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Sénégal : la « santé digitale » en marche, mais…

mardi 2 avril 2024

TIC pour la santé

L’accès aux soins de santé de qualité est une préoccupation cruciale pour les Sénégalais. La digitalisation des dossiers médicaux, en phase pilote, pourrait y contribuer. Dans sa mise en œuvre effective, le défi de la protection des données personnelles des malades risque de se poser.

Agé d’une soixantaine d’années, Ablaye Ndiaye (nom d’emprunt) est malade du cancer de la prostate depuis 2022. Soumis à deux consultations hebdomadaires chez son médecin traitant, il est tenu de toujours s’y rendre avec une masse de documents médicaux : clichés de radiographie, résultats d’examens biologiques, ordonnances diverses, etc. « C’est très encombrant », se plaint-il. Mais il n’a pas le choix : c’est son dossier médical.

Les documents médicaux manuels ne sont pas faciles á conserver car « ils peuvent être perdus ou se détériorer », souligne notre interlocuteur. Mais ces risques pourraient bientôt n’être que de mauvais souvenirs.

Le 14 mars 2024, la ministre sénégalaise de la Santé et de l’Action sociale a lancé une phase pilote de la digitalisation avec le « dossier patient unique ». Selon Dr Marie Khémesse Ngom Ndiaye, ce nouvel outil technologique va numériser toutes les informations médicales du patient « dès son premier contact avec le système sanitaire. »

« C’est le seul dossier médical disponible pour tous les médecins appelés à prendre en charge le patient, quelles que soient leurs spécialités ou leurs lieux de prestation », a expliqué la ministre lors de la cérémonie de lancement.

Le processus de digitalisation « dossier patient unique » numérique entre dans le cadre du Plan stratégique santé digitale 2018-2023 et du Programme d’action de la numérisation du système sanitaire 2023-2027 du ministère de la Santé et de l’Action sociale du Sénégal pour faciliter l’atteinte de la Couverture maladie universelle.

Le dossier médical est « un dossier dans lequel on retrouve toutes les informations qui sont liées au patient », explique le médecin légiste, Dr Amadou Sow, dans un entretien téléphonique avec Ouestaf News.

Il s’agit d’information allant de son état clinique, examens médicaux, antécédents sanitaires jusqu’aux informations recueillies auprès de sa famille, selon Dr Sow. « Tous ces éléments sont consignés dans un dossier physique ou numérique ».

La mise en place du dossier médical numérisé est en chantier depuis plusieurs années. En février 2024, Dr Ibrahima Khaliloulah Dia, coordonnateur de la CSSDOS (Cellule de la carte sanitaire et sociale, de la santé digitale et de l’observatoire de la santé), avait affirmé que cette politique de gestion de la carte sanitaire vise deux objectifs : la satisfaction du patient et l’amélioration du système de santé au niveau national. M. Dia s’exprimait lors d’un webinaire organisé par ID4Africa sur l’identité numérique dans les soins de santé.

ID4Africa est un mouvement panafricain qui milite pour la généralisation de l’identité numérique en Afrique.

La phase de digitalisation du dossier patient numérique a déjà démarré dans six hôpitaux du Sénégal, situés aussi bien à Dakar qu’à l’intérieur du pays.

L’enregistrement des actes médicaux a déjà commencé pour certaines de ces structures. C’est le cas de l’Hôpital général Idrissa Pouye (Hogip) dans la commune de Grand-Yoff en périphérie de la banlieue dakaroise. Dans ce cet hôpital tous les éléments d’informations d’un patient sont « saisis sur ordinateur et un numéro d’index est attribué au malade », fait savoir le Dr Cheikh Seck, chirurgien kinésithérapeute, dans un entretien avec Ouestaf News.

Ce numéro unique du patient permet à un soignant d’un autre service de l’hôpital d’accéder à son dossier médical via une plateforme au sein de l’établissement sanitaire.

Le dossier patient numérique permet également au soignant de constater « les oublis importants » du malade lors de l’interrogatoire et de disposer ainsi de toutes les informations nécessaires à sa prise en charge optimale, note le Dr Cheikh Seck. Cette numérisation règle en tout ou partie la difficulté que représente « la sauvegarde des archives médicales » dans ce service très fréquenté de l’Hôpital de Grand-Yoff.

Les stratégies de numérisation conduites par la CSSDOS introduisent la technologie dans le diagnostic, le traitement, le suivi et la prévention des maladies. Ainsi sont déployées des plateformes numériques facilitant l’accès à l’information en santé et la prise de rendez-vous, explique la CSSDOS sur son site internet.

Les avantages de cette révolution digitale sont nombreux : elle permet un gain de temps réel dans la prise en charge des patients et l’accès facile aux structures sanitaires pour les populations, selon Dr Maïmouna Diop Ly, spécialisée en santé publique et nutrition, interrogée par Ouestaf News.

Le but de la digitalisation est « vraiment de réduire les inégalités et d’être inclusif » mais aussi de « diminuer les dépenses du patient » dans la prise en charge financière de son cas, explique-t-elle.

Pour la directrice santé numérique du Programme accéléré pour la santé (Path, en anglais) pour l’Afrique de l’ouest et du centre, Fatou Fall, la digitalisation fournit également d’autres avantages comme la contribution à l’équité dans l’accès aux soins de santé, en particulier « l’accès aux soins de qualité ».

« Les spécialistes ne doivent pas être localisés uniquement dans les zones urbaines. C’est en cela que le principe d’équité en termes de personnel médical doit être une réalité partout sur le territoire national », dit-elle dans un entretien téléphonique avec Ouestaf News.

Données personnelles

Signe de progrès manifeste, la digitalisation des dossiers médicaux induit aussi un recueil et un stockage d’une quantité importante de données diverses. C’est aussi là que pourrait se trouver son talon d’Achille avec les défis autour de la protection des données à caractère personnel des patients. Comment les mettre à l’abri de manipulations ?

« Nous avons déjà une loi sur la protection des données à caractère personnel mais elle n’est pas suffisante parce que le secteur de la santé a besoin de plus de protection », explique Mohamed Mahi Sy, directeur du système d’information de l’agence de la Couverture maladie universelle (CMU). C’est pourquoi il est nécessaire de mettre en place « une protection des secrets médicaux ». C’était lors du webinaire d’ID4Africa sur l’identité numérique dans les soins de santé.

Cela ne saurait tarder. Dr Maïmouna Diop Ly révèle ainsi que le ministère de la Santé et de l’Action sociale travaille sur une loi de protection des données dans le secteur de la santé, autour du dossier patient.

Au Sénégal, la loi sur la protection des données à caractère personnel est en vigueur depuis janvier 2008. Elle protège contre la violation de la vie privée d’autrui par « le traitement des données personnelles permettant d’identifier directement ou indirectement une personne ».

A en croire Dr Fatou Fall, il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. Tout processus de digitalisation doit commencer en amont par « la législation ». Dans le processus, il faut « promouvoir des décrets pour que l’on sache qui a droit à quoi, pour faire quoi » afin de réduire « les risques que nos données soient utilisées à mauvais escient ».

« On ne peut pas digitaliser sans qu’une loi sur la protection des données (médicales) soit effective », dit-elle avec force.

A cet égard, la mise en place de mécanismes « assez clairs » devient une obligation pour les autorités car « on ne doit pas utiliser ces données d’autrui n’importe comment », renchérit Dr Maïmouna Diop Ly. Avec les « risques à mesurer et à gérer », elle préconise une réelle implication du patient.

(Source : Ouestafnews, 2 avril 2024)

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