Tshisekedi hausse le ton face aux défaillances des télécoms
lundi 12 janvier 2026
Face à l’exaspération croissante des usagers des télécommunications, le Président de la République, Félix Tshisekedi, a décidé de frapper fort.
Lors de la 74ᵉ réunion du Conseil des Ministres tenue le 9 janvier 2026 à la Cité de l’Union africaine, le Chef de l’État congolais a instruit le Gouvernement d’engager des sanctions fermes contre les opérateurs de télécommunications responsables de dysfonctionnements répétés.
Fin de la tolérance, fin des excuses techniques.
Téléphonie instable, Internet erratique, interruptions fréquentes des services numériques, perturbations de la radiodiffusion : les plaintes se sont accumulées au sommet de l’État.
Selon le compte-rendu du Conseil des Ministres, ces défaillances touchent désormais l’ensemble du territoire national et ne relèvent plus de simples incidents ponctuels. Elles affectent la vie quotidienne des citoyens, paralysent certaines administrations, fragilisent les transactions bancaires et commerciales, et freinent une économie déjà sous pression.
Pour Félix Tshisekedi, l’enjeu est désormais stratégique. Il exige des services conformes aux normes légales, un contrôle renforcé de la qualité des réseaux et une meilleure coordination entre les ministères sectoriels et les autorités de régulation.
Un rapport exhaustif est attendu dans un délai de 30 jours, détaillant les constats techniques, les mesures correctives, les sanctions appliquées et les réformes structurelles envisagées.
Mais au-delà des injonctions présidentielles, les experts interrogent la capacité réelle de la RDC à réguler efficacement un secteur aussi stratégique que complexe.
« Sanctionner les opérateurs est nécessaire, mais cela ne suffira pas si l’architecture même des réseaux reste fragile », estime un ingénieur télécoms basé à Kinshasa.
La question des infrastructures, notamment celle de la fibre optique, revient avec insistance. Qualité des câbles, respect des normes internationales, maintenance, sécurisation des réseaux : autant de défis encore mal maîtrisés.
Plusieurs analystes pointent un déficit de capacités techniques et de moyens au sein de l’organe de régulation, confronté à des opérateurs puissants et à des investissements lourds.
« Sans un audit sérieux des infrastructures existantes et un plan national cohérent de déploiement de la fibre optique conforme aux standards, la régulation restera largement théorique », prévient un consultant en politiques numériques.
La mise en garde présidentielle marque donc un tournant politique. Reste à savoir si elle débouchera sur une réforme en profondeur du secteur, capable de transformer les télécommunications en véritable levier de développement.
En République Démocratique du Congo, la qualité du signal des télécommunications est devenue un test de crédibilité de l’État.
Flory MUSISWA
(Source : Zone Eco, 12 janvier 2026)
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