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Révolution numérique et intelligence artificielle : La formation des jeunes, un préalable

samedi 24 février 2018

Economie numérique

Avec le développement du numérique et l’arrivée de nouveaux métiers grâce à l’intelligence artificielle, les pays africains doivent s’adapter. L’éducation ciblée et la formation des jeunes dans le numérique sont, de ce fait, primordiales, selon le Dr Georges Vivien Houngbonon, de Centrale Supelec de l’Université Paris-Saclay, qui animait une conférence à Sup de co.

Dans le cadre de ses séries de conférences, le groupe Sup de co a reçu le spécialiste des Tic Georges Vivien Houngbonon, de l’école Centrale Supelec de l’Université Paris-Saclay. Animant une conférence sur le thème de la révolution du numérique qui a complètement changé les habitudes sociales et professionnelles, Dr Hounbonon a expliqué que l’Afrique n’a pas échappé à la dynamique avec 750 millions d’abonnements mobiles en 2017 et 250 millions d’abonnements à l’Internet sur la même période.

L’intelligence artificielle, qui est une structuration poussée des données grâce au numérique, a aussi créé un nouvel environnement professionnel qui impose, à son avis, à l’Afrique et au Sénégal une nouvelle offre de formation. « Maintenant, avec ce changement rapide, on se demande ce qui va se passer dans quelques années. Il faut une autre offre de formation avec des curricula adaptés. Ces derniers doivent évoluer pour mieux prendre en charge la nouvelle demande. Cela permettra à nos jeunes d’être compétitifs et de pouvoir prétendre à des emplois du numérique », a-t-il laissé entendre. Le conférencier a informé que l’Afrique devra donner de l’emploi à 100 millions de jeunes d’ici à 2030.

Cependant, Georges Vivien Houngbonon a constaté pour le regretter que les offres de formation n’ont pas beaucoup évolué dans les écoles africaines, notamment dans l’école publique où l’on continue d’utiliser les mêmes curricula depuis les indépendances.

A son avis, pour que l’Afrique puisse être un continent de fournisseurs de services et d’équipements des dérivés du numérique, il faut que les autorités améliorent la formation des jeunes afin d’éviter de perdre des opportunités. « Dans le numérique actuellement, on voit que l’Afrique s’est uniquement appropriée les emplois dans la distribution, alors que c’est la production qui crée le plus d’emplois. Il faut aller vers des contenus édités dans Internet ; ce qui crée de la valeur et des emplois. Il faut améliorer la formation dans le domaine de l’édition de contenus numériques », a soutenu l’enseignant de Centrale Supelec. Pour lui, il faudra se préparer, car l’intelligence artificielle avec le phénomène de la robotique « est plus destructrice d’emplois » qu’elle n’en crée, notamment avec les emplois manuels.

Il a alors exhorté les écoles africaines à réagir, car « il y a une opportunité pour permettre aux jeunes de pouvoir créer des applications nécessaires à cette révolution numérique ». « Il est important d’avoir des hub d’innovation pour permettre à la jeunesse de saisir l’opportunité de la technologie. Il ne faut pas rater le virage lié à l’intelligence artificielle. Il faut une politique de formation de talents et leur rétention en Afrique. Il faut des bourses ciblées dans le domaine de la science et de la technologie. Les écoles doivent répondre à ce nouveau besoin. Il ne s’agira pas seulement de former pour avoir de bonnes statistiques, mais de cibler la formation en termes d’informatique, de langage de programmation, entre autres », a soutenu le conférencier.

Oumar Kandé

(Source : Le Soleil, 24 février 2018)

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