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SONATEL : Pourquoi avoir privatisé une société aussi performante tant sur le plan technique que financier ?

vendredi 13 mai 2016

Politique nationale

C’est en 1985 que la séparation de la poste et des Télécommunications s’est opérée pour créer la SONATEL qui est le produit de la partie Télécom de l’ex-OPT et Télésénégal. Ainsi, par cette opération de séparation de la poste et des Télécommunications, le Sénégal était en avance sur la France qui l’a opéré en 1990 et le Maroc en 1999.

Entre 1986 et 1990, on assiste à un déploiement d’un réseau téléphonique sur tout le territoire national, avant l’introduction de la fibre optique dans nos réseaux en 1990. S’ensuivent le lancement de Senpac (Réseau de transmission de données par packets) en 1994, celui d’internet en 1995 et celui du GSM (le téléphone mobile) en 1996.

Sur le plan des indicateurs de performance managériale et technique, Sonatel était perçue comme une entreprise publique avec un management de type privé qui a une bonne santé financière, une entreprise non endettée avec 1600 emplois permanents. Elle gardait ainsi le meilleur réseau du continent en Afrique à part celui de l’Afrique du Sud, un réseau fixe, mobile et internet déjà sans France Télécom (FT). Avec également une connexion à 4 câbles sous-marins internationaux et plus de 1000 km de fibres optiques nationales.

Ainsi, la question à laquelle on trouve difficilement une réponse est : pourquoi alors privatiser une société aussi performante tant sur le plan technique que financier ? En tout état de cause, l’ouverture du capital de Sonatel en 1997 avait ses objectifs. Il convient de souligner en effet que les bailleurs sommaient nos Etats à privatiser et libéraliser le secteur et à trouver un partenaire stratégique, détenant une minorité de blocage dans le capital, d’où la participation initiale de FT qui était de 33,33%. Aussi, acquérir des filiales dans la sous-région faisait partie des objectifs. Car si la Sonatel n’était pas privatisée, aucun Etat n’accepterait de confier son réseau à une société publique d’un autre pays.

Donc, pour répondre à cette exigence de croissance externe et de préservation de l’outil Sonatel, la configuration initiale FT avec une minorité de blocage de 33,33% ainsi que l’Etat du Sénégal 33,33%, 10% aux travailleurs et les 23.33% autres restant détenues majoritairement par des privés sénégalais donnait un avantage certain à l’Etat du Sénégal pour le contrôle de l’Entreprise en plus des clauses qu’il a mis dans la convention de concession avec France-télécom. Bref, exporter l’expertise de Sonatel dans la sous-région.

C’est après la privatisation qu’on a assisté, en 1997, à l’ouverture du capital, partenariat avec FT. Et l’année suivante, c’est-à-dire en 1998, l’Etat du Sénégal, sous le poids, vend en catimini 9% de ses actions à FT désarticulant l’équilibre initial FT à 42% des parts, l’Etat 27% et jusque-là FT n’a pas la majorité et la somme des parts sénégalaises donne un avantage certain à l’Etat en plus de la convention de concession. En 2001, Sentoo est lancé et en 2002, on crée Ikatel, filiale malienne de Sonatel rebaptisée maintenant Orange Mali. La même année, on procède au déploiement du câble sous-marin SAT3, avant que la marque Orange ne soit adaptée en 2006. Le lancement d’Orange Guinée Conakry et Bissau, filiales de Sonatel, sera effectif en 2007.

Diagna maana

(source : Sénégal Direct, 13 mai 2016)

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