OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Année 2026 > Août 2026 > Semer le changement : Renforcer les droits numériques des femmes et des (…)

Semer le changement : Renforcer les droits numériques des femmes et des filles rurales en Gambie

lundi 31 août 2026

Genre

Entre septembre 2025 et mars 2026, l’organisation indépendante à but non lucratif Jokkolabs Banjul a proposé des formations pour 400 femmes et filles de quatre régions de Gambie : West Coast, Upper River, Lower River et Central River. Au cours de huit ateliers sur les droits numériques et la maîtrise des outils numériques, les participantes ont été initiées à la sécurité sur l’internet, la confidentialité en ligne, la protection des données, la prévention de la violence numérique basée sur le genre et l’engagement responsable dans les médias.

Dans chaque région, les ateliers ont permis aux 100 participantes, qu’elles soient vendeuses de marché, agricultrices, étudiantes ou membres de communautés, d’acquérir avec succès des compétences essentielles dans le numérique. Dans un monde où les outils numériques s’avèrent essentiels du point de vue économique et éducatif, enseigner aux femmes à se servir en toute sécurité de leurs appareils mobiles et avoir accès à l’information a directement contribué à développer leur capacité à améliorer leurs moyens de subsistance, garantir leur sécurité en ligne et participer pleinement dans la vie civique.

Créer une démarche ancrée sur le terrain

Le projet a obtenu un succès remarquable grâce à sa formation en maîtrise des outils numériques adaptée à la culture du pays, l’engagement dans la radio communautaire et la mise en place d’un tutorat par des pairs. Au lieu de se baser sur une théorie abstraite, les sessions ont proposé des applications pratiques comme l’utilisation de WhatsApp pour l’entreprise, les services bancaires en ligne, l’information agricole et l’accès aux services publics, avec des adaptations en fonction des besoins régionaux. Suite aux retours d’initiatives antérieures, la formation a ajouté davantage de mise en pratique, des tutoriels en langue locale et des exemples culturellement pertinents pour améliorer autant que possible son accessibilité.

À la fin de la formation, les participantes se sont montrées davantage sensibilisées à la sécurité en ligne, à la protection des données et à la prévention de la violence basée sur le genre ; elles ont également manifesté leur grand intérêt pour continuer à se servir des outils numériques et ainsi améliorer leur qualité de vie et s’engager dans la communauté.

Dans les quatre régions, la formation en radio communautaire a renforcé les capacités de 10 radiodiffuseurs locaux par région, hommes et femmes, à proposer des programmations sensibles aux questions de genre, promouvoir les droits des femmes et lutter contre la désinformation. Les participant·es ont appris des techniques avancées pour la réalisation d’interviews, la narration et les stratégies éditoriales. Le programme portait également sur la création participative de contenu, le journalisme éthique et la lutte contre la désinformation, pour une couverture médiatique plus inclusive et représentative.

De plus, dans chaque région, 20 femmes ont reçu une formation pour être tutrices communautaires pour leurs pairs. Celles-ci ont aujourd’hui tissé un réseau local durable à même d’encourager les cercles d’apprentissage et de poursuivre le partage de compétences dans les langues locales longtemps après la fin du projet.

Favoriser un avenir numérique plus inclusif

Les activités se sont avérées d’une grande importance pour les communautés, puisqu’elles visaient à remédier aux graves insuffisances en matière de maîtrise des outils numériques, d’égalité de genre et de participation civique, des questions essentielles pour le soutien des femmes et des filles dans les zones rurales et mal desservies. Pour les bénéficiaires, le changement le plus remarquable a pu être constaté par rapport à leur maîtrise des outils numériques et leur sensibilisation aux droits numériques, plus particulièrement chez les femmes et les filles des différentes régions. Il s’agit là d’une transformation significative, contribuant à ce que des femmes puissent accéder à des informations essentielles, utiliser des services bancaires en ligne, faire la promotion de leurs petites entreprises et participer plus activement aux discussions civiques et communautaires.

Ces transferts de savoirs et de compétences favorisent également la confiance et l’autonomie, ce qui amène les femmes à remettre en cause les rôles traditionnels de genre, à défendre leurs droits et contribuer au développement social et économique au sein de leur communauté. La qualité de vie individuelle s’en trouve ainsi améliorée, puisque de nouvelles opportunités se présentent en termes de revenu, d’éducation et d’engagement civique. Cela pose également les bases de normes sociales plus inclusives et équitables en matière de genre, ce qui renforce finalement la résilience de la communauté et amène un changement social positif sur le long terme.

Jokkolabs Banjul compte tirer parti des succès de ce projet, soutenu par subventions d’impact d’APC en 2025, en intégrant la maîtrise des outils numériques et l’autonomisation des femmes à des initiatives plus larges de développement communautaire. L’exploitation des résultats obtenus notamment par le tutorat par les pairs et les réseaux de radiodiffuseurs permettra à l’organisation d’offrir des formations, du tutorat et des plateformes régionales de partage des connaissances de façon continue. Les efforts d’inclusion numérique devraient également être élargis pour couvrir les régions gambiennes qui ne le sont pas encore.

Cette expérience a permis de mettre en évidence les problèmes persistants liés à la connectivité internet, aux coûts élevés des données et au manque de fiabilité de l’infrastructure électrique, un enjeu commun qui entravait l’offre de formations et la continuité de la pratique des participantes. Pour de futures activités, il conviendrait d’investir fortement dans l’infrastructure, avec notamment la création de centres numériques communautaires proposant des appareils partagés et des sources d’électricité fiables, afin d’améliorer l’accès et l’engagement sur la durée. Selon les retours des participantes, une durée de la formation allongée, avec davantage de séances de suivi étalées sur plusieurs mois, permettrait un apprentissage plus poussé et une meilleure application des compétences dans la pratique.

