RDC : une panne générale sur le câble sous-marin WACS perturbe l’accès à Internet
jeudi 15 janvier 2026
Les opérateurs télécoms congolais sont déjà régulièrement mis en cause pour la qualité et la disponibilité des services fournis aux populations. Le président de la République a récemment évoqué la possibilité de sanctions à leur encontre.
Les réseaux de télécommunications en République démocratique du Congo (RDC) connaissent depuis quelques jours des perturbations, selon le régulateur du secteur. Dans un communiqué publié le mercredi 14 janvier, il indique que ces dysfonctionnements sont liés à une panne technique générale sur le câble sous‑marin West Africa Cable System (WACS), qui relie l’Europe au continent africain et transporte une partie du trafic Internet du pays.
L’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC) précise que des opérations de maintenance sont en cours afin de rétablir les services dans les meilleurs délais. Elle affirme également travailler avec les opérateurs télécoms à la mise en œuvre de mesures appropriées pour la prise en charge des abonnés, conformément aux dispositions en vigueur applicables en cas de force majeure.
Cette communication intervient quelques jours après une intervention du président de la République, Félix Tshisekedi, sur la dégradation de la qualité des services télécoms dans le pays. Le chef de l’État a instruit les autorités compétentes de prendre les mesures nécessaires pour mettre fin aux perturbations récurrentes affectant les réseaux et systèmes de télécommunications sur l’ensemble du territoire national. Des sanctions à l’encontre des opérateurs défaillants ont notamment été évoquées.
Cette panne soulève des interrogations sur la robustesse de l’infrastructure numérique de la RDC, alors même que les autorités ont fait des TIC un levier du développement socio‑économique. Le WACS est l’un des deux câbles sous‑marins internationaux auxquels le pays est connecté pour accéder au réseau Internet mondial. Le second, 2Africa, a atterri en septembre 2023 et est entré en service en décembre 2025. La RDC dispose également de deux liaisons terrestres avec l’Ouganda via le lac Albert. Elle a par ailleurs récemment finalisé la signature d’un accord de partenariat de 150 millions de dollars avec une société mauricienne, prévoyant notamment l’installation d’un nouveau câble sous‑marin international.
L’épisode rappelle les vulnérabilités mises en évidence lors des coupures majeures survenues sur plusieurs câbles sous‑marins en mars 2024, qui avaient provoqué un quasi‑blackout numérique dans plusieurs pays africains. À l’époque, plusieurs pistes avaient été avancées, notamment la diversification des routes de câbles et le recours aux solutions satellitaires.
Cette dernière option est soutenue par l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie mobile (GSMA), qui estime que le satellite peut constituer une solution de continuité en cas d’indisponibilité des réseaux terrestres et sous‑marins. À titre d’exemple, le Zimbabwe, pays enclavé sans accès direct aux câbles sous‑marins, a indiqué explorer des partenariats avec des fournisseurs de connectivité en orbite terrestre basse (LEO). La RDC, de son côté, travaille également sur un projet de construction et de lancement de son propre satellite de télécommunications.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 15 janvier 2026)
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