout écrire dans un message et l’effacer après. Comment les parents peuvent-ils contrôler cela », se demande-t-il ? Un homme installé à sa gauche ne partage pas l’avis de son voisin du « grand place ». Aline Fall, teint noir, la quarantaine bien sonnée, habillé d’un pantalon et d’un t-shirt blanc, dit être conscient des méfaits qui peuvent émaner de l’utilisation du portable chez les jeunes personnes, mais n’est pas contre cet usage. Il prône une éducation de base. « Vouloir avoir un contrôle strict sur ses enfants est impossible à cette époque. Les jeunes vont à l’école, et sur le chemin, ils peuvent faire tout ce dont ils ont envie. Pour leur éviter la perversion, il faut leur inculquer des idées nobles dès le bas âge. Ainsi, ils seront dignes. Et même avec le portable et des heures libres, ils seront sages », ajoute-t-il. Un agent d’une so

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