OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2025 > Décembre 2025 > Sénégal : la taxe sur le Mobile Money, un choix audacieux aux retombées (…)

Sénégal : la taxe sur le Mobile Money, un choix audacieux aux retombées incertaines

mercredi 3 décembre 2025

Fiscalité

En imposant une taxe sur les transactions financières électroniques, le gouvernement de Bassirou Diomaye Diakhar Faye cherche de nouvelles ressources pour financer ses priorités sociales. Mais cette décision courageuse fait peser une menace directe sur un secteur qui a révolutionné l’accès aux services financiers et dynamisé l’économie informelle.

Depuis le mois d’octobre 2025, les Sénégalais paient une taxe sur les services financiers numériques. Cette mesure découle de la loi n° 2025-17 du 27 septembre 2025, modifiant la loi n° 2012-31 du 31 décembre 2012 portant Code général des Impôts. Signée par le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, la réforme agit sur deux volets.

Le premier porte sur le prélèvement à la source de 0,5 % du montant de chaque paiement reçu par les commerçants via des solutions électroniques. Ce prélèvement est effectué par les opérateurs de téléphonie mobile pour le compte de l’État. Le second, concerne les opérations de transfert d’argent, quels que soient le canal ou le support utilisés (transferts par voie électronique, services de téléphonie mobile, moyens télégraphiques, télex ou télécopie, transfert postal, paiements par cartes bancaires). Le taux est également fixé à 0,5 % par transaction, mais avec un plafond de 2000 F CFA. Ainsi, au-delà d’un certain montant, la taxe due ne progresse plus.

Le gouvernement a toutefois prévu une série d’exonérations, notamment pour les versements d’espèces sur un compte ; les retraits d’espèces inférieurs ou égaux à 20 000 F CFA sur une période de 24 heures ; les virements bancaires classiques ; les transferts de fonds au sein du réseau d’un même prestataire de services de paiement ; les virements et transferts effectués par l’État et les collectivités territoriales ; les transferts destinés au paiement de salaires ou de bourses d’études, quel que soit l’émetteur ou le bénéficiaire.

Tirer profit d’un secteur fort dynamique

Engagé dans une phase de forte tension budgétaire et confronté à une dette publique estimée à environ 118 % du PIB à la fin de 2024, l’exécutif sénégalais a justifié cette nouvelle charge fiscale par sa volonté de s’appuyer davantage sur les capacités contributives de l’économie nationale et réduire la dépendance à l’endettement extérieur et aux financements.

En combinant le prélèvement sur les paiements reçus par les marchands et la transactions financières électroniques, l’État espère capter 230 milliards de FCFA sur trois ans. Une contribution qui sera considérée comme indispensable au financement du Plan de redressement économique et social (2025-2028) inscrit dans la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation « Sénégal 2050 » et chiffré à 5 667 milliards de FCFA (environ 10 milliards de dollars). Toutefois, la nouvelle taxation fait peser un risque de ralentissement sur l’un des principaux moteurs de l’inclusion financière, de l’entrepreneuriat informel et de la fluidité des échanges économiques quotidiens dans le pays.

En 2024, le taux de pénétration démographique des services de monnaie électronique a atteint 197,83 %, contre 28,83 % en 2014. Dans le même temps, celui des services bancaires traditionnels restait très faible, à 1,20 % seulement (contre 0,96 % dix ans plus tôt), selon les données de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). La microfinance est également restée marginale, son taux de pénétration passant même de 1,40 % à 1,09 %.

De son côté, l’Association mondiale des opérateurs télécoms (GSMA) souligne qu’entre 2013 et 2023, le nombre de comptes Mobile Money enregistrés au Sénégal a plus que quintuplé, passant de 7 à 38 millions. Sur la même période, la valeur des transactions a été multipliée par 3,3, atteignant 230 millions de dollars contre 70 millions en 2019. La GSMA estime par ailleurs qu’à fin 2023, le produit intérieur brut (PIB) total du Sénégal dépassait de 6 milliards dollars ce qu’il aurait été sans le Mobile Money, ce qui représente une hausse de 26 % par rapport à l’année précédente. Sur dix ans, le PIB par habitant attribuable à cette activité a été multiplié par quinze, passant d’environ 20 à 300 dollars.

Pour les acteurs de l’écosystème de la finance numérique, le choix du gouvernement sénégalais représente un risque important, au regard du dynamisme du secteur et des leçons tirées de l’expérience d’autres pays.

Une taxe à double tranchant

En Tanzanie, où les services de mobile money ont permis l’inclusion financière d’environ 16 millions de personnes entre 2015 et 2021, l’introduction d’une taxe le 15 juillet 2021 sur les transferts et retraits d’argent mobile (à l’exception des paiements aux commerçants, aux entreprises et au gouvernement) a eu un impact immédiat. Elle a provoqué des baisses respectives de 17 % du volume et de 28 % de la valeur des transactions entre le 15 juillet et le 30 août 2021. Ce recul a contraint les autorités à réduire à trois reprises le taux d’imposition : en septembre 2021, puis en juillet et septembre 2022.

