OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2023 > Août 2023 > Sept questions pour comprendre le Digital Services Act, qui va désormais (…)

Sept questions pour comprendre le Digital Services Act, qui va désormais encadrer les géants du web

vendredi 25 août 2023

Contenus numériques

Après le RGPD, l’Union européenne met en place une nouvelle législation pour contrôler les plateformes. On vous explique ce qui va changer.

C’est la nouvelle arme de l’Union européenne pour lutter contre la haine en ligne et la désinformation : le Digital Services Act (DSA) entre en vigueur vendredi 25 août. Quels sont les plateformes et les services concernés, qu’est-ce qui va changer pour les utilisateurs et quels sont les moyens mis en œuvre pour faire respecter la réglementation ? Franceinfo fait le point avec Marc Mossé, avocat expert du numérique et ancien directeur des affaires juridiques et publiques de Microsoft Europe.

1 Qu’est-ce que le Digital Services Act ?

Après le Règlement général sur la protection des données (RGPD), régulation européenne dont l’objectif était de protéger notre vie privée et de sécuriser les informations à notre sujet, le DSA concerne... tous les contenus que l’on peut trouver sur internet. Dans les grandes lignes, son objectif est d’éviter la propagation de ceux qui sont illicites : les propos haineux, les fake news, les ingérences dans les élections, les atteintes à la dignité humaine, aux mineurs... La publicité ciblée et les manipulations sont également concernées.

« Le DSA est une pierre angulaire des réglementations européennes sur le numérique », résume l’avocat Marc Mossé. Son objectif est de protéger les citoyens et les consommateurs, en parallèle du Digital Markets Act, qui concerne les marchés et la lutte contre les monopoles.

2 Qui est concerné par le DSA ?

À partir du vendredi 25 août, le DSA entre en vigueur pour les grandes entreprises qui réunissent plus de 45 millions d’utilisateurs mensuels dans l’Union européenne, soit environ 10% de la population. En avril, la Commission européenne a dévoilé la liste des 17 très grandes plateformes concernées : AliExpress, Amazon, Apple Appstore, Booking, Facebook, Google Play, Google Maps, Google Shopping, Instagram, LinkedIn, Pinterest, Snapchat, TikTok, Twitter, Wikipedia, YouTube et Zalando. Deux moteurs de recherche, Bing et Google, doivent aussi se soumettre à cette réglementation.

Toutes plateformes et intermédiaires (fournisseurs d’accès à internet, moteurs de recherche...) quel que soit leur nombre d’utilisateurs, seront concernées dans un second temps, à partir du 17 février 2024. Les grosses plateformes seront soumises à plus de règles que les autres.

C’est pourquoi Amazon et le site de vente privée Zalando ont décidé de contester leur appartenance à cette liste auprès de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). Ce bras de fer politico-judiciaire pourrait prendre des années. En attendant, ces deux sociétés devront se conformer comme les autres au DSA dès le 25 août.

3 Que prévoit-il ?

Avec le DSA, les utilisateurs des plateformes devront être informés du fonctionnement des algorithmes qui servent à leur proposer des contenus publicitaires. Sauf consentement explicite, les données dites « sensibles » (origine ethnique, opinions politiques, orientation sexuelle) ne doivent plus servir à présenter des publicités ciblées, qui seront totalement interdites pour les mineurs.

Il devra également être possible de signaler facilement les contenus considérés comme « illicites ». Les plateformes devront traiter rapidement les signalements, se montrer réactives pour expliquer leurs choix et répondre aux réclamations des utilisateurs qui contestent la suspension ou la résiliation de leur compte.

Par ailleurs, les plateformes commerciales comme Amazon auront l’obligation de se renseigner sur leurs vendeurs afin d’informer les consommateurs. Les plateformes trompeuses et les pratiques « visant à induire les utilisateurs en erreur » seront interdites.

Une autre innovation est la mise en place des « signaleurs de confiance », désignés par les régulateurs nationaux (en France, l’Arcom). Leurs notifications seront traitées en priorité. Il pourra par exemple s’agir du site Pharos, mis en place par le gouvernement, ou encore d’associations. Enfin, les régulateurs de chaque pays coopéreront au sein d’un « comité européen des services numériques » qui émettra des recommandations sur l’application du DSA.

