Sonatel active 2Africa, le plus vaste câble sous-marin jamais déployé autour de l’Afrique
dimanche 22 février 2026
Sonatel a annoncé la mise en service opérationnelle au Sénégal du câble sous-marin 2Africa, présenté comme l’infrastructure de connectivité internationale la plus étendue et la plus performante jamais déployée autour de l’Afrique.
Lancé en 2020 et progressivement activé depuis décembre 2025, le projet marque une étape structurante pour la capacité Internet du Sénégal et, au-delà, pour l’intégration numérique de la sous-région ouest-africaine dans les flux mondiaux de données.
Une dorsale numérique de 45 000 kilomètres
Long de 45 000 kilomètres, 2Africa relie 33 pays, dont 23 en Afrique, et s’étend sur trois continents — Afrique, Europe et Asie. Le système est doté de 16 paires de fibres optiques, contre 2 à 8 pour les générations précédentes de câbles, avec une capacité nominale annoncée de 180 térabits par seconde, soit environ dix fois celle de plusieurs infrastructures plus anciennes.
Les câbles sous-marins transportent plus de 95% du trafic mondial de données. Dans un contexte de croissance rapide de la consommation Internet — portée par la vidéo en ligne, le cloud computing et les services financiers numériques — l’augmentation des capacités et de la résilience des réseaux est devenue un enjeu stratégique pour les États comme pour les opérateurs.
Selon Sonatel, l’activation de 2Africa permettra d’accroître significativement la bande passante internationale disponible au Sénégal, d’améliorer la latence et de renforcer la continuité de service, notamment en cas d’incident sur d’autres axes de connectivité.
Un modèle de consortium et d’accès ouvert
Le projet repose sur un consortium international réunissant des opérateurs télécoms, des fournisseurs d’accès et des acteurs majeurs du numérique, parmi lesquels Meta, Orange, China Mobile International, Bayobab, center3, Telecom Egypt, Vodafone et WIOCC.
Le modèle dit “open access” adopté par 2Africa vise à garantir un accès non discriminatoire à la capacité du câble. Les stations d’atterrissement sont conçues comme “carrier neutral”, permettant à différents opérateurs d’y accéder sans exclusivité. Cette architecture ouverte est présentée comme un levier pour stimuler la concurrence, réduire les coûts de transit international et accélérer la démocratisation du haut débit fixe et mobile.
Au Sénégal, Sonatel, filiale du groupe Orange agit comme maître d’ouvrage de la station d’atterrissement, en charge de la construction, de l’exploitation du backhaul terrestre associé et de la gestion des opérations techniques d’acheminement du trafic international.
Le tracé du câble relie le Royaume-Uni aux côtes nord de l’Afrique, descend le long de la façade ouest jusqu’en Afrique du Sud, remonte vers la Corne de l’Afrique et l’Égypte, avant de poursuivre vers le Moyen-Orient et l’Inde. Cette boucle circumafricaine constitue une alternative stratégique aux routes traditionnelles, renforçant la redondance des échanges numériques entre l’Afrique et le reste du monde.
Pour le Sénégal, pays qui ambitionne de se positionner comme hub numérique régional, la mise en service de 2Africa intervient dans un contexte d’accélération des usages digitaux et de montée en puissance des services à forte intensité de données.
L’enjeu, au-delà de l’augmentation de capacité, sera désormais de transformer cet avantage infrastructurel en levier de compétitivité économique et d’inclusion numérique.
(Source : Social Net Link, 22 février 2026)
OSIRIS