Au Ghana, le nombre d’utilisateurs actifs de mobile money avait augmenté de 16 % entre 2016 et 2019. Cependant, l’introduction en mai 2022 d’une taxe de 1,5 % (e-levy) sur les transferts, paiements et retraits effectués via les comptes d’argent mobile a entraîné une baisse sensible du volume et de la valeur des transactions, de nombreux utilisateurs étant revenus aux transactions en espèces. Cette mesure n’a par ailleurs généré qu’une hausse très marginale des recettes fiscales. Alors que le gouvernement prévoyait de collecter 7 milliards de cédis (582 millions de dollars) entre mai et juillet, le montant réel n’a finalement pas dépassé 611 millions de cédis, soit moins de 10 % de l’objectif.

Craignant des conséquences similaires qui nuiraient aux succès enregistrés au cours de la dernière décennie – le Sénégal étant perçu comme un hub de la finance numérique en Afrique francophone subsaharienne –, l’Organisation des professionnels des TIC du Sénégal (OPTIC) a averti que cette taxation entraînerait un renchérissement du coût de la vie, une perte de pouvoir d’achat, et pourrait favoriser l’exclusion des acteurs du secteur informel en les incitant à revenir aux paiements en espèces.

Par ailleurs, cette taxe entre en contradiction avec les efforts d’inclusion financière régionale initiés par la BCEAO, qui a lancé en septembre dernier une plateforme interopérable de paiement instantané (PI-SPI). Ce système permet des transferts d’argent rapides et sécurisés, 24h/24 et 7j/7, entre les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Si chaque opération devient plus coûteuse, l’adoption de ces nouveaux outils risque d’être freinée, à un moment où les intégrations commerciales et financières régionales sont pourtant vantées comme des catalyseurs essentiels du développement économique.

La prudence s’impose donc pour éviter un recul involontaire dans la dynamique numérique du pays.

(Source : Agence Ecofin, 3 décembre 2025)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 6690/6690 Régulation des télécoms
  • 522/6690 Télécentres/Cybercentres
  • 3465/6690 Economie numérique
  • 2665/6690 Politique nationale
  • 6236/6690 Fintech
  • 521/6690 Noms de domaine
  • 1987/6690 Produits et services
  • 1487/6690 Faits divers/Contentieux
  • 765/6690 Nouveau site web
  • 5105/6690 Infrastructures
  • 1968/6690 TIC pour l’éducation
  • 197/6690 Recherche
  • 275/6690 Projet
  • 3834/6690 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1998/6690 Sonatel/Orange
  • 1604/6690 Licences de télécommunications
  • 277/6690 Sudatel/Expresso
  • 1028/6690 Régulation des médias
  • 1323/6690 Applications
  • 1077/6690 Mouvements sociaux
  • 1696/6690 Données personnelles
  • 127/6690 Big Data/Données ouvertes
  • 605/6690 Mouvement consumériste
  • 382/6690 Médias
  • 644/6690 Appels internationaux entrants
  • 1874/6690 Formation
  • 100/6690 Logiciel libre
  • 2161/6690 Politiques africaines
  • 1170/6690 Fiscalité
  • 180/6690 Art et culture
  • 619/6690 Genre
  • 2484/6690 Point de vue
  • 1241/6690 Commerce électronique
  • 1581/6690 Manifestation
  • 339/6690 Presse en ligne
  • 133/6690 Piratage
  • 247/6690 Téléservices
  • 924/6690 Biométrie/Identité numérique
  • 311/6690 Environnement/Santé
  • 350/6690 Législation/Réglementation
  • 358/6690 Gouvernance
  • 1816/6690 Portrait/Entretien
  • 164/6690 Radio
  • 747/6690 TIC pour la santé
  • 285/6690 Propriété intellectuelle
  • 64/6690 Langues/Localisation
  • 1081/6690 Médias/Réseaux sociaux
  • 2395/6690 Téléphonie
  • 191/6690 Désengagement de l’Etat
  • 1041/6690 Internet
  • 116/6690 Collectivités locales
  • 435/6690 Dédouanement électronique
  • 1183/6690 Usages et comportements
  • 1037/6690 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 606/6690 Audiovisuel
  • 3358/6690 Transformation digitale
  • 386/6690 Affaire Global Voice
  • 168/6690 Géomatique/Géolocalisation
  • 388/6690 Service universel
  • 671/6690 Sentel/Tigo
  • 189/6690 Vie politique
  • 1562/6690 Distinction/Nomination
  • 38/6690 Handicapés
  • 777/6690 Enseignement à distance
  • 695/6690 Contenus numériques
  • 591/6690 Gestion de l’ARTP
  • 209/6690 Radios communautaires
  • 1908/6690 Qualité de service
  • 506/6690 Privatisation/Libéralisation
  • 182/6690 SMSI
  • 534/6690 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2871/6690 Innovation/Entreprenariat
  • 1363/6690 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 47/6690 Internet des objets
  • 172/6690 Free Sénégal
  • 599/6690 Intelligence artificielle
  • 199/6690 Editorial
  • 4/6690 Gaming/Jeux vidéos
  • 24/6690 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous