Qualité de service télécoms : le Tchad renforce son infrastructure numérique
vendredi 13 février 2026
La problématique de la qualité des services télécoms se pose dans plusieurs pays africains, dans un contexte de hausse continue des usages numériques. Les gouvernements misent sur le renforcement des infrastructures pour y remédier, afin de soutenir leurs ambitions de transformation numérique.
Le gouvernement tchadien a annoncé, cette semaine, l’inauguration prochaine de 50 nouveaux sites télécoms à N’Djamena ainsi que le déploiement de 50 kilomètres de réseau FTTH « Fiber to the Home » par la Société des télécommunications du Tchad (SOTEL). Cette initiative s’inscrit dans les efforts visant à renforcer l’infrastructure télécoms nationale et à améliorer la qualité des services fournis par les opérateurs.
L’annonce a été faite par Boukar Michel (photo), ministre des Télécommunications, de l’Économie numérique et de la Digitalisation de l’administration, le mercredi 11 février 2026, à l’occasion d’une cérémonie de présentation de vœux organisée en son honneur par le personnel du ministère et les structures placées sous sa tutelle. Aucun détail supplémentaire n’a été communiqué concernant le calendrier, le financement ou les zones précises concernées.
Le déploiement de 50 sites correspond à une densification du réseau dans la capitale, qui concentre la plus forte population du pays et une part importante du trafic télécoms. L’ajout de nouvelles installations s’inscrit dans une logique d’extension de la couverture et d’augmentation de la capacité du réseau. L’extension de 50 kilomètres de fibre optique par la SOTEL participe, de son côté, à l’élargissement du réseau fixe, avec un raccordement progressif de ménages et d’entreprises au très haut débit.
Des projets structurants à l’échelle nationale
D’autres projets d’infrastructures télécoms sont en cours, notamment la réhabilitation d’un tronçon de fibre optique entre N’Djamena et Mberé, afin de diversifier les points d’entrée de la capacité internationale en provenance du Cameroun. Une stratégie plus large de désenclavement numérique est également engagée, avec des liaisons envisagées vers le Niger, le Nigeria, l’Algérie, la Libye et l’Égypte. Le projet de Dorsale transsaharienne à fibre optique (DTS), qui occupe une place centrale dans cette dynamique, affiche un taux d’exécution de 60 %. Un centre de données national est par ailleurs en cours de construction.
Au niveau des opérateurs, Airtel Africa prévoit un investissement de 50 milliards de francs CFA (90,45 millions $) dans un programme courant jusqu’en juin 2026. Celui-ci comprend le renforcement des liaisons hertziennes, le déploiement de nouvelles tours pour étendre la couverture, le développement du réseau de fibre optique ainsi que le remplacement du cœur de réseau.
Ces annonces interviennent dans un contexte de dégradation continue de la qualité des services télécoms, régulièrement dénoncée par les consommateurs. Ceux-ci évoquent des appels interrompus, des connexions lentes, des coupures fréquentes et une couverture incomplète sur l’ensemble du territoire. Fin décembre 2025, les autorités avaient de nouveau interpellé les opérateurs sur ces dysfonctionnements persistants.
Le 15ᵉ audit de la qualité de service mené entre septembre et octobre 2025 par l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) fait état d’une meilleure stabilité du signal dans plusieurs centres urbains, traduisant les efforts d’investissement des opérateurs. Le régulateur souligne toutefois la persistance de nombreuses insuffisances, notamment des équipements défaillants, des opérations de maintenance jugées inadéquates, des difficultés liées à l’alimentation énergétique et, dans certaines localités, des sites totalement hors service.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 13 février 2026)
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