OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2020 > Mars 2020 > Pr Abdou Khadre Sanogo : « C’est une dépravation des mœurs, des l’instant (…)

Pr Abdou Khadre Sanogo : « C’est une dépravation des mœurs, des l’instant où... »

lundi 2 mars 2020

Usages et comportements

Qu’est-ce qui explique cette tendance à envoyer des images et vidéos à caractère sexuel dans le cadre d’une relation intime ?

Il faudrait d’abord poser un premier principe. C’est que cela relève du privé. Du point de vue purement de principe, il faut le reconnaitre, dans une relation d’intimité, surtout une relation à caractère sentimental, les deux parties ont généralement besoin de brandir un certain nombre d’indices, de preuves, d’actes pour pouvoir davantage convaincre l’autre par rapport à ce degré d’engagement extrême dans cette relation.

Maintenant, je dis bien extrême parce que souvent, comme on le dit dans ces relations-là, on a tendance peut-être à ne pas avoir de contrôle parce que la raison n’intervient pas trop. Parce que tout ce qui nous intéresse, c’est de pouvoir laisser libre cours à nos désirs, à nos émotions, à nos sensations.

Or, les concepts que je viens de décliner ici ne sont pas sous le contrôle de la raison. C’est peut-être après coup qu’on se rend compte de l’excès de l’acte que l’on vient de poser.

Généralement, par apport aux intentions, c’est vrai qu’elles peuvent être plurielles, mais dans une relation sincère, sentimentale, c’est juste une histoire peut-être de montrer à l’autre la preuve de la sincérité de ses sentiments.

Maintenant, la question qu’il faudrait se poser, et il faudrait que nous nous posions tous cette question-là, c’est qui, dans un cadre intime, en relation avec son objet aimé, n’a pas eu peut-être succomber à ces tentations ?

Maintenant, qu’une situation puisse quitter la sphère privée pour peut-être venir à un niveau public, c’est de ça qu’il s’agit.

Moi, je parle de situations où les personnes ne l’ont pas fait dans le sens de choquer, dans le sens de heurter la sensibilité des uns et des autres. Mais, c’est peut-être strictement lié à un rapport bidirectionnel entre des êtres qui ont des relations sentimentales mutuelles.

Je ne parle pas des photos de pornographie ou d’autres. Je dis, la tendance c’est aujourd’hui, avec l’avènement des réseaux sociaux, que les gens ont l’impression que c’est un nouveau phénomène. Mais je regrette !

Aujourd’hui, vous parlez d’envoyer des photos, mais il y avait auparavant aussi cette propension à écrire des lettres très érotiques à son objet aimé.

Maintenant, avec les réseaux sociaux, les choses ont pris de l’ampleur. Mais, pour moi, c’est juste généralement une histoire de séduction. Tout le monde sait que la société sénégalaise est une société de séduction.

Qu’on soit du côté masculin ou du côté féminin, les gens ont tendance à parler de « fèmes » (mot wolof désignant des stratégies et astuces de séduction, ndlr). Souvent, c’est une culture trop développée, trop excessive de la sensation du culte de l’impression ; une culture de la séduction qui découle sur ce genre de pratique.

La pratique ne traduit-elle pas une dépravation des mœurs ?

C’est une dépravation des mœurs, dès l’instant où on parle de la modernité, de l’accession de l’Internet dans notre quotidien ; oui, c’est une dépravation des mœurs.

Mais, il ne faudrait pas tout mettre au compte de la dépravation des mœurs, puisque très objectivement, dans la vie courante des choses, ce qui se passe dans l’intimité n’est pas censé être connu par les gens qui sont dans l’espace public. Il ne faudrait pas simplement se focaliser sur les images.

Et, à propos des mots, aujourd’hui, dans le répertoire linguistique sénégalais, il y a beaucoup de termes que nous utilisons dans le grand espace qui renvoient au sentiment érotique, qui sont des mots très dépravés, qui appartiennent à notre répertoire linguistique.

Et aujourd’hui, du point de vue culturel, du point de vue du port vestimentaire traditionnel, c’est vrai mais ça reste dans un cadre intime, les manières dont la femme sénégalaise confectionne ses pagnes, ses linges de corps sont articulés, du point de vue artisanal couturière.

Mais on ne peut pas parler de dépravation de mœurs et Dieu seul sait que... suivez mon regard. Par contre ça reste dans le cadre intime.

Tant que ça reste dans le cadre intime, en soi, ce n’est pas trop grave. Mais dès l’instant qu’on quitte l’espace privé pour investir l’espace public, là-bas, il y a un véritable problème de mœurs qui se pose, une question même d’attentat à la pudeur.

N’y a-t-il pas une faille dans l’éducation souvent reçue par les jeunes ?

L’éducation, c’est la base. Mais, attention, n’oubliez pas aussi que la jeunesse est un âge très difficile à traverser.

Il y a ce qu’on appelle la crise de l’adolescence où on est enclin à aller braver les interdits. Nous sommes tous passés par l’adolescence, certains ont eu la chance grâce à une éducation stricte.

Mais, la jeunesse en question aussi, il y a un adage qui dit : « il faudrait que jeunesse se passe ». Je ne dis pas que jeunesse doit se passer dans un créneau ou dans un cadre où on bafouille les valeurs culturelles, mais peut-être qu’il devrait y avoir de la sensibilisation.

Les gens devraient être beaucoup plus portés dans le sens de ne pas fuir le débat avec les jeunes.

De leur dire qu’il est vrai que c’est une phase très compliquée, mais on peut bel et bien vivre cette phase-là sans pour autant verser sur la débauche ou autres, ça c’est possible. Ce travail de sensibilisation, bien évidemment, ce n’est pas simplement les parents.

Ce sont les écoles, les médias, les réseaux sociaux qui, du reste, devraient aussi « androgéniser » leurs pratiques par apport aux valeurs de leur pays.

Nous sommes au Sénégal, on peut faire aussi dans les réseaux sociaux, mais qu’on puisse mettre en place des systèmes de code, des systèmes de filtre ou bien même interdire carrément les uns et les autres qui ont un âge moins avancé d’avoir accès à ce genre de mécanisme ou d’outils.

Ndèye Anta Dieng

(Source : Sud Quotidien, 2 février 2020)

Fil d'actu

  • Monnaies complémentaires et possibilités en Afrique : description et essai de mise en œuvre dans le domaine de l’agroécologie Burkina NTIC (30 juillet 2026)
  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4494/5448 Régulation des télécoms
  • 352/5448 Télécentres/Cybercentres
  • 3590/5448 Economie numérique
