Tchad : le ministre des Télécommunications hausse le ton face à Moov Africa
mardi 23 juin 2026
Depuis plusieurs années, les autorités tchadiennes dénoncent la mauvaise qualité des services fournis par les principaux opérateurs télécoms. Cette préoccupation a conduit à une rencontre officielle avec les responsables de l’un des acteurs majeurs du secteur.
Le ministre tchadien chargé des Télécommunications, Haliki Choua Mahamat, a sommé, lundi 22 juin à N’Djaména, le siège international de Moov Africa de remédier à la dégradation du réseau mobile dans le pays.
Face à la délégation de Maroc Télécom, maison mère de l’opérateur, il a balayé l’argument de la pénurie de carburant, avancé pour justifier les pannes, et a proposé de recourir au solaire ou à l’éolien si le problème persiste. Le ministre a également appelé l’opérateur à se raccorder à la fibre optique déjà déployée par l’État dans plusieurs localités du pays.
Cette réunion intervient après une première rencontre, jeudi 4 juin, entre le ministre et les dirigeants locaux de Moov Africa et d’Airtel Tchad. M. Mahamat avait exprimé sa fermeté face à la dégradation persistante du réseau téléphonique. Brahim Boudaoud, directeur exécutif international de Maroc Télécom et chef de la délégation, a défendu le bilan de sa filiale, affirmant que celle-ci occupe la première place du marché tchadien en matière de qualité de service, tout en évoquant des contraintes héritées des contrats signés par l’ex-opérateur Tigo avant son rachat en 2018.
Un nouvel outil pour surveiller la qualité du service
Cette nouvelle mise en demeure fait suite au lancement, la semaine dernière, d’un outil de mesure de la qualité de service en temps réel, basé sur la solution Qualcop, déjà utilisée par plusieurs régulateurs africains, notamment au Niger. L’efficacité de ce type de dispositif reste toutefois débattue. L’Association mondiale des opérateurs de téléphonie mobile (GSMA) estime que les approches réglementaires trop directives peuvent s’avérer irréalistes et freiner les investissements à long terme dans les réseaux, plaidant pour une corégulation fondée sur des objectifs transparents et concertés.
Adoni Conrad Quenum
(Source : Agence Ecofin, 23 juin 2026)
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