OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Ressources > Points de vue > 1999 > Préparer les parlements africains à la société de l’information par Mamadou (…)

Préparer les parlements africains à la société de l’information par Mamadou DIOP « Decroix », Député à l’Assemblée Nationale du Sénégal, Président du Réseau des Parlementaires sur les Technologies de l’Information et de la Communication

dimanche 31 octobre 1999

image 130 x 192

Allocution présentée à l’African Development Forum’99(ADF’99) « le défi de la globalisation et de la société de l’information pour l’Afrique. » Addis-Ababa 24-28 octobre 99

Mesdames et messieurs,

Malgré le peu de temps qui m’est imparti, je vais tenter d’atteindre trois objectifs au travers de cette communication à savoir :

– vous faire partager une expérience,
– vous exposer une vision,
– vous proposer une ébauche de plan d’actions.

L’expérience

En mars 1999, suite aux manifestations organisées par OSIRIS, l’Observatoire sur les Systèmes d’Information les Réseaux et les Inforoutes au Sénégal
et Isoc-Sénégal, le Chapitre sénégalais d’Internet Society, dans le cadre de la Fête de l’Internet, j’ai proposé au Président de l’Assemblée Nationale du
Sénégal la création d’un réseau de parlementaires sur les technologies de l’information et de la communication. En effet, à l’occasion des manifestations
organisées dans le cadre de cette Fête de l’Internet, mon attention avait été particulièrement attirée par l’adoption d’une loi sur Internet par les
parlementaires français de la même manière que jadis l’Afrique du Sud avait élaboré sa nouvelle constitution via Internet.

Plus fondamentalement, les raisons qui m’ont poussé à prendre cette initiative tiennent d’une part au fait que les technologies de l’information et de la
communication en général et Internet en particulier constituent un puissant outil qui offre toute une gamme de possibilités et d’opportunités qui doivent
être exploitées par le parlement et les parlementaires et d’autre part parce que ces technologies sont à la base d’un formidable processus de
changement qui touche tous les domaines de l’activité humaine. Cette révolution informationelle annonce l’avènement de la Société de l’information dans
laquelle les activités d’information seront le principal moteur de la société. Conscient de cette situation, le Sénégal a clairement identifié dès la fin des
années 80, les enjeux de la société de l’information et dans le cadre du IXème plan "Compétitivité et développement humain durable (1996-2015), il a
intégré les recommandations de la résolution 812 de la Cea relatives à la « Mise en œuvre de l’Initiative Société Africaine à l’Ere de l’Information » adoptée
ici même à Addis Abeba en mai 1996 et dont nous faisons aujourd’hui le bilan de l’application. Cela étant, plus les technologies de l’information et de la
communication prennent de l’importance dans la vie de tous les jours et plus la législation s’avère soit dépassée, soit inadaptée, soit carrément
inexistante. De ce fait, les parlementaires ont le devoir de s’intéresser à ces questions, de comprendre les problématiques et de saisir les enjeux pour
être à même de faire des propositions de lois ou de se prononcer en toute connaissance de cause sur les projets de lois du Gouvernement ou sur les
choix de société qui peuvent se poser. Mais comment un parlementaire peut-il voter des lois sur les téléservices lorsqu’il ne s’est pas intéressé
auparavant à ce type de questions ? comment débattre utilement avec le gouvernement sur les politiques en la matière sans savoir ce qu’est un
ordinateur, encore moins le multimédia ou d’autres notions particulièrement complexes ?

C’est après avoir pris clairement conscience de ce grave déficit que j’ai pris l’initiative, avec l’appui des autorités de l’institution, d’initier le réseau des
parlementaires sur les technologies de l’information et de la communication pour intéresser mes autres collègues et lancer un programme
d’imprégnation des députés et sénateurs. Plus précisément, les objectifs du réseau sont de :

– évaluer les besoins de formation des parlementaires en matière d’utilisation des technologies de l’information et de la communication en général et
d’Internet en particulier ;

– rechercher auprès des autorités, du secteur privé et des partenaires au développement les moyens nécessaire à la création d’une salle équipée
d’ordinateurs connectés à Internet ;

– organiser des séminaires de formation à l’utilisation des technologies de l’information et de la communication à l’attention des parlementaires ;

– susciter l’intérêt et la réflexion des parlementaires sur les enjeux liés aux technologies de l’information et de la communication ;

– établir des relations avec nos collègues africains en particulier et avec les autres parlementaires en général s’intéressant à cette question de manière à
animer un réseau parlementaire africain et international sur les technologies de l’information ;