Amplifier la portée du projet signifierait également un certain nombre d’apports bénéfiques avec notamment l’incorporation d’une participation masculine ciblée ou encore une plus large sensibilisation et ce, dès le départ, auprès de la communauté, ce qui pourrait aider à surmonter les obstacles sociaux et encourager davantage le soutien à la participation numérique des femmes. De plus, la signature de partenariats formels plus solides avec les ministères et le secteur privé pourrait également ouvrir à voie à l’incorporation de la formation aux outils numériques aux programmes nationaux actuels. La durabilité du projet serait ainsi garantie, et il aurait une portée bien plus large que celle prévue initialement.

En attendant, le succès du programme réside dans sa conception adaptée spécifiquement à chaque contexte, intégrant les langues locales, les normes culturelles et un tutorat dirigé par la communauté, ce qui le rend particulièrement pertinent et durable.

D’autres organisations pourraient parfaitement adapter ce cadre ; il leur suffirait d’ajuster les contenus aux besoins locaux, de tirer profit des structures communautaires existantes et de résoudre les défis logistiques tels que la connectivité et le transport. En outre, l’utilisation de méthodes de formation participative, le tutorat par les pairs et l’intégration de la radio communautaire sont des modèles évolutifs particulièrement efficaces en matière d’engagement des groupes marginalisés.

L’importance que ce modèle accorde à l’appropriation communautaire et au renforcement des capacités garantit que les bénéfices perdurent au-delà de la durée du projet ; celui-ci propose ainsi un plan directeur pratique qui favorise l’autonomie sociale et numérique inclusive dans différents contextes.

Poncelet O. Ileleji [1]

(Source : Association pour le progrès des communications, 31 août 2026)


[1] Poncelet O. Ileleji est un informaticien de profession doté de plus de 25 ans d’expérience dans le domaine. Il est directeur général de Jokkolabs Banjul, une organisation indépendante à but non lucratif qui propose un écosystème d’innovation ouverte et un pôle virtuel au service de la transformation sociale, basé sur une communauté organique d’entrepreneur·es et un réseau de centres d’innovation.

Fil d'actu

  • Monnaies complémentaires et possibilités en Afrique : description et essai de mise en œuvre dans le domaine de l’agroécologie Burkina NTIC (30 juillet 2026)
  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4593/5363 Régulation des télécoms
  • 358/5363 Télécentres/Cybercentres
  • 3496/5363 Economie numérique
  • 1848/5363 Politique nationale
  • 5195/5363 Fintech
  • 537/5363 Noms de domaine
  • 2092/5363 Produits et services
  • 1642/5363 Faits divers/Contentieux
  • 760/5363 Nouveau site web
  • 5363/5363 Infrastructures
  • 1910/5363 TIC pour l’éducation
  • 192/5363 Recherche
  • 243/5363 Projet
  • 3838/5363 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1916/5363 Sonatel/Orange
  • 1643/5363 Licences de télécommunications
  • 283/5363 Sudatel/Expresso
  • 1051/5363 Régulation des médias
  • 1314/5363 Applications
  • 1097/5363 Mouvements sociaux
  • 1741/5363 Données personnelles
  • 160/5363 Big Data/Données ouvertes
  • 602/5363 Mouvement consumériste
  • 367/5363 Médias
  • 656/5363 Appels internationaux entrants
  • 1695/5363 Formation
  • 99/5363 Logiciel libre
  • 2347/5363 Politiques africaines
  • 1048/5363 Fiscalité
  • 171/5363 Art et culture
  • 601/5363 Genre
  • 2107/5363 Point de vue
  • 1065/5363 Commerce électronique
  • 1488/5363 Manifestation
  • 323/5363 Presse en ligne
  • 128/5363 Piratage
  • 206/5363 Téléservices
  • 989/5363 Biométrie/Identité numérique
  • 330/5363 Environnement/Santé
  • 361/5363 Législation/Réglementation
  • 390/5363 Gouvernance
  • 1808/5363 Portrait/Entretien
  • 144/5363 Radio
  • 802/5363 TIC pour la santé
  • 293/5363 Propriété intellectuelle
  • 59/5363 Langues/Localisation
  • 1132/5363 Médias/Réseaux sociaux
  • 2063/5363 Téléphonie
  • 191/5363 Désengagement de l’Etat
  • 1066/5363 Internet
  • 114/5363 Collectivités locales
  • 419/5363 Dédouanement électronique
  • 1220/5363 Usages et comportements
  • 1054/5363 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 551/5363 Audiovisuel
  • 3651/5363 Transformation digitale
  • 388/5363 Affaire Global Voice
  • 199/5363 Géomatique/Géolocalisation
  • 344/5363 Service universel
  • 663/5363 Sentel/Tigo
  • 178/5363 Vie politique
  • 1771/5363 Distinction/Nomination
  • 34/5363 Handicapés
  • 708/5363 Enseignement à distance
  • 742/5363 Contenus numériques
  • 588/5363 Gestion de l’ARTP
  • 179/5363 Radios communautaires
  • 1899/5363 Qualité de service
  • 473/5363 Privatisation/Libéralisation
  • 137/5363 SMSI
  • 577/5363 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2768/5363 Innovation/Entreprenariat
  • 1383/5363 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 47/5363 Internet des objets
  • 170/5363 Free Sénégal
  • 1119/5363 Intelligence artificielle
  • 213/5363 Editorial
  • 20/5363 Gaming/Jeux vidéos
  • 26/5363 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous