OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2025 > Mars 2025 > Télécoms en Afrique : comment l’IA redéfinit les modèles économiques

Télécoms en Afrique : comment l’IA redéfinit les modèles économiques

mercredi 12 mars 2025

Intelligence artificielle

L’offre de services innovants ne garantit plus, à elle seule, la rentabilité des télécoms en Afrique. Y associer une gestion plus efficiente des réseaux et un meilleur contrôle des coûts s’impose comme une exigence rendue possible par les nouvelles technologies.

L’intelligence artificielle (IA) suscite un intérêt croissant dans divers secteurs d’activité en Afrique. La société américaine Google estime que son adoption pourrait contribuer à hauteur de 1500 milliards de dollars à l’économie du continent d’ici 2030. Dans le secteur des télécommunications en particulier, elle a le potentiel d’agir comme un catalyseur de croissance, un outil clé pour relever de nombreux défis et ouvrir de nouvelles perspectives. Ceci intervient dans un contexte de transformation profonde du marché, marqué par des défis opérationnels croissants (coûts de maintenance des réseaux, de l’énergie, des services marketing et commerciaux) et des mutations technologiques rapides.

Au cours des quinze dernières années, le marché a été le théâtre d’une consolidation accrue et de multiples cessions, reflétant les repositionnements stratégiques nécessaires des acteurs face à une concurrence féroce, une pression sur les marges et un cadre réglementaire de plus en plus exigeant. En 2014, Etisalat a réorganisé sa présence en cédant ses filiales à Maroc Telecom. En 2016, Orange a acquis la filiale de Millicom (Tigo) en République démocratique du Congo, ainsi que les filiales de Bharti Airtel au Burkina Faso et en Sierra Leone, tout en se retirant du Kenya. En 2021, la cession de ses activités à l’État ghanéen a marqué la sortie totale de Millicom d’Afrique. Plusieurs opérations d’acquisitions, de cessions et de faillites se sont ainsi succédé au fil des ans, comme la vente des activités ghanéennes de Vodafone à Telecel Group en 2023 et le retrait de MTN Group de Guinée et de Guinée-Bissau en 2024.

Un tournant décisif

Aujourd’hui, l’IA est perçue par plusieurs acteurs des télécoms en Afrique comme une opportunité à exploiter pleinement. Elle promet une plus grande efficacité et une réduction des coûts. Lors du Northern Africa OTF organisé par Huawei lors du Mobile World Congress 2025 à Barcelone, en Espagne, Bruce Xun, président du service technique mondial de Huawei, a identifié l’IA comme un point d’inflexion majeur. Selon lui, elle permettra d’optimiser les opérations, d’améliorer la prise de décision et de créer de nouvelles sources de valeur, ouvrant la voie à des solutions télécoms innovantes et performantes à l’ère du numérique. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’entreprise technologique chinoise soutient depuis plusieurs années la recherche et l’intégration de l’IA dans ses nouveaux services et infrastructures, notamment les tours télécoms qui adaptent leurs capacités à l’évolution du trafic télécoms.

Huawei n’est pas le seul à avoir perçu le potentiel transformateur de l’IA. Dans un entretien accordé à CIO Mag en 2024, Jocelyn Karakula, directeur de l’innovation technologique chez Orange Afrique Moyen-Orient (OMEA), a souligné que l’entreprise avait déjà adopté l’IA pour divers usages. « L’IA constitue un enjeu stratégique à part entière pour Orange, de par la capacité de ces technologies à accélérer la création de valeur et améliorer la performance dans de multiples domaines. Sur le plan des réseaux, essentiellement mobiles en Afrique, nous devons gérer des technologies multiples et de plus en plus complexes (2G, 3G, 4G et aujourd’hui 5G), dans des contextes énergétiques tendus dans de nombreux pays. Afin de garantir un fonctionnement optimal de ces réseaux, l’IA apporte des possibilités complémentaires qui permettent de garantir la qualité de service et d’expérience de nos clients », a-t-il expliqué.

Une étude publiée en 2024 par Nvidia révèle que près de 90 % des entreprises de télécommunications dans le monde utilisent l’IA, dont 48 % en phase pilote et 41 % en déploiement actif.

Un large panel d’usages

Dans plusieurs pays, notamment le Nigeria et l’Afrique du Sud, MTN Group a fait de l’IA un pilier essentiel de son service client. Grâce au chatbot Zigi et à des assistants virtuels, l’entreprise a réduit le temps de traitement des demandes des clients et amélioré leur niveau de satisfaction. Vodacom, en collaboration avec Nvidia, développe une plateforme de gestion de réseau virtuel qui utilise l’IA pour faciliter les décisions relatives à l’amélioration des performances du réseau. Au Kenya, Safaricom a déployé le logiciel d’efficacité énergétique AVA de Nokia, qui utilise l’IA et des algorithmes d’apprentissage automatique pour automatiser l’arrêt des équipements inactifs pendant les périodes de faible utilisation, réduisant ainsi sa consommation d’énergie et ses coûts. Hicham Ennoure, vice-président directeur général de Moov Money Gabon, a récemment révélé à Barcelone que la modernisation rapide de la plateforme, associée à des stratégies marketing ciblées basées sur l’analyse des données, a permis à l’entreprise d’augmenter son nombre d’utilisateurs de 84 % et son chiffre d’affaires de 85 % en 2024.

