Tunisie : des hackers détournent l’application de Tunisie Telecom
lundi 25 mai 2026
Un message dénonçant « un net recul des libertés » et « une crise économique étouffante » a été diffusé samedi via l’application de Tunisie Telecom après une cyberattaque revendiquée comme un acte de contestation contre le pouvoir tunisien.
L’opérateur public tunisien Tunisie Telecom a reconnu, dans la nuit de samedi à dimanche, que son application numérique « MyTT » avait été visée par une cyberattaque ayant permis la diffusion d’un message critique à l’égard des autorités tunisiennes.
Le texte, relayé massivement sur les réseaux sociaux, portait le titre « Un cri pour la Tunisie : la liberté n’est pas un crime » et dénonçait une dégradation des libertés publiques ainsi qu’une situation économique jugée « étouffante ».
Les utilisateurs de l’application ont reçu ce message à la place des notifications commerciales habituelles. Plusieurs captures d’écran ont rapidement circulé sur Facebook et d’autres plateformes numériques, alimentant un large débat autour de la sécurité des infrastructures numériques publiques et du climat politique en Tunisie. Aucun chiffre officiel n’a toutefois été communiqué concernant le nombre exact de clients ayant reçu cette notification.
Face à l’ampleur de la diffusion, Tunisie Telecom avait initialement évoqué une simple opération de maintenance avant de confirmer quelques heures plus tard l’existence d’une intrusion informatique.
Dans son communiqué, l’opérateur a assuré que l’attaque avait été « détectée immédiatement et neutralisée avec succès en un temps record grâce aux mécanismes de protection et de surveillance mis en place ». L’entreprise publique a également affirmé qu’aucune donnée personnelle n’avait été compromise et que la continuité des services avait été maintenue.
L’incident intervient dans un climat politique particulièrement sensible en Tunisie depuis les décisions prises par le président Kaïs Saïed en juillet 2021, lorsqu’il avait suspendu le Parlement et renforcé considérablement ses prérogatives exécutives.
Plusieurs organisations tunisiennes et internationales de défense des droits humains dénoncent depuis lors un rétrécissement de l’espace public, des poursuites visant des opposants politiques, des journalistes et des acteurs de la société civile, ainsi qu’une concentration du pouvoir autour de la présidence.
La diffusion de ce message intervient également alors que la Tunisie continue de faire face à des difficultés économiques persistantes marquées par une faible croissance, une inflation élevée et des tensions récurrentes sur les finances publiques.
Cette combinaison entre crispation politique et pression économique nourrit un climat de défiance qui s’exprime désormais aussi dans l’espace numérique, devenu un terrain de confrontation croissant entre contestation politique et communication institutionnelle.
(Source : APAnews, 25 mai 2026)
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