Le nouveau mécanisme de collecte électronique des droits de douane sur les téléphones et tablettes est opérationnel depuis le lundi 16 mars 2026. Entre amnistie fiscale pour les anciens appareils et régimes spéciaux pour les voyageurs, voici ce qu’il faut savoir pour comprendre qui doit payer.
L’administration douanière camerounaise a lancé une réforme pour sécuriser les recettes issues de l’importation des terminaux mobiles, qui étaient passées de 2 milliards FCFA (3,5 millions USD) par mois dans les années 2000 à seulement 100 millions FCFA en 2025 en raison de la contrebande. Selon la douane, ce nouveau dispositif, validé après une phase de tests avec les gros importateurs, ne constitue pas une taxe nouvelle mais un changement de mécanisme de collecte désormais numérique et centralisé.
La garantie de l’amnistie pour les anciens appareils
La question de la rétroactivité, qui inquiète de nombreux propriétaires d’appareils déjà en circulation, est tranchée par le principe de l’amnistie fiscale. Tout téléphone ayant été connecté au moins une fois à un réseau mobile camerounais avant le 16 mars 2026 est considéré comme dédouané et n’est pas concerné par ce dispositif. Concrètement, un appareil utilisé au pays en 2019, même s’il n’est plus sur le réseau depuis 2022, reste reconnu par le système grâce à son identifiant unique (IMEI) déjà répertorié. Ce « marquage » historique assure qu’aucun citoyen ne sera taxé pour un téléphone déjà présent sur le territoire avant la réforme.
Un régime spécifique pour la diaspora et les touristes
Pour les voyageurs, le dispositif prévoit des mesures de facilitation afin de ne pas freiner le tourisme ou les séjours de la diaspora. Les personnes utilisant leur téléphone en mode itinérance (roaming) avec leur puce étrangère bénéficient d’une exemption totale. Pour ceux qui optent pour une carte SIM locale, une période de grâce de 30 jours est accordée sous le régime de « l’admission temporaire normale ». Ce délai d’un mois permet de séjourner au pays sans payer de taxes, le blocage de l’appareil n’intervenant qu’au-delà de cette durée si le terminal reste actif sur le réseau national.
Un mécanisme de blocage basé sur la traçabilité
Le fonctionnement technique repose sur une plateforme numérique qui croise les données douanières avec celles des opérateurs. Lorsqu’un téléphone neuf, n’ayant jamais été connecté au Cameroun, tente d’accéder au réseau pour la première fois, le système vérifie instantanément son statut douanier. En l’absence de dédouanement préalable par l’importateur, le blocage de l’accès au réseau est désormais immédiat. L’usager est alors invité à régulariser sa situation via une application simplifiée, avec paiement par Mobile Money ou Orange Money.
La responsabilité partagée entre vendeurs et acheteurs
Bien que le dédouanement incombe désormais à l’importateur, une période de transition de deux mois, jusqu’au 13 mai 2026, est accordée aux distributeurs pour déclarer leurs stocks d’appareils non connectés. Durant ce sursis, les commerçants doivent transmettre les fichiers IMEI de leurs produits pour éviter tout désagrément à leurs clients. Pour plus de sécurité, chaque acquéreur est désormais invité à vérifier systématiquement le statut douanier d’un terminal avant l’achat, grâce aux services de consultation par SMS ou lien web mis en place par la direction générale des Douanes.
Samira Njoya
(Source : Agence Ecofin, 25 mars 2026)
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Taxe sur les mobiles au Cameroun : qui est réellement concerné