Télécoms par satellite : Airtel annonce des tests réussis au Kenya
mercredi 25 mars 2026
La course aux technologies satellitaires s’accélère chez les opérateurs télécoms africains, qui cherchent à élargir la portée de leurs réseaux. Combler la fracture numérique apparaît ainsi comme un important levier de croissance.
Le groupe de télécommunications Airtel Africa a testé avec succès la fourniture de services mobiles à ses abonnés directement depuis les satellites de la société américaine SpaceX (Starlink). Réalisés au Kenya, ces essais doivent permettre à l’entreprise de préparer l’extension du service à l’ensemble de ses marchés africains.
Dans un communiqué publié le mardi 24 mars, l’opérateur précise que les tests ont été menés dans des zones dépourvues de couverture mobile terrestre. Ils ont montré que des smartphones 4G pouvaient se connecter de manière transparente à la constellation de 650 satellites de Starlink. « Au cours de cette phase, les clients ont pu accéder à des applications à faible consommation de données comme les appels WhatsApp, Facebook Messenger, et même effectuer des transactions financières via l’application Airtel », indique le groupe.
Cet essai s’inscrit dans le cadre de l’accord de coopération signé en décembre 2025 avec SpaceX pour le lancement de la solution « Starlink Direct to Cell ». Selon Airtel Africa, cette technologie vient compléter ses infrastructures terrestres en permettant de couvrir des zones où le déploiement de réseaux traditionnels reste difficile sans investissements supplémentaires.
L’enjeu est de taille alors que les opérateurs télécoms cherchent à étendre la portée de leurs réseaux pour toucher cette frange de la population africaine encore exclue de toute couverture. Celle-ci, concentrée souvent dans les zones rurales, recèle un important potentiel d’abonnés alors que les zones urbaines sont de plus en plus saturées. Au-delà de l’accès, cette technologie peut aussi améliorer la qualité du signal dans certaines zones déjà couvertes mais insuffisamment desservies ou en cas d’indisponibilité des réseaux terrestres. Elle constitue ainsi un levier potentiel de croissance dans un environnement concurrentiel de plus en plus intense.
À fin décembre 2025, Airtel Africa revendiquait 179,4 millions d’abonnés mobiles, 81,8 millions d’abonnés Internet et 52 millions d’utilisateurs de mobile money sur 14 marchés. Si l’entreprise revendique la plus grosse part de marché ou la deuxième sur tous ses marchés, la société vient derrière MTN à l’échelle continentale qui a récemment dépassé la barre des 300 millions d’abonnés. Le groupe sud-africain recourt également aux technologies satellitaires pour booster son réseau à l’instar d’autres grandes entreprises comme Orange, Vodacom, Maroc Telecom (Moov Africa).
Le calendrier de lancement commercial du service n’est toutefois pas encore précisé, même si l’accord initial évoque une mise en œuvre à partir de 2026. Celle-ci dépendra notamment des autorisations réglementaires dans chaque pays. D’ici là, l’opérateur prévoit d’affiner les ajustements techniques en vue d’un déploiement à grande échelle, tout en préparant les prochaines évolutions, notamment l’introduction des appels vocaux et l’extension des capacités haut débit.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 25 mars 2026)
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