Efficacité opérationnelle

Les grands cabinets de conseil en stratégie sont également optimistes quant à l’impact positif de l’IA dans les télécoms. McKinsey cite l’exemple d’un opérateur de télécommunications européen qui a augmenté les taux de conversion de ses campagnes marketing de 40 % tout en réduisant les coûts, grâce à l’utilisation de l’IA générative pour personnaliser le contenu. Un autre exemple est celui d’un opérateur latino-américain qui a augmenté la productivité de son service client de 25 % et amélioré la qualité de l’expérience client, avec l’espoir de réduire ses coûts de 15 à 20 %. « Notre expérience avec les clients indique que les opérateurs de télécommunications peuvent avoir un impact significatif sur l’EBITDA grâce à l’IA générative. Dans certains cas, les estimations montrent que les marges différentielles pourraient augmenter de 3 à 4 points de pourcentage en deux ans, et jusqu’à 8 à 10 points de pourcentage en cinq ans, en augmentant les revenus grâce à une meilleure gestion du cycle de vie client et en réduisant considérablement les coûts dans tous les domaines », affirme McKinsey.

Des défis à surmonter

Si l’IA offre des opportunités considérables, son adoption en Afrique n’est pas sans obstacle. IBM souligne que l’intégration de toute nouvelle technologie nécessite des investissements. Pour l’IA moderne, ces investissements sont coûteux, même s’ils promettent une rentabilité à long terme. Cependant, tous les opérateurs ne disposent pas de la capacité financière nécessaire pour opérer cette mutation. La société américaine note également que l’adoption de l’IA transforme les entreprises de multiples façons, exigeant que de nombreux employés, voire tous, acquièrent de nouvelles compétences pour intégrer les outils d’IA dans leur travail. Or, l’Afrique souffre encore d’une pénurie de techniciens spécialisés dans les technologies de pointe. Par ailleurs, les questions éthiques et réglementaires liées à l’utilisation de l’IA, notamment en matière de protection des données et de respect de la vie privée, nécessitent une attention particulière.

Pour surmonter ces défis, l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie (GSMA) recommande une collaboration étroite entre les gouvernements, les opérateurs et les acteurs technologiques. Les pouvoirs publics doivent mettre en place des politiques favorisant l’innovation et l’investissement dans l’IA, tout en garantissant un cadre réglementaire équilibré. Les opérateurs, de leur côté, doivent investir dans la formation et le développement des compétences locales pour maximiser les bénéfices de cette technologie.

Muriel EDJO

(Source : Agence Ecofin, 12 mars 2025)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4457/5188 Régulation des télécoms
  • 348/5188 Télécentres/Cybercentres
  • 3465/5188 Economie numérique
  • 2384/5188 Politique nationale
  • 5188/5188 Fintech
  • 517/5188 Noms de domaine
  • 2188/5188 Produits et services
  • 1461/5188 Faits divers/Contentieux
  • 848/5188 Nouveau site web
  • 4997/5188 Infrastructures
  • 1675/5188 TIC pour l’éducation
  • 187/5188 Recherche
  • 243/5188 Projet
  • 3522/5188 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1834/5188 Sonatel/Orange
  • 1596/5188 Licences de télécommunications
  • 276/5188 Sudatel/Expresso
  • 1002/5188 Régulation des médias
  • 1328/5188 Applications
  • 1054/5188 Mouvements sociaux
  • 1674/5188 Données personnelles
  • 126/5188 Big Data/Données ouvertes
  • 595/5188 Mouvement consumériste
  • 361/5188 Médias
  • 654/5188 Appels internationaux entrants
  • 1646/5188 Formation
  • 153/5188 Logiciel libre
  • 2439/5188 Politiques africaines
  • 1099/5188 Fiscalité
  • 166/5188 Art et culture
  • 578/5188 Genre
  • 1674/5188 Point de vue
  • 1105/5188 Commerce électronique
  • 1465/5188 Manifestation
  • 320/5188 Presse en ligne
  • 127/5188 Piratage
  • 204/5188 Téléservices
  • 981/5188 Biométrie/Identité numérique
  • 308/5188 Environnement/Santé
  • 336/5188 Législation/Réglementation
  • 512/5188 Gouvernance
  • 1790/5188 Portrait/Entretien
  • 146/5188 Radio
  • 787/5188 TIC pour la santé
  • 356/5188 Propriété intellectuelle
  • 58/5188 Langues/Localisation
  • 1054/5188 Médias/Réseaux sociaux
  • 1927/5188 Téléphonie
  • 194/5188 Désengagement de l’Etat
  • 1012/5188 Internet
  • 116/5188 Collectivités locales
  • 457/5188 Dédouanement électronique
  • 1233/5188 Usages et comportements
  • 1033/5188 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 552/5188 Audiovisuel
  • 3813/5188 Transformation digitale
  • 387/5188 Affaire Global Voice
  • 156/5188 Géomatique/Géolocalisation
  • 313/5188 Service universel
  • 664/5188 Sentel/Tigo
  • 176/5188 Vie politique
  • 1521/5188 Distinction/Nomination
  • 35/5188 Handicapés
  • 689/5188 Enseignement à distance
  • 686/5188 Contenus numériques
  • 587/5188 Gestion de l’ARTP
  • 187/5188 Radios communautaires
  • 1750/5188 Qualité de service
  • 432/5188 Privatisation/Libéralisation
  • 132/5188 SMSI
  • 466/5188 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2741/5188 Innovation/Entreprenariat
  • 1348/5188 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 46/5188 Internet des objets
  • 172/5188 Free Sénégal
  • 756/5188 Intelligence artificielle
  • 195/5188 Editorial
  • 2/5188 Gaming/Jeux vidéos
  • 24/5188 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous