Starlink a déposé une demande d’autorisation en juin 2024 pour opérer en Namibie. L’entreprise poursuit son expansion en Afrique, où elle est aujourd’hui présente dans une trentaine de pays.
Les autorités namibiennes ont annoncé le lundi 23 mars avoir rejeté la demande de licences du fournisseur de services Internet par satellite américain Starlink. Elles ont ensuite expliqué que l’entreprise du milliardaire Elon Musk n’a pas rempli toutes les conditions requises pour opérer dans le pays.
Les explications ont été données lors d’une conférence de presse animée le mardi 24 mars par Emma Theofelus, ministre des Technologies de l’information et de la communication, et Tulimevava Mufeti, présidente du conseil d’administration de l’Autorité de régulation des communications de Namibie (CRAN).
Une conformité partielle
Selon la ministre, la demande soumise par Starlink en juin 2024 a été évaluée selon six critères : la concurrence, les capacités techniques et financières, la disponibilité des fréquences, la propriété et le contrôle, la défense nationale et la sécurité publique, ainsi que l’historique de conformité. La société n’a satisfait que la moitié de ces six critères.
Mme Mufeti explique que sur le critère de la concurrence, l’autorité estime que le projet de Starlink pourrait renforcer le marché et améliorer la couverture dans les zones difficiles d’accès. Concernant les capacités techniques et financières, Starlink est jugée suffisamment solide, disposant des ressources et de l’expertise nécessaires pour déployer et exploiter ses services. Pour la disponibilité des fréquences, aucune contrainte majeure n’a été identifiée, les bandes nécessaires étant disponibles pour l’exploitation du service.
Toutefois, en matière de défense nationale et de sécurité publique, le modèle de l’entreprise soulève des préoccupations liées à la souveraineté des données, à la juridiction et à la capacité de supervision par les autorités. Concernant l’historique de conformité, Starlink est en défaut pour avoir opéré sans licence et ne pas avoir répondu aux sollicitations du régulateur, ce qui remet en cause sa fiabilité réglementaire.
Enfin, s’agissant de la propriété et du contrôle, Starlink ne respecte pas les exigences légales, notamment l’obligation d’une participation majoritaire namibienne. La réglementation impose en effet qu’au moins 51 % du capital des entreprises de télécommunications soient détenus par des citoyens namibiens ou des entités locales. L’entité qui demande la licence est pourtant détenue exclusivement par des acteurs étrangers, selon les autorités.
Quel avenir pour Starlink en Namibie
Malgré le contretemps, les autorités ne ferment pas la porte à une éventuelle entrée de Starlink sur le marché national. Elles misent sur la technologie satellitaire pour généraliser l’accès à Internet dans le pays.
« Tous les soumissionnaires sont invités à réviser leur dossier, à examiner les éléments ayant conduit au refus, puis à soumettre à nouveau leur candidature auprès de l’autorité, que nous serons heureux de réévaluer. Nous accueillons pleinement tous les fournisseurs de services Internet dans le pays, dans le but de contribuer à nos objectifs nationaux de développement », a déclaré la ministre Theofelus.
Starlink ne s’est pas encore prononcé publiquement. Cependant, selon sa carte de disponibilité en temps réel, l’entreprise entend lancer ses activités commerciales en Namibie cette année. Elle est convaincue de pouvoir réduire la fracture numérique dans le pays.
Une fois autorisé, Starlink estime pouvoir fournir un accès Internet aux 65 % d’écoles namibiennes ne disposant pas d’une connexion fiable, aux 80 % d’établissements de santé limités à la 3G ou moins, ainsi qu’à plus d’un million de Namibiens encore hors ligne, en particulier dans les zones rurales.
« Au-delà de son impact rapide pour les particuliers, les entreprises et les infrastructures publiques, le réseau satellitaire de Starlink peut également assurer des communications fiables en cas d’urgence, lorsque les réseaux terrestres peuvent être compromis, ce qui est crucial pour un pays exposé à des catastrophes naturelles telles que les inondations et les sécheresses », a déclaré l’entreprise américaine sur son site web.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 25 mars 2026)
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Starlink recalé en Namibie : les raisons du refus