Transformation numérique : le Zimbabwe plaide pour des services Internet plus abordables
jeudi 22 janvier 2026
Les autorités veulent faciliter l’accès des populations aux services numériques. En 2024, l’exécutif avait déjà appelé les acteurs du secteur des TIC à proposer aux populations des smartphones plus abordables.
Le gouvernement zimbabwéen exhorte les opérateurs de télécommunications à réduire les tarifs de leurs services, en particulier l’Internet. Cette initiative vise à soutenir les ambitions de transformation numérique du pays.
La ministre des TIC, Tatenda Mavetera, a lancé cet appel le mardi 20 janvier lors de la réunion d’engagement des parties prenantes des postes et télécommunications. Elle a déclaré : « en tant que ministère, nous sommes pleinement conscients que l’accessibilité financière demeure un déterminant essentiel de l’inclusion numérique et de l’adoption des services ».
La ministre a demandé aux opérateurs de revoir de manière proactive leurs modèles de tarification et leurs cadres de prestation de services. Elle a précisé que des discussions sont actuellement en cours pour revoir la charge fiscale et autres facteurs afin de créer un environnement d’exploitation plus favorable pour le secteur. Toutefois, le ministère estime qu’il existe encore, dans les conditions actuelles d’exploitation, une marge permettant aux opérateurs de réduire davantage les tarifs et d’améliorer la qualité de service.
En effet, l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie (GSMA) confirme que la cherté des services de données est l’une des principales barrières à l’adoption de l’Internet. Les populations ont besoin de se connecter régulièrement pour accéder aux services publics dématérialisés, aux services numériques innovants proposés par les start‑up, mais aussi pour répondre aux besoins liés au monde numérique : e‑learning, télémédecine, travail à distance, divertissement (streaming, gaming, réseaux sociaux).
Selon les données de l’Union internationale des télécommunications (UIT), 5 GB d’Internet mobile au Zimbabwe représentait 12,9 % du revenu national brut (RNB) par habitant en 2023, contre 12,8 % pour l’Internet fixe. L’organisation estime qu’un service est abordable lorsque ce ratio ne dépasse pas 2 %. Le taux de pénétration de l’Internet dans le pays était de 38,4 % en 2023, d’après les données de l’UIT.
Il convient toutefois de rappeler que la cherté des services n’est pas la seule barrière à l’adoption par les populations. D’autres facteurs interviennent : l’accessibilité financière des smartphones, les compétences numériques de base, la couverture réseau, la perception de la pertinence et de l’utilité des services, la qualité de l’expérience client, ainsi que des questions d’éthique, de sécurité et de normes sociales.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 21 janvier 2026)
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