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Réduction de la fracture numérique : L’option d’Amitelo Afrique

vendredi 12 janvier 2007

Service universel

La fracture numérique existe entre le Nord pour parler des pays occidentaux développés et le Sud qui renvoie au monde sous-développé. Seulement, cette fracture numérique n’est-elle pas plus profonde au sein d’un même pays ? A l’échelle du Sénégal par exemple, cette fracture est béante entre Dakar et n’importe quelle zone rurale du pays et même la plupart des centres urbains. Par exemple, sur 14.000 villages, il n’y a qu’un millier qui sont actuellement connectés. Consciente de cela, Amitelo Afrique SA, filiale du Groupe Amitelo AG, une multinationale de télécoms basée à Zurich et cotée à la Bourse de Frankfort, s’est fixée comme priorité la réduction du fossé numérique qui existe entre villes et campagnes d’Afrique. C’est le Pdg Gora Diaw qui l’a fait savoir lors d’un petit-déjeuner de presse organisé le 14 décembre dernier au Café de Rome.

Ainsi, à en croire M. Diaw, « la Fracture numérique c’est le résultat des disparités socio-économiques qui se traduisent par des différences d’accès et d’utilisation des TICS, de couches de populations par rapport à d’autres ». Malgré les initiatives prises par les autorités, les organismes internationaux, les investisseurs privés spécialisés dans les TICs, avec comme exemple le Fonds de solidarité numérique, le fossé numérique entre les pays occidentaux et l’Afrique demeure encore. Ce qui fait dire à M. Diaw que deux Américains sur 3 se connectent à Internet contre 1 sur 160 en Afrique. De même, si le taux de pénétration des ordinateurs est supérieur à 60 % aux Etats-Unis, cet indicateur est à peine supérieur à 0,7 % en Afrique. Tout pour dire que l’Afrique, par rapport au reste du monde, reste un désert numérique, avec 2 % des télécommunications mondiales et 0,3 % du contenu Internet mondial.

Suffisant pour qu’Amitelo Afrique, au moment où la plupart des opérateurs se bousculent pour des licences à valeur ajoutée comme la téléphonie mobile, se positionne pour la connexion du monde rural sénégalais, donc pour le Service universel. Ce qui signifie qu’elle vient en complément aux opérateurs qui sont déjà sur le terrain. D’ailleurs, elle a fini de signer un contrat avec l’opérateur historique malien la SOTELMA, pour la prise en charge du segment de la télécommunication rurale.

Au Sénégal et partout ailleurs en Afrique, Amitelo s’est fixée comme objectif le développement du Service universel, ceci en accompagnant les acteurs économiques des régions enclavées du continent. Ce qui passe par des offres de plates-formes avec des contenus adaptés aux besoins et aux réalités économiques du monde rural. Il s’agira pour elle d’utiliser une plate-forme où l’interactivité avec les utilisateurs est basée sur l’image, la vidéo et le son, surtout avec les langues locales. Toutes choses qui vont se faire avec l’introduction de services comme la téléphonie IP et l’Internet, de solutions et méthodes plus performantes pour les populations rurales et urbaines, stimulant ainsi les interconnexions.

Après le Maroc, le Nigeria, la Sierra Leone, le Togo et l’ESMT, Amitelo Afrique SA postule pour une licence de Service universel au Sénégal. Pour rappel, le Sénégal met en concurrence cinq licences de Service universel qui cible chacune une zone géographique.

Mandiaye THIOBANE

(Source : Nouvel Horizon, 12 janvier 2007)

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