Protection des enfants en ligne : le Zimbabwe renforce son cadre légal
lundi 13 juillet 2026
Les pays africains accordent une attention croissante à la protection des enfants face aux risques du monde numérique. Selon l’UIT, 39 pays africains avaient déjà adopté des stratégies nationales de protection de l’enfance en ligne en 2024, tandis que 32 % étaient encore en phase d’élaboration.
Le gouvernement zimbabwéen a lancé la semaine dernière sa Politique nationale de protection des enfants en ligne (2026-2030). L’initiative intervient dans un contexte marqué par la généralisation de l’accès à Internet, y compris chez les plus jeunes, qui recourent de plus en plus aux services numériques pour apprendre, se divertir et échanger.
La politique a été lancée conjointement avec le 4e Plan d’action national pour l’enfance (2026-2030) lors de la Conférence nationale sur la protection de l’enfance organisée à Bulawayo du mardi 7 au vendredi 10 juillet.
Selon le ministère des TIC, ces deux cadres visent à renforcer la protection et le bien-être des enfants en s’attaquant aux nouvelles menaces liées à l’environnement numérique, notamment le cyberharcèlement, l’exploitation en ligne, le grooming numérique (manipulation d’enfants à des fins d’abus), la sextorsion, les violations de la vie privée et l’exposition à des contenus préjudiciables.
La Politique nationale de protection des enfants en ligne établit un cadre national global appelant à une action coordonnée entre les pouvoirs publics, le secteur privé, le monde universitaire, la société civile et les communautés locales pour atteindre ces objectifs.
Cette initiative intervient alors que l’usage d’Internet progresse rapidement chez les enfants à mesure que les outils numériques deviennent plus accessibles. Selon la GSMA, environ 18 % des enfants âgés de 5 à 7 ans en Afrique subsaharienne utilisent déjà l’Internet mobile, une proportion appelée à augmenter avec l’expansion de la connectivité. À l’échelle mondiale, l’Union internationale des télécommunications (UIT) estime qu’un enfant se connecte pour la première fois à Internet toutes les demi-secondes. Cette évolution s’accompagne de risques accrus.
L’UNICEF souligne que l’environnement numérique expose davantage les enfants au cyberharcèlement, à l’exploitation, à la désinformation et aux contenus nuisibles. Dans un rapport publié en 2023 et portant sur six pays d’Afrique subsaharienne, l’organisation onusienne indiquait notamment qu’un enfant sur dix utilisant Internet avait été victime d’une forme d’abus sexuel numérique au cours de l’année précédente.
Par ailleurs, l’Indice de sécurité en ligne des enfants (COSI) 2023, cité par l’UIT dans son « Global Cybersecurity Index 2024 », révèle que près de 70 % des enfants et adolescents âgés de 8 à 18 ans dans le monde ont été confrontés à au moins un incident lié à la cybersécurité au cours de l’année.
Isaac K. Kassouwi
(Source : WeAreTechAfrica, 13 juillet 2026)
OSIRIS