OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2012 > Août > Sonatel, un géant trop encombrant

Sonatel, un géant trop encombrant

lundi 6 août 2012

Sonatel/Orange

En quinze ans, la filiale de France Télécom est devenue un fleuron ouest-africain. Mais, au Sénégal, des voix s’élèvent pour dénoncer une position dominante devenue un obstacle à l’essor de l’économie numérique.

Directeur général de Sonatel, Cheikh Tidiane Mbaye est indissociable de la réussite de l’opérateur historique sénégalais. Depuis sa nomination en 1988, il a complètement transformé ce qui n’était alors qu’une administration pléthorique et mal organisée pour en faire un des fleurons de l’économie nationale.

En 2011, le général et ses troupes ont réalisé un chiffre d’affaires de 635 milliards de F CFA (968 millions d’euros), totalisant plus de 15 millions d’abonnés pour sa branche mobile au Sénégal, au Mali, en Guinée et en Guinée-Bissau. Coté à la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), à Abidjan, le groupe représente à lui seul 35 % de la capitalisation de la Place. « Quand le cours de Sonatel bouge, c’est toute la Bourse qui suit », confirme Patrice N’zi, responsable de la recherche au sein de la société d’intermédiation Bici Bourse, filiale de BNP Paribas.

C’est donc avec le sentiment du devoir largement accompli que Cheikh Tidiane Mbaye, 55 ans, va passer la main d’ici à la fin de l’année. Sa présence à la tête de Sonatel n’était d’ailleurs plus vraiment souhaitable depuis que son frère aîné, Abdoul, a été nommé Premier ministre, début avril.

Locomotive. L’opérateur, premier contributeur au budget du Sénégal (10 %), reste en effet fortement lié aux intérêts du gouvernement. En 2011, selon Aboubacar Sadikh Diop, directeur financier, le groupe aurait versé 39 milliards de F CFA au titre des dividendes dus à l’État, toujours détenteur de 27 % de son capital. En y ajoutant impôts, taxes, redevances et droits de douane, la somme versée au Trésor atteint 188 milliards de F CFA. Sur le plan national, Sonatel est aussi une véritable locomotive. « D’après une étude récente, notre activité représente 10 % du PIB », affirme Aboubacar Sadikh Diop.

Au-delà du talent de son patron, la réussite de Sonatel est surtout le résultat d’un schéma de privatisation intelligent où l’intensité de la concurrence a toujours été savamment dosée. Si l’entreprise, privatisée en 1997 au profit de France Télécom (42 % du capital), est dès le départ en compétition avec l’opérateur mobile Tigo, elle garde un monopole sur la passerelle internationale (permettant aux communications d’entrer au Sénégal et d’en sortir) et sur la téléphonie fixe jusqu’à l’arrivée en 2009 d’Expresso, filiale de Sudatel. « Au début, l’État ne voulait sans doute pas d’une bataille stérile et coûteuse pour Sonatel », estime François Dasilva, directeur des études, de la planification et de la législation au ministère des Télécoms.

Stratégie payante pour l’opérateur historique, qui depuis n’a cessé d’asseoir sa domination. Au premier semestre, sa part de clientèle au Sénégal en téléphonie mobile atteignait 64 %, en hausse de quatre points sur un an. Un record, loin devant Maroc Télécom, autre opérateur historique ayant réussi sa privatisation, qui sur ses terres voit par exemple sa part du gâteau, de 47 % actuellement, inexorablement grignotée.

Que des miettes. Pour un nombre croissant d’entreprises sénégalaises, ce leadership, loin d’être positif, est aujourd’hui un obstacle au développement des technologies de l’information et de la communication (TIC). Au point que certains patrons parlent désormais d’élaborer un plan anti-Sonatel. « Téléphonie mobile, téléphonie fixe, internet, télévision par internet, conception de logiciels, de sites internet, de services informatiques, gestion d’infrastructures... Son hégémonie ne laisse que des miettes aux PME du secteur, regrette un patron. Au milieu des années 2000, on comptait presque une dizaine de fournisseurs d’accès à internet. Aujourd’hui, seule la société ARC a résisté, et encore, parce qu’elle a su se diversifier. »

Même ras-le-bol du côté des centres d’appels, victimes du monopole de Sonatel en matière d’infrastructures et de connectivité internationale. « Les lignes spécialisées indispensables aux centres d’appels sont 300 % plus chères qu’au Maghreb, déplore Algor Bocoum, directeur général de TRG Sénégal, filiale de l’américain The Resource Group. En plus, l’absence d’alternative nous exclut de certains contrats, car les clients exigent une liaison de secours pour assurer la continuité du service. »

« Le problème, ce n’est pas Sonatel, mais l’absence d’une véritable régulation », réagit pour sa part Daniel Annerose, fondateur de Manobi, une start-up spécialisée notamment dans les services web à destination du secteur agricole. « Le nouveau code des télécoms, approuvé en février 2011, prévoit un certain nombre de mesures très importantes pour l’encadrement du secteur [dégroupage de la boucle locale, création d’un statut d’opérateur d’infrastructures, NDLR], mais les décrets d’application se font toujours attendre », regrette enfin Antoine Ngom, président de l’Organisation des professionnels des TIC (Optic), qui fédère une quarantaine d’entreprises.

Pour François Dasilva, « rien ne justifie cependant de limiter le champ d’action de Sonatel ». Même s’il reconnaît qu’Expresso s’est plaint, peu après son lancement, des tarifs pratiqués par l’opérateur historique pour donner accès à son réseau. Ce dernier avait d’ailleurs par la suite baissé ses prix de 26 %. « Pour la portabilité et le dégroupage de la boucle locale, nous ne pouvons rien faire si les concurrents n’en font pas la demande », ajoute le haut fonctionnaire.

Reproches. Reste que l’hégémonie de Sonatel gêne bien plus que les seuls opérateurs télécoms. « En restreignant l’accès à ses plateformes informatiques, le groupe empêche les acteurs des TIC de proposer leurs services à une grande part des utilisateurs de mobile au Sénégal », explique Alassane Blaise Diagne, directeur général de Blaise Electronics. Une situation rencontrée par plusieurs sociétés que Jeune Afrique a pu contacter. « Sonatel devrait davantage faire appel aux prestataires locaux », estime pour sa part Serigne Barro, fondateur de People Input, fournisseur de services web et mobile et partenaire de l’opérateur historique. « On nous reproche [...] de ne pas soutenir suffisamment les PME du secteur des TIC, mais cela devrait changer », reconnaissait récemment Cheikh Tidiane Mbaye, conscient de l’énorme attente suscitée, dans une interview au magazine sénégalais Réussir. Sonatel revendique déjà 18 partenaires locaux pour l’élaboration de services destinés à ses clients mobile, partenaires auxquels il reverse la quasi-intégralité des revenus ainsi générés.

Du côté des intégrateurs (qui réalisent les systèmes d’information des entreprises), on ne croit plus aux promesses du leader des télécoms. « Au lieu d’être une locomotive, Sonatel cherche à prendre tous les marchés, y compris les plus petits, alors qu’à l’international des contrats de 10 millions ou 15 millions de dollars [8 millions ou 12 millions d’euros] lui échappent », déplore Mamadou Thiam, fondateur de la société Nedge PS. Une volonté hégémonique d’autant plus étonnante que Sonatel Business Solutions, la filiale chargée de ce marché, représente seulement 1,5 % du chiffre d’affaires du groupe au Sénégal.

Image ternie. Plus inquiétant encore, certains intégrateurs se plaignent d’être victimes de pratiques anticoncurrentielles, également confirmées à Jeune Afrique par plusieurs directeurs informatiques de sociétés clientes de Sonatel. Une situation dont l’état-major de l’opérateur a d’ailleurs été informé par les membres de l’Optic en octobre 2010. Pas véritablement satisfaites par les mesures prises pour changer la donne, les entreprises concernées devraient de nouveau ouvrir le dossier de l’environnement concurrentiel des TIC à l’occasion de la publication, fin août, d’un rapport sur l’économie numérique. Un dossier qui pourrait ternir l’image d’un des plus beaux groupes sénégalais, au moment où l’artisan de sa réussite s’apprête à passer le relais.

Julien Clémençot

(Source : Jeune Afrique, 6 août 2012)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4417/5167 Régulation des télécoms
  • 364/5167 Télécentres/Cybercentres
  • 3606/5167 Economie numérique
  • 1768/5167 Politique nationale
  • 5104/5167 Fintech
  • 539/5167 Noms de domaine
  • 2374/5167 Produits et services
  • 1524/5167 Faits divers/Contentieux
  • 767/5167 Nouveau site web
  • 5167/5167 Infrastructures
  • 1761/5167 TIC pour l’éducation
  • 190/5167 Recherche
  • 258/5167 Projet
  • 3440/5167 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1916/5167 Sonatel/Orange
  • 1655/5167 Licences de télécommunications
  • 291/5167 Sudatel/Expresso
  • 1457/5167 Régulation des médias
  • 1313/5167 Applications
  • 1153/5167 Mouvements sociaux
  • 1721/5167 Données personnelles
  • 131/5167 Big Data/Données ouvertes
  • 613/5167 Mouvement consumériste
  • 366/5167 Médias
  • 664/5167 Appels internationaux entrants
  • 1749/5167 Formation
  • 96/5167 Logiciel libre
  • 2108/5167 Politiques africaines
  • 1116/5167 Fiscalité
  • 171/5167 Art et culture
  • 600/5167 Genre
  • 1744/5167 Point de vue
  • 1037/5167 Commerce électronique
  • 1501/5167 Manifestation
  • 331/5167 Presse en ligne
  • 127/5167 Piratage
  • 213/5167 Téléservices
  • 924/5167 Biométrie/Identité numérique
  • 318/5167 Environnement/Santé
  • 399/5167 Législation/Réglementation
  • 358/5167 Gouvernance
  • 1831/5167 Portrait/Entretien
  • 147/5167 Radio
  • 796/5167 TIC pour la santé
  • 283/5167 Propriété intellectuelle
  • 58/5167 Langues/Localisation
  • 1403/5167 Médias/Réseaux sociaux
  • 2127/5167 Téléphonie
  • 195/5167 Désengagement de l’Etat
  • 1083/5167 Internet
  • 116/5167 Collectivités locales
  • 454/5167 Dédouanement électronique
  • 1128/5167 Usages et comportements
  • 1069/5167 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 567/5167 Audiovisuel
  • 3356/5167 Transformation digitale
  • 392/5167 Affaire Global Voice
  • 200/5167 Géomatique/Géolocalisation
  • 325/5167 Service universel
  • 679/5167 Sentel/Tigo
  • 184/5167 Vie politique
  • 1583/5167 Distinction/Nomination
  • 34/5167 Handicapés
  • 711/5167 Enseignement à distance
  • 782/5167 Contenus numériques
  • 596/5167 Gestion de l’ARTP
  • 180/5167 Radios communautaires
  • 1768/5167 Qualité de service
  • 440/5167 Privatisation/Libéralisation
  • 138/5167 SMSI
  • 538/5167 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2742/5167 Innovation/Entreprenariat
  • 1371/5167 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 50/5167 Internet des objets
  • 170/5167 Free Sénégal
  • 751/5167 Intelligence artificielle
  • 205/5167 Editorial
  • 2/5167 Gaming/Jeux vidéos
  • 26/5167 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous