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Production de micro-ordinateurs : Le « made in Senegal » s’affirme avec une nouvelle unité au Technopole

vendredi 4 juillet 2003

Economie numérique

Il n’y a pas beaucoup d’entreprises sénégalaises qui s’impliquent dans la fabrication industrielle d’ordinateurs. L’année dernière, la société Touch, à capitaux canadiens (80%) et sénégalais (20%) s’est installée et propose depuis des PC « made in Senegal ». L’entreprise aurait une capacité de production de 500/600 ordinateurs par mois. Un autre projet de fabrique de PC avait également été annoncé au Technopôle de Dakar, mais il semble avoir été abandonné. L’idée est aujourd’hui reprise par la CATI (Compagnie africaine de technologies informatiques), qui devient ainsi la seconde entreprise productrice d’ordinateurs.

Avec ses unités centrales estampillées « Terminator » pour les ordinateurs de bureau, et « Trienium » pour les serveurs et postes de stockage de données, la CATI est le fruit d’un partenariat entre la CAT (Compagnie africaine de technologies), une entreprise sénégalaise qui fournit des matières premières et du matériel aux imprimeurs, et la société londonienne Time Investments, spécialisée dans les investissements de la sphère des hautes technologies.

Société anonyme de droit sénégalais, la CATI est essentiellement une fabrique de PC. Mais, avertit M. Patrice Wilkie, son directeur commercial, « il ne s’agit pas de clones de PC ». « Nos ordinateurs sont montés, précise-t-il encore, avec des composants de tout premier choix, de marques mondialement connues et les produits qui sortiront de nos usines seront en tous points comparables à ceux que l’on trouve en Europe ou aux Etats-Unis ».

La CATI va proposer aussi bien des PC de bureau que des serveurs, livrés avec des moniteurs 17 pouces et bénéficiant des technologies les plus récentes (en termes de systèmes d’exploitation, de processeurs, de connectivité, etc.). « Nous nous positionnons sur le terrain de la qualité, du service et de la disponibilité », martèle M. Wilkie, qui révèle aussi que sa société détient le monopole local de la distribution des Tablet PC, ces terminaux aux dimensions d’une feuille A4 (21 x 29,7 cm), l’épaisseur en plus, qui semblent être bien partis pour remplacer prochainement les ordinateurs portables pas toujours commode à transporter.

Les travaux de l’usine de la CATI - qui sera installée dans le site actuel du Technopôle dans le cadre du projet « Cybervillage » destiné à accueillir des sociétés de haute technologie aussi bien sénégalaises qu’étrangères - vont démarrer incessamment. Une première tranche sera livrée en novembre, la deuxième étant prévue dans le courant du premier trimestre 2004. Au total, c’est 3500 m2 que cette fabrique va occuper pour un investissement de 1,3 milliard de FCFA générant une soixantaine d’emplois d’ici fin 2003 et, d’ici fin 2004, 200 emplois au total. Quant aux volumes de production, si l’on en croit le directeur commercial, ils tourneront dès la fin de cette année autour de 1000 unités par mois pour évoluer dès l’année suivante.

Une école de formation va compléter le complexe de la CATI. Grand public et personnels des entreprises y seront initiés et perfectionnés à la maîtrise de l’informatique, des réseaux filaires et des réseaux sans fil par des enseignants « tous titulaires du doctorat en informatique », tient-on à préciser à la CATI.

Ambitieuse, la CATI ne vise pas que l’exigu marché sénégalais, mais africain et mondial. En fait, elle a déjà commencé, à petite échelle, à produire à son siège actuel de l’immeuble Kébé, avenue Jean Jaurès, et sa première exportation vient tout juste d’avoir lieu : une clinique parisienne a commandé et reçu 34 ordinateurs « made in Senegal » pour son service de cardiologie. « Ils en sont très satisfaits », a tenu à préciser M. Wilkie, sous le contrôle de sa présidente, Mme Viviane Dièye. Une opération plutôt inhabituelle dans les transactions commerciales sénégalaises où les ordinateurs font généralement le chemin inverse, du Nord au Sud, et même si le produit sénégalais est aussi le fruit de l’importation de divers composants extérieurs. Mais il en est ainsi pour presque tous les fabricants d’ordinateurs, y compris les plus grandes marques : ils intègrent et assemblent, avec plus ou moins de savoir-faire, des pièces d’origines diverses.

Côté distribution, la CATI entend collaborer avec les professionnels de la place plutôt que de s’ériger en revendeur de ses propres produits. L’usine va alimenter les grossistes locaux, les distributeurs et importateurs étrangers qui se chargeront de la vente des machines vers les acheteurs finaux, sociétés ou particuliers. Selon les projections de la CATI, la zone UEMOA ne devrait absorber que 20% de son chiffre d’affaires, le reste se faisant hors UEMOA en Afrique, et dans le reste du monde.

La société complète son offre par des services aux entreprises, notamment un service de maintenance informatique annoncé comme de haut niveau, avec hot line, dépannage d’urgence, etc. Bref, une sorte de SAMU version informatique.

ALAIN JUST COLY

(Source : Le Soleil 4 juillet 2003)

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