4 Quelles sont les mesures qui concernent les très grandes plateformes et moteurs de recherche ?
Les grandes entreprises auront davantage d’obligations à respecter, en raison de leur influence majeure sur la vie économique et démocratique. Elles devront par exemple proposer à leurs utilisateurs un système de recommandation de contenus qui n’est pas ciblé et mettre à disposition un registre avec des informations sur les publicités présentées (par exemple, qui a parrainé l’annonce, pourquoi elle est mise en avant...).

Elles devront aussi analyser tous les ans les risques « systémiques » qu’elles génèrent (pour la sûreté d’un Etat ou les mineurs, par exemple), prendre des mesures pour les atténuer (supprimer les faux comptes ou encore faire davantage remonter des sources qui vérifient sérieusement les informations) et réaliser des audits indépendants à ce sujet. Une autre obligation est de faire preuve de plus de transparence concernant leur algorithme auprès de la Commission européenne, des Etats, et de donner l’accès aux principales données de leurs interfaces aux chercheurs qui veulent les étudier.

Enfin, la Commission européenne pourra demander aux grands acteurs une analyse des risques en cas de « crise majeure », notamment concernant la sécurité ou la santé publique, et leur imposer des « mesures d’urgence » si nécessaire, lit-on sur vie-publique.fr.

5 Le DSA peut-il être un outil de censure ?

Alors que le DSA entre en vigueur, certains internautes dénoncent une « officialisation de la censure ». Cette théorie a, entre autres, été nourrie par le fait que le Commissaire européen au marché intérieur, Thierry Breton, a annoncé pendant les émeutes qui ont suivi la mort de Nahel à Nanterre (Hauts-de-Seine) que le DSA pourrait servir à effacer des contenus « haineux » et ceux qui « appelleraient à la révolte. » Il a même ajouté que les plateformes seraient « immédiatement sanctionnées », voire que leur exploitation serait « interdite » si elles ne le font pas.

Dans les faits, le processus est un peu plus complexe. Pour suspendre une plateforme, il faudra que l’Arcom saisisse la justice française ou, dans le cas des très grandes plateformes, que la Commission européenne, s’en réfère à la CJUE. Ces juridictions seront les seules à pouvoir ordonner cette décision. En revanche, la Commission européenne sera bien en mesure d’infliger des amendes (jusqu’à 6% du chiffre d’affaires mondial de l’entreprise concernée), sans passer par l’autorité judiciaire.

Mais les plateformes pourront contester les décisions qu’elles jugent mal fondées auprès de la justice, rappelle Marc Mossé. Pour cet avocat spécialiste du numérique, on est donc plutôt face à un texte de « conciliation entre différents droits et liberté ».

6 Est-ce que les plateformes jouent le jeu ?

Selon Thierry Breton, plus de 1 000 personnes travaillent au sein de Meta (anciennement Facebook) pour se conformer aux nouvelles exigences européennes. TikTok s’est fendu d’un communiqué de presse sur ses efforts pour faciliter les signalements et va permettre de désactiver son algorithme de recommandation en Europe. En juin, Elon Musk a aussi promis que X (ex-Twitter) respectera la réglementation, sans en dire plus sur les moyens mis en œuvre.

7 Est-ce que les Etats et la Commission ont les moyens de faire respecter le DSA ?

C’est la grande question. Le chercheur au CNRS David Chavalarias a montré que les contenus climatosceptiques sont surreprésentés sur X depuis l’arrivée d’Elon Musk à sa tête. Un exemple parmi tant d’autres du chemin qu’il reste à parcourir.

L’année dernière, la Commission européenne annonçait recruter des experts pour faire appliquer la législation. En avril, elle a aussi inauguré son Centre européen pour la transparence algorithmique (ECAT), à Séville, qui vise à fournir l’expertise technique et scientifique pour veiller à ce que les très grandes plateformes et moteurs de recherche « respectent les exigences en matière de gestion des risques ».

