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Serigne Cheikhouna Mbacké, fils de Serigne Bara Fallilou : L’incarnation de la modernité dans la gestion du khalifat

jeudi 7 août 2008

Nouveau site web

Fils de Serigne Mouhamadou Lamine Bara Mbacké, actuel khalife général des Mourides, Serigne Cheikhouna Mbacké est en train de mener des réformes dans la cour de son père. Mise en place d’une cellule de communication, création d’un site web, gestion du protocole du khalife. Autant de réformes engagées par ce jeune marabout qui a eu l’occasion de beaucoup voyager dans le monde.

Pour demander son domicile situé non loin de la grande mosquée de Touba, il faut dire Cheikhouna Barcelone, du nom de cette grande ville espagnole. Son long passage dans la capitale de la Catalogne lui a valu ce surnom. Fils de l’actuel khalife général des mourides, Serigne Mouhamadou Lamine Bara Mbacké Fallilou, Serigne Cheikhouna est perçu comme un réformateur dans la cour de son père. Sa grande maison peinte en vert blanc est prise d’assaut en cette veille de magal de Kazzu rajab qui célèbre la naissance de son grand père, Serigne Fallou Mbacké. A l’intérieur de la maison, les pèlerins envahissent les lieux. A l’étage, le maître des lieux reçoit quelques visiteurs. Des amis et talibés et aussi quelques journalistes venus prendre leur accréditation pour la cérémonie officielle du Kazzu rajab. Chargé de présider la Cellule de communication du khalife général des Mourides, instituée il y a quelques mois, Serigne Cheikhouna a mis sur pied un site internet essentiellement consacré aux activités du khalife général des Mourides.

Comme son nom l’indique (xilafamouridiya.com), ce site sera, selon son concepteur, Serigne Cheikhouna, l’interface entre le khalife général des Mourides et les talibés. « Comme nous avons des talibés éparpillés à travers le monde, il nous faut être au diapason des nouvelles technologies. L’internet est un puissant outil de communication indispensable dans le monde actuel. Il peut nous permettre de communiquer avec tous les talibés. Cela va nous permettre de diffuser des informations sur les activités du khalife et les ndigueul en temps réel. Ce site sera un émetteur d’informations », explique Serigne Cheikhouna. Avec la cellule de communication composée d’un coordonnateur, Abdou Khoudoss Niang (ancien directeur de la Rts), et d’un conseiller en communication, Mamadou Sèye (directeur général du Soleil), Serigne Cheikhouna est en train de mener des réformes sur la communication et sur le protocole de son père de khalife.

27 années à l’étranger

Ayant très tôt beaucoup voyagé, Serigne Cheikhouna se dit très au fait de ce qui se fait à l’extérieur et aussi très ancré dans la tradition mouride. « J’ai quitté très tôt le pays, à l’âge de 14 ans. C’était en 1980. J’étais d’abord en Arabie saoudite où j’ai fait mes études primaires, et secondaires jusqu’au Baccalauréat. Ensuite, je suis allé en Tunisie où j’ai obtenu ma maîtrise en langues. C’est en 1992 que je me suis installé en Espagne où je mène des activités professionnelles dans la communication et le transfert d’argent », raconte ce petit-fils de Serigne Fallou qui fait partie de la nouvelle génération de marabouts formés au moule occidental en plus de leur formation initiale.

Aujourd’hui, Cheikhouna veut donner un visage de modernité dans la gestion du khalifat de son père avec des réformes dans la communication et le protocole qui vont permettre aux talibés de pouvoir rencontrer le khalif et de disposer d’informations en temps réel.

« Je suis l’initiateur de beaucoup de ces réformes. Mais le travail se fait en équipe. Tous les discours sont préparés en équipe. On discute sur tout. Je ne suis pas expert dans tous les domaines, c’est pourquoi j’ai sollicité des spécialistes pour chaque travail. Après concertation, le comité se réunit, pour discuter et valider », souligne sobrement Serigne Cheikhouna.

Le monde de la communication mouride a connu un boom avec la prolifération de radios, journaux et sites internet. Quelle sera la particularité de « xilafamouridiya.com » face à cette profusion de moyens de communication tous dédiés au mouridisme ? « xilafamouridiya.com ne sera pas comme le site des autres organisations et mouvements mourides. Ce site sera pour tout le monde. C’est le site du khalifat mouride. Il n’est pas pour un groupe ou une association. Chacun doit s’y retrouver », explique Serigne Cheikhouna.

Comme toutes les réformes, celles de Cheikhouna ont commencé avec des difficultés. Mais leur initiateur affiche la même détermination. « C’est vrai que tout début est difficile, mais on commence à voir, petit à petit, les résultats », dit-il.

Agé de 42 ans et polyglotte (il parle arabe, français, anglais, espagnol et chinois), Serigne Cheikhouna Mbacké est un féru de l’informatique, comme le montrent les installations trouvées dans son salon : Ordinateur et divers matériels informatiques, en plus d’une connexion internet avec Wi fi. « Dans mes activités professionnelles, j’utilise presque à 80 % l’ordinateur. C’est pourquoi j’y suis très collé. L’ordinateur est un outil de travail pour moi », renseigne notre interlocuteur. Ayant passé 27 ans de sa vie hors du Sénégal, Serigne Cheikhouna veut rester « un peu dans son pays », pour aider son père dans ses nouvelles tâches. D’où la fréquence de ses séjours à Touba. « C’est la première fois que je reste pendant beaucoup de temps au Sénégal », souligne-t-il avant d’inviter les journalistes présents dans son salon à s’inscrire directement sur le site internet « xilafamouridiya.com » pour leur accréditation à la cérémonie officielle du Kazzu rajab.

Oumar Ndiaye

(Source : Le Soleil, 7 août 2008)

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