– conduire des missions d’information auprès des ministères concernés, des sociétés du secteur privé, des structures de formation et des partenaires
au développement intervenant d’une manière ou d’une autre dans le secteur des technologies de l’information et de la communication ;

– organiser des voyages d’études à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

Une des premières actions du réseau a été l’organisation, avec l’appui de l’USAID et du CRDI d’un séminaire résidentiel de trois jours animé par les
principaux experts nationaux pour parler des enjeux des technologies de l’information et de la communication à travers des exposés sur la
télé-médecine, le télé-enseignement, le commerce électronique, les problèmes de gouvernance locale ainsi que les problèmes de genre. Le
gouvernement a marqué son intérêt par la présence au séminaire du ministre des finances, de celui de l’Education nationale, de celui de l’énergie, des
mines et de l’industrie et de celui de la recherche scientifique et technique. La presse publique et privée (radios, télévision et journaux), a largement
couvert l’événement en français mais aussi dans les langues nationales et ainsi des concepts pointus ont pu être traduits et expliqués à un très large
public. L’engouement suscité par les TIC auprès des parlementaires après le séminaire a été tel qu’ils ont tous demandé à être immédiatement formés à
l’utilisation de l’ordinateur et des sessions de formation ont été planifiées dans ce sens. Le résultat le plus évident de cette action a été que lors de la
dernière session budgétaire, les parlementaires sénégalais ont demandé au Gouvernement de faire un effort particulier pour préparer l’entrée du Sénégal
dans la société de l’information.

La vision

La tendance au regroupement en grands ensembles qui s’observe en Europe avec l’Union Européenne, en Amérique du Sud avec le MERCOSUR, en
Amérique du Nord avec l’ALENA et en Afrique avec la nouvelle approche de l’unité africaine adopté lors du sommet de Syrte assigne des responsabilités
particulières aux décideurs Africains en général et aux parlementaires en particulier. En effet, la marche vers l’unité africaine initiée par les chefs d’Etat
africains doit également se manifester au niveau des peuples africains et plus particulièrement chez ceux qui les représentent à savoir les
parlementaires du Continent. C’est à eux qu’il revient d’adopter ici et là les différents traités qui peu à peu bâtissent l’architecture de l’Afrique de demain.
Cependant, si ces parlementaires sont coupés les uns des autres, s’ils n’ont pas les moyens de s’informer sur leurs réalités respectives, s’ils ne
peuvent échanger leurs expériences, apprendre les uns des autres alors la compréhension mutuelle sera plus difficile et plus lente à s’imposer ce qui
retardera d’autant le processus d’unification dans lequel l’Afrique s’est engagée et que plus rien ne doit retarder. Contrairement à ce qui ce passait dans
le passé, les parlements nationaux traitent de plus en plus de questions qui ignorent les frontières des états qu’il s’agisse des problèmes
d’environnement (pollution, désertification, préservation de la faune et de la flore, etc.), de santé (SIDA, etc.), d’économie (OMC), etc. Les législations
nationales sont de moins en moins opérationnelles, de moins en moins pertinentes, de moins en moins efficientes. Mais une fois de plus comment
correctement appréhender la portée des problèmes et l’importance des enjeux si l’horizon de ceux qui doivent décider est limité par des frontières plus
artificielles que jamais. Pour accompagner et voire même accélérer le processus d’unification de l’Afrique, il faut donc dès à présent, commencer à
connecter les parlements africains et faire en sorte que les parlementaires utilisent intensément les technologies de l’information et de la communication.
Les technologies de l’information et de la communication qui sont en train de transformer le monde en un village global doivent en effet servir de support
à la construction de l’unité africaine. En effet aujourd’hui, il faut être capable de penser globalement pour pouvoir agir localement et cela ne peut être
possible qu’avec un accès aisé à l’information qui est disponible un peu partout sur les réseaux. Cela étant comment nous engager concrètement sur
cette voie, c’est ce que je vais tenter de vous exposer dans à travers les quelques propositions qui suivent.

Les propositions

Nous connaissons tous la place qui est actuellement celle de l’Afrique dans les affaires du monde et la situation que vivent la majorité des africains et
des africaines en dépit des richesses matérielles et humaines qui sont disponibles sur le Continent. Les indicateurs de tous ordres attestent de cette
réalité. Cela étant, les technologies de l’information et de la communication nous offrent une occasion exceptionnelle, sans doute la dernière avant
longtemps, d’opérer des avancées décisives dans tous les domaine qui conditionnent la croissance économique, le progrès social et donc le
développement humain sur notre continent. Dans cette dynamique, les parlementaires doivent jouer un rôle central et pour ce faire nous proposons :

