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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2010 > Septembre > Seydina Aliou Mbow, Administrateur de la page Sénégal sur Facebook : « Je (…)

Seydina Aliou Mbow, Administrateur de la page Sénégal sur Facebook : « Je reçois des appels du pied visant à instrumentaliser la page à des fins politiciennes... »

jeudi 23 septembre 2010

Médias/Réseaux sociaux

L’assurance étonne. Le calme et la lucidité séduisent. L’œuvre flirte avec l’unanimité. Seydina Aliou Mbow, 24 ans, a réussi en moins d’un an à fédérer plus de 50 000 internautes autour d’un idéal : le Sénégal virtuel. Son bébé qu’il a conçu seul, sur la toile, juste pour le fun. Aujourd’hui, la page Facebook est la plus courue de nos compatriotes d’ici et de la diaspora et enregistre en moyenne plus de 5000 nouvelles adhésions par mois. Au point de faire l’objet d’une cour assidue de la part des politiciens qui espèrent surfer sur la vague du succès de la page la plus sénégalaise de la toile. Débats houleux, expression culturelle aboutie, élection miss devant un jury populaire, commentaires, anecdotes et contes hilarants, « Senegal » nous compte le succès et les déboires qui font sa réussite. Découverte.

M. Mbow, vous êtes administrateur de la page Sénégal sur le réseau social Facebook. Présentez-vous à nos lecteurs.

Je m’appelle Seydina Aliou Mbow. Je suis âgé de 24 ans et étudiant en Master de Banque - Finances. Parallèlement, je suis webmaster et administrateur de la page Sénégal sur Facebook.

Pouvez-nous faire la genèse de cette page qui réunit aujourd’hui près de 50 000 compatriotes ?

La page Sénégal est un réseau spécifiquement sénégalais dans un autre réseau social à savoir Facebook qui est l’un des sites Internet les plus visités au monde. Je l’ai créée en novembre 2009 et depuis, malgré les difficultés, elle ne cesse de gagner en notoriété. De jour en jour, le nombre d’adhérents ne cesse de croître.

D’où vous est venue l’idée de créer cette page ?

Elle m’est venue juste comme ça. Je me suis rendu compte de l’impact qu’ont les réseaux, surtout Facebook, à travers le monde. J’ai pensé que Facebook pourrait être un miroir pour « vendre » l’image de notre pays et nous regrouper autour de débats importants.

Quels sont les objectifs visés à travers sa création ? Quelle en est votre ambition personnelle ?

L’objectif principal est de regrouper la majorité des internautes sénégalais dans une communauté en ligne pour échanger, débattre des thèmes qui préoccupent notre pays, nouer des liens mais aussi permettre aux Sénégalais de l’extérieur de baigner dans une ambiance entièrement sénégalaise pour oublier le mal du pays. Personnellement, je n’ai aucune ambition concernant la page, même si je reconnais qu’elle m’a ouvert beaucoup d’horizons, notamment avec les personnes que j’ai connues ainsi que les relations professionnelles acquises.

En gérant seul la page vous ne vous exposez pas à une certaine partialité, notamment à travers des critères subjectifs de choix proposés aux intervenants ?

Effectivement, je la gère seul et j’essaie d’être le plus impartial possible mais c’est vrai que quelquefois, je suis sujet à des critiques pour certains choix. Malheureusement, dans certaines situations, on ne peut pas satisfaire tout le monde.

Comment arrivez-vous à associer tout cela à votre vie privée et professionnelle ?

La page est devenue partie intégrante de ma vie car j’y passe la majeure partie de mon temps afin de l’animer mais j’essaye de mettre en retrait ma vie privée, même si c’est difficile. Le fardeau devient de plus en plus lourd à porter. Le taux de participation progresse de façon tellement rapide qu’il m’est difficile de canaliser certaines réactions négatives.

Il arrive souvent, à travers des forums de ce genre sur la toile, que des débordements soient notés, des insultes proférées à cause d’avis divergents. Il y en a eu aussi sur la page Sénégal, provoquant parfois le dégoût de ceux qui veulent discuter sans heurts. Pourquoi, dans ces cas, on ne sent pas une véritable modération ?

Comme je vous l’ai déjà dit, la page connaît une fréquentation de plus en plus élevée et ce qui fait sa force d’ailleurs c’est la participation active des membres. Dans ce cas de figure, il devient difficile de contrôler tous les commentaires et de modérer. C’est pourquoi d’ailleurs j’envisage de nommer des modérateurs afin d’éviter les insultes et commentaires xénophobes qui gâchent l’ambiance.

Ne craignez-vous pas que l’aspect ludique l’emporte sur des questions importantes concernant la vie du pays ?

Même si je propose souvent des sujets ludiques tels que des concours, des contes, des charades et autres pour mettre en avant notre culture, je n’oublie pas de proposer des thèmes politiques, sociaux, sportifs, etc. Le succès de la page Sénégal vient du bien-être que les membres ont en la fréquentant. Par conséquent, je ne peux enlever cet aspect ludique au risque de la dénaturer.

N’y a-t-il pas un risque que vous mélangiez vos intérêts à ceux de la communauté virtuelle qui compose la page ? Il vous a par exemple été reproché de brandir votre préférence pour Modou Lô face à Baye Mandione par exemple, ou encore d’avoir mis en profil la photo d’Abdoulaye Wade...

Comme tout être humain, je suis sujet à des erreurs. « Nit ku dul juum amul. » (Il arrive à tout le monde de se tromper). C’était un écart de ma part et j’ai retenu la leçon. Désormais, je fais de mon mieux pour ne pas manifester une quelconque préférence.

Prenez-vous conscience qu’à moins de deux ans des prochaines élections, la page pourrait être un instrument à la disposition des hommes politiques qui pourraient vouloir en profiter en l’utilisant comme un canal. Le cas échéant, comment comptez-vous vous y prendre pour éviter toute instrumentalisation à des fins politiques ?

J’en suis conscient ! J’ai déjà commencé à recevoir des sollicitations en ce sens. Je reçois des appels du pied en vue de faire de la page un instrument politique, mais je n’ai accordé aucune attention à cela. Ce qui m’importe le plus est ce qui est mieux pour mon pays. Mais je n’exclus pas de faire passer certains messages, si je sens cela nécessaire, car l’apolitisme est une forme de lâchet

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