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Tchad : les opérateurs encore une fois rappelés à l’ordre sur la qualité de service

mardi 30 décembre 2025

Qualité de service

La qualité de service revêt une importance particulière dans un contexte de transformation numérique. Selon la GSMA, une bonne qualité de service améliore l’expérience numérique et peut créer de nouvelles opportunités pour les individus comme pour la communauté au sens large.

C’est dans ce cadre que le gouvernement tchadien a de nouveau interpellé les opérateurs télécoms sur la qualité des services fournis aux populations. La question figurait au cœur d’une réunion de suivi et d’évaluation consacrée au secteur des télécommunications et de l’économie numérique, présidée par le Premier ministre Allah Maye Halina (photo), le lundi 29 décembre.

Malgré les efforts consentis, des insuffisances persistent, notamment en matière de qualité de service, a relevé le chef du gouvernement. Il a dénoncé les coupures intempestives, rappelant que les citoyens évaluent avant tout la performance des services dont ils bénéficient. Le Premier ministre a également souligné le déploiement encore insuffisant de la fibre optique, en particulier dans les zones nord et sud du pays, et a appelé à un contrôle plus rigoureux de la qualité des services offerts.

Cette nouvelle interpellation s’inscrit dans un contexte de pression constante exercée par les autorités sur les opérateurs télécoms, face à une qualité de service régulièrement décriée par les consommateurs. Ces derniers évoquent notamment des appels qui échouent, des connexions lentes, des coupures fréquentes et une couverture partielle du réseau télécoms sur l’ensemble du territoire.

En octobre dernier, l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) a achevé son 15ᵉ audit de la qualité de service, lancé en septembre. Si le régulateur entend s’appuyer sur cet audit pour « contraindre les opérateurs à améliorer la qualité de service », les consommateurs ont, de leur côté, formulé plusieurs propositions de mesures coercitives. Celles-ci incluent l’imposition de taxes dissuasives en cas de non-respect des engagements, la fixation de délais courts pour la remise en conformité et, en cas de manquements persistants, le retrait des licences au profit d’un opérateur national capable de couvrir rapidement l’ensemble du territoire. Certains suggèrent également l’ouverture du marché à de nouveaux acteurs afin de stimuler la concurrence et d’améliorer la qualité de service.

Selon le régulateur des télécoms, « les résultats révèlent une meilleure stabilité du signal dans plusieurs centres urbains, traduisant les efforts d’investissement des opérateurs ». Il précise toutefois que de nombreuses faiblesses subsistent, notamment des équipements défaillants, des opérations de maintenance inadéquates, des problèmes liés à l’alimentation énergétique et même des sites totalement hors service dans certaines localités.

Les opérateurs, de leur côté, affirment consentir des efforts d’investissement. Airtel, par exemple, prévoit d’investir 50 milliards de francs CFA dans un programme s’étendant jusqu’en juin 2026. Celui-ci comprend le renforcement des liaisons hertziennes, le déploiement de nouvelles tours pour élargir la couverture, le développement de la fibre optique et le remplacement du cœur de réseau.

Cependant, certains défis dépassent le seul périmètre des opérateurs télécoms. L’approvisionnement du pays en connectivité internationale reste limité en raison de son enclavement. Le Tchad dépend actuellement d’un seul point d’accès via le Cameroun. Une stratégie de désenclavement est toutefois en cours, avec des projets de liaisons envisagées avec le Niger, le Nigeria, l’Algérie, la Libye et l’Égypte, entre autres.

Isaac K. Kassouwi

(Source : Agence Ecofin, 29 décembre 2025)

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