– l’adoption d’un appel d’Addis Ababa destiné aux parlements africains, aux gouvernements, aux collectivités locales et aux partenaires de l’Afrique afin
que les moyens financiers nécessaires à la réalisation des objectifs et actions adoptés par le présent forum soient mobilisés dans les meilleurs délais ;
– la présentation et la discussion des résultats du présent forum dans tous les parlements africains ;
– la mise en place d’un réseau panafricain des parlementaires sur les TIC
– la création d’un site Web multilingue recensant les problématiques qui interpellent les parlementaires africains ;
– l’équipement de salles informatiques connectées à Internet dans tous les parlements africains avant la fin de l’an 2000 ;
– l’organisation d’une conférence panafricaine parlementaire sur les TIC d’ici la fin de l’an 2000 de manière à échanger sur toutes les questions relatives
aux technologies de l’information et de la communication et aller dans le sens d’une harmonisation des législations africaines.

Le vent de démocratisation qui souffle sur le Continent depuis une décennie, en dépit des difficultés et revers notés çà et là, a révélé le rôle de plus en
plus important des parlements en tant que réelle émanation des populations. Je vous remercie de votre aimable attention.

Documents joints

  • image 130 x 192 (JPG - 10.7 kio)

Fil d'actu

  • Monnaies complémentaires et possibilités en Afrique : description et essai de mise en œuvre dans le domaine de l’agroécologie Burkina NTIC (30 juillet 2026)
  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 8933/10480 Régulation des télécoms
  • 689/10480 Télécentres/Cybercentres
  • 6825/10480 Economie numérique
  • 3789/10480 Politique nationale
  • 10391/10480 Fintech
  • 992/10480 Noms de domaine
  • 4021/10480 Produits et services
  • 3007/10480 Faits divers/Contentieux
  • 1403/10480 Nouveau site web
  • 10480/10480 Infrastructures
  • 3666/10480 TIC pour l’éducation
  • 356/10480 Recherche
  • 490/10480 Projet
  • 8132/10480 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 3550/10480 Sonatel/Orange
  • 2988/10480 Licences de télécommunications
  • 490/10480 Sudatel/Expresso
  • 2040/10480 Régulation des médias
  • 2505/10480 Applications
  • 2217/10480 Mouvements sociaux
  • 3419/10480 Données personnelles
  • 383/10480 Big Data/Données ouvertes
  • 1289/10480 Mouvement consumériste
  • 653/10480 Médias
  • 1210/10480 Appels internationaux entrants
  • 3643/10480 Formation
  • 215/10480 Logiciel libre
  • 4961/10480 Politiques africaines
  • 2245/10480 Fiscalité
  • 366/10480 Art et culture
  • 1185/10480 Genre
  • 5922/10480 Point de vue
  • 2018/10480 Commerce électronique
  • 2811/10480 Manifestation
  • 615/10480 Presse en ligne
  • 288/10480 Piratage
  • 405/10480 Téléservices
  • 2017/10480 Biométrie/Identité numérique
  • 783/10480 Environnement/Santé
  • 733/10480 Législation/Réglementation
  • 728/10480 Gouvernance
  • 3830/10480 Portrait/Entretien
  • 306/10480 Radio
  • 1664/10480 TIC pour la santé
  • 545/10480 Propriété intellectuelle
  • 160/10480 Langues/Localisation
  • 2094/10480 Médias/Réseaux sociaux
  • 4227/10480 Téléphonie
  • 396/10480 Désengagement de l’Etat
  • 1993/10480 Internet
  • 262/10480 Collectivités locales
  • 897/10480 Dédouanement électronique
  • 2390/10480 Usages et comportements
  • 1923/10480 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 1008/10480 Audiovisuel
  • 7290/10480 Transformation digitale
  • 723/10480 Affaire Global Voice
  • 423/10480 Géomatique/Géolocalisation
  • 796/10480 Service universel
  • 1207/10480 Sentel/Tigo
  • 344/10480 Vie politique
  • 3291/10480 Distinction/Nomination
  • 115/10480 Handicapés
  • 1428/10480 Enseignement à distance
  • 1503/10480 Contenus numériques
  • 1089/10480 Gestion de l’ARTP
  • 342/10480 Radios communautaires
  • 3901/10480 Qualité de service
  • 1084/10480 Privatisation/Libéralisation
  • 270/10480 SMSI
  • 1000/10480 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 5433/10480 Innovation/Entreprenariat
  • 2688/10480 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 106/10480 Internet des objets
  • 347/10480 Free Sénégal
  • 2441/10480 Intelligence artificielle
  • 383/10480 Editorial
  • 53/10480 Gaming/Jeux vidéos
  • 111/10480 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous