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Accueil > Articles de presse > Année 2026 > Février 2026 > Starlink au Sénégal : la colère des syndicats de Sonatel Orange, Yas, (…)

Starlink au Sénégal : la colère des syndicats de Sonatel Orange, Yas, Expresso et Cie

vendredi 20 février 2026

Mouvements sociaux

Le débat autour de l’entrée de Starlink au Sénégal ne s’estompe pas. Samedi dernier, Alioune Sall, le ministre de la Communication, des Télécommunications et du numérique, dans un entretien exclusif sur Seneweb, avait apporté des réponses sur plusieurs interrogations. Ce jeudi, les leaders de la coordination des syndicats des opérateurs de télécommunications ont fait face à la presse pour livrer leurs arguments.

“Le ministre a fait une sortie lors de son émission du 15 février sur Seneweb, et enfin, il a dit à demi-mot que Starlink était un fournisseur d’accès Internet (FAI). Par conséquent, il a une autorisation et non une licence. Et cela, conformément à la loi 2018-28 portant Code des communications électroniques”, a souligné Mouhamadou Lamine Badji, secrétaire général du Syndicat des Travailleurs de Sonatel (Syts).

Il explique que les acteurs du secteur bénéficient, soit d’une licence, soit d’une autorisation ou d’une déclaration. Le syndicaliste renseigne qu’avant 2017, les FAI étaient soumis à un régime de licence. Mais, à partir de 2017, le législateur a opéré un assouplissement, a allégé le coût de leur licence à 100 millions de francs CFA et les a placés sous un régime d’autorisation.

“Les FAI au Sénégal, c’est Arc, Waaw et Ayo. Ils dépendent tous des opérateurs. Ils n’ont pas d’infrastructures propres, alors que Starlink a sa propre infrastructure et peut adresser la même échelle que les opérateurs. Le fait de vouloir étendre ce régime-là à Starlink n’est rien d’autre qu’un manque de vision stratégique pour l’État du Sénégal et un manque de patriotisme”, déclare M. Badji.

Lui et ses camarades ne sont pas d’accord avec le ministre qui assure que tout ce qui a été fait dans ce dossier, a été conforme à la législation en la matière. Pour lui, “l’Etat du Sénégal vient de commettre un crime économique en ne réclamant pas un ticket d’entrée qui devait être de 30 milliards de francs CFA”.

“C’est pourquoi nous réclamons à l’état du Sénégal une réforme du code des communications électroniques pour l’adapter à la réalité des opérateurs satellitaires, ce qui n’est pas encore le cas. Et en deuxième lieu, de réclamer à Starlink 30 milliards de francs CFA au titre de son ticket d’entrée”, dit-il.

Pour M. Badji, il y a aussi une question d’équité qui se pose sur ce dossier. Il rappelle que Sonatel a payé 100 milliards pour sa 4G et le renouvellement de sa concession, puis 34,5 milliards de FCFA pour la 5G. Yas avait payé pour sa 4G le montant de 27 milliards et 13,5 milliards pour la 5G. Expresso avait payé 5 milliards pour sa 5G. Donc, les syndicalistes estiment que Starlink doit être soumis au même régime imposé aux opérateurs.

Quant à la thèse de l’introduction de Starlink pour aider à assurer une connectivité universelle, elle “est sans fondement” indique la coordination des syndicats des opérateurs de télécoms. Elle déclare que s’il existe des zones blanches aujourd’hui au Sénégal, c’est parce que l’Etat, après avoir collecté plus de 200 milliards de FCFA des opérateurs pour, entre autres, la connectivité universelle, les a détournés vers d’autres objectifs différents de la couverture des zones blanches.

“En outre, il va falloir que l’Etat nous dise comment les kits et les abonnements de Starlink, qui coûtent plus chers que les offres des opérateurs, assureront-t-ils la couverture des zones blanches où les populations ont pour la plupart de maigres ressources ? A-t-il été question dans le cahier des charges de Starlink de le restreindre à la couverture des seules zones blanches ?”, demandent la coordination des propos rapportés par SeneWeb.

(Source : La Vie sénégalaise , 20 février 2026)

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