En France, la loi portant sur la régulation de l’espace numérique sera examinée à l’Assemblée nationale en septembre, avec pour ambition, entre autres, d’adapter le droit à la réglementation européenne.

Pour Marc Mossé, le DSA « n’est pas une baguette magique qui va permettre de bannir la haine en ligne et la désinformation des réseaux sociaux du jour au lendemain ». En revanche, il s’agit selon lui d’un texte « novateur », qui « responsabilise les plateformes et permet d’établir un dialogue avec les régulateurs, le monde de la recherche universitaire et les utilisateurs ».

Gabrielle Trottmann

(Source : France Télévisions, 25 août 2023)

Fil d'actu

  • Monnaies complémentaires et possibilités en Afrique : description et essai de mise en œuvre dans le domaine de l’agroécologie Burkina NTIC (30 juillet 2026)
  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4692/5424 Régulation des télécoms
  • 420/5424 Télécentres/Cybercentres
  • 3537/5424 Economie numérique
  • 1924/5424 Politique nationale
  • 5424/5424 Fintech
  • 582/5424 Noms de domaine
  • 2064/5424 Produits et services
  • 1656/5424 Faits divers/Contentieux
  • 803/5424 Nouveau site web
  • 5273/5424 Infrastructures
  • 1873/5424 TIC pour l’éducation
  • 234/5424 Recherche
  • 306/5424 Projet
  • 3585/5424 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1900/5424 Sonatel/Orange
  • 1687/5424 Licences de télécommunications
  • 324/5424 Sudatel/Expresso
  • 1054/5424 Régulation des médias
  • 1356/5424 Applications
  • 1117/5424 Mouvements sociaux
  • 1708/5424 Données personnelles
  • 155/5424 Big Data/Données ouvertes
  • 687/5424 Mouvement consumériste
  • 418/5424 Médias
  • 893/5424 Appels internationaux entrants
  • 1695/5424 Formation
  • 143/5424 Logiciel libre
  • 2188/5424 Politiques africaines
  • 1037/5424 Fiscalité
  • 195/5424 Art et culture
  • 613/5424 Genre
  • 2101/5424 Point de vue
  • 1069/5424 Commerce électronique
  • 1581/5424 Manifestation
  • 379/5424 Presse en ligne
  • 162/5424 Piratage
  • 214/5424 Téléservices
  • 1008/5424 Biométrie/Identité numérique
  • 330/5424 Environnement/Santé
  • 396/5424 Législation/Réglementation
  • 395/5424 Gouvernance
  • 1831/5424 Portrait/Entretien
  • 145/5424 Radio
  • 794/5424 TIC pour la santé
  • 293/5424 Propriété intellectuelle
  • 74/5424 Langues/Localisation
  • 1142/5424 Médias/Réseaux sociaux
  • 2090/5424 Téléphonie
  • 192/5424 Désengagement de l’Etat
  • 1149/5424 Internet
  • 132/5424 Collectivités locales
  • 473/5424 Dédouanement électronique
  • 1242/5424 Usages et comportements
  • 1059/5424 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 595/5424 Audiovisuel
  • 3504/5424 Transformation digitale
  • 694/5424 Affaire Global Voice
  • 195/5424 Géomatique/Géolocalisation
  • 350/5424 Service universel
  • 692/5424 Sentel/Tigo
  • 180/5424 Vie politique
  • 1651/5424 Distinction/Nomination
  • 40/5424 Handicapés
  • 725/5424 Enseignement à distance
  • 734/5424 Contenus numériques
  • 605/5424 Gestion de l’ARTP
  • 184/5424 Radios communautaires
  • 1872/5424 Qualité de service
  • 462/5424 Privatisation/Libéralisation
  • 134/5424 SMSI
  • 488/5424 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2779/5424 Innovation/Entreprenariat
  • 1385/5424 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 46/5424 Internet des objets
  • 186/5424 Free Sénégal
  • 882/5424 Intelligence artificielle
  • 201/5424 Editorial
  • 14/5424 Gaming/Jeux vidéos
  • 26/5424 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous