OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2018 > Avril 2018 > Sonatel (Orange) : « Un Etat dans l’Etat » ?

Sonatel (Orange) : « Un Etat dans l’Etat » ?

jeudi 19 avril 2018

Sonatel/Orange

Au Sénégal, qui s’est doté il y a deux ans d’un plan ambitieux « Sénégal numérique 2016-2025 » (SN 2025), le poids monopolistique de l’opérateur télécoms historique – Sonatel (alias Orange et l’Etat sénégalais) – pose problème en termes de risques d’abus – potentiels ou avérés – de position dominante.

« Le pouvoir de l’opérateur historique Sonatel d’influencer les décisions du régulateur et de repousser indéfiniment, ou minimiser les obligations qui devraient lui être imposées au titre de sa puissance sur l’ensemble des marchés, reste manifeste », constate Katia Duhamel. Aux dires de spécialistes des télécoms sénégalaises, ce secteur est complètement monopolisé par l’opérateur historique qu’est la Sonatel – « Un Etat dans l’Etat », disent certains. Orange, l’opérateur télécoms français, en est l’actionnaire de référence à hauteur de 42,33 % du capital et en a le contrôle du comité stratégique, et est de ce fait très influent auprès du conseil d’administration de Sonatel.

« Au Sénégal, c’est la Sonatel et le désert ! », ironise un observateur. Sonatel, qui s’octroie la part du lion avec plus de 52 % de parts de marché, contre 26 % pour Tigo et 22 % pour Expresso – a vu en 2016 le renouvellement de sa concession pour l’exploitation de ses réseaux au Sénégal pour une durée de dix-sept ans et a acquis des fréquences 4G. Les concurrents mobiles n’ont jamais pu sérieusement rivaliser avec Sonatel. L’un d’entre eux fut Millicom qui opérant sous la marque Tigo, lequel a été cédé il y a un an au spécialiste du transfert d’argent en ligne Wari.

Mais celui-ci se retrouve actuellement dans un imbroglio quant à cette acquisition que Milicom – malgré un contrat de vente signé le 2 février 2017 et un décret présidentiel du 1er août de la même année approuvant la cession à Wari de la licence de téléphonie opérée par Tigo – a finalement dénoncé cet accord pour se tourner vers un consortium acquéreur contrôlé par Yerim Sow, (un riche homme d’affaires sénégalais), Xavier Niel (dirigeant fondateur de Free en France) et de Sofima (groupe Axian de la famille malgache Hiridjee).

Le différend est actuellement devant la justice. L’autre concurrent de Sonatel est le soudanais Sudatel qui opère l’opérateur Expresso, mais qui rencontre des difficultés sur un marché concurrentiel perfectible. Au total, le secteur des télécoms au Sénégal, avec des tarifs plutôt élevés par rapport à la sous-région, une faible connectivité de la population et une couverture du territoire insuffisante. Mais il y a un gros potentiel de développement et d’amélioration au Sénégal. En outre, au pays de la Teranga (hospitalité en wolof), les prix des licences (notamment 4G) et les taxes diverses (au profit de l’Etat) tendent à pénaliser les investissements des concurrents.

Quant aux infrastructures de fibre optique que gère l’Agence de l’informatique de l’Etat (ADIE) pour ce dernier, elles ne sont pas ouvertes de façon transparente et non discriminatoire au secteur privé alors qu’elles excédent largement les besoins de l’administration. C’est le cas aussi pour celles de la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec).

Mais une révision du cadre institutionnel et juridique est en cours, avec en vue un code de télécoms réformé. Pour autant, un observateur déplore : « En Côte d’Ivoire, plusieurs réformes ont été menées et plusieurs lois adoptées. Ce qui n’a pas été le cas au Sénégal où les textes législatifs et réglementaires sont devenus très ‘vieillot’ et souffrent de lacunes très significatives, notamment en matière de régulation des télécoms où les régimes d’autorisations restent très cloisonnés (licences quels que soient les réseaux ouverts au public, même sans qu’il y ait de ressources rares, appels d’offres systématiques, etc.). Tout cela est petit peu dépassé ».

A cela s’ajoutent au Sénégal un manque sur les nouveaux usages de fréquences, comme sur ceux utilisant des fréquences non exclusives tels que l’Internet des objets (IoT), ainsi que l’absence de textes pertinents sur le commerce électronique, la certification/authentification (preuve en ligne), ou encore la cybersécurité. Il y a donc un sérieux « gap » réglementaire en défaveur du Sénégal. La Côte d’Ivoire s’en sort un peu mieux que le Sénégal, même si les contextes respectifs dans ces deux pays sont comparables. « Nous avons plus besoin de renforcer nos synergies d’actions dans le cadre d’une stratégie digitale ouest africaine que de ‘transposabilité’ d’un modèle par rapport à un autre. Le défi est de partager nos recettes dans l’action pour consolider nos écosystèmes numériques régionaux », considère pour sa part le président du GOTIC.

Les deux pays-phare de l’Ouest africain se sont lancés quasiment en même temps – en 1998 et 1999 – dans la privatisation de leur opérateur télécoms historique respectif, Sonatel et Côte d’Ivoire Télécom, et les deux avec Orange comme actionnaire pour l’un et comme propriétaire pour l’autre. Or le résultat concurrentiel est assez différent finalement entre ces deux pays même si la Côte d’Ivoire revient de loin.

Par ailleurs, le Sénégal n’a pas su pleinement tirer profit de son avance sur les autres pays. En 2000, les premiers câbles sous-marins (Atlantis2, SAT3) ont été d’abord lancés au Sénégal. Et tandis que le Sénégal ouvrait progressivement ses premiers accès à la fibre optique, la Côte d’Ivoire sombrait, elle, dans une guerre politico-militaire sans précédent. Malgré, ces années de conflit qui s’en sont suivies, la Côte d’Ivoire a su rebondir et se positionner parmi les leaders de la sous-région.

Charles de Laubier

(Source : CIO Mag, 19 avril 2018)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4490/5235 Régulation des télécoms
  • 348/5235 Télécentres/Cybercentres
  • 3485/5235 Economie numérique
  • 2451/5235 Politique nationale
  • 5235/5235 Fintech
  • 518/5235 Noms de domaine
  • 2238/5235 Produits et services
  • 1459/5235 Faits divers/Contentieux
  • 861/5235 Nouveau site web
  • 5036/5235 Infrastructures
  • 1681/5235 TIC pour l’éducation
  • 187/5235 Recherche
  • 243/5235 Projet
  • 3580/5235 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1839/5235 Sonatel/Orange
  • 1589/5235 Licences de télécommunications
  • 276/5235 Sudatel/Expresso
  • 1007/5235 Régulation des médias
  • 1336/5235 Applications
  • 1053/5235 Mouvements sociaux
  • 1687/5235 Données personnelles
  • 128/5235 Big Data/Données ouvertes
  • 594/5235 Mouvement consumériste
  • 361/5235 Médias
  • 645/5235 Appels internationaux entrants
  • 1656/5235 Formation
  • 158/5235 Logiciel libre
  • 2488/5235 Politiques africaines
  • 1114/5235 Fiscalité
  • 166/5235 Art et culture
  • 579/5235 Genre
  • 1682/5235 Point de vue
  • 1112/5235 Commerce électronique
  • 1464/5235 Manifestation
  • 319/5235 Presse en ligne
  • 124/5235 Piratage
  • 204/5235 Téléservices
  • 984/5235 Biométrie/Identité numérique
  • 306/5235 Environnement/Santé
  • 336/5235 Législation/Réglementation
  • 525/5235 Gouvernance
  • 1798/5235 Portrait/Entretien
  • 146/5235 Radio
  • 798/5235 TIC pour la santé
  • 363/5235 Propriété intellectuelle
  • 58/5235 Langues/Localisation
  • 1053/5235 Médias/Réseaux sociaux
  • 1927/5235 Téléphonie
  • 191/5235 Désengagement de l’Etat
  • 1013/5235 Internet
  • 114/5235 Collectivités locales
  • 460/5235 Dédouanement électronique
  • 1249/5235 Usages et comportements
  • 1034/5235 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 551/5235 Audiovisuel
  • 3917/5235 Transformation digitale
  • 388/5235 Affaire Global Voice
  • 157/5235 Géomatique/Géolocalisation
  • 312/5235 Service universel
  • 663/5235 Sentel/Tigo
  • 176/5235 Vie politique
  • 1522/5235 Distinction/Nomination
  • 37/5235 Handicapés
  • 690/5235 Enseignement à distance
  • 686/5235 Contenus numériques
  • 588/5235 Gestion de l’ARTP
  • 189/5235 Radios communautaires
  • 1762/5235 Qualité de service
  • 431/5235 Privatisation/Libéralisation
  • 132/5235 SMSI
  • 465/5235 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2763/5235 Innovation/Entreprenariat
  • 1345/5235 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 46/5235 Internet des objets
  • 171/5235 Free Sénégal
  • 773/5235 Intelligence artificielle
  • 196/5235 Editorial
  • 2/5235 Gaming/Jeux vidéos
  • 24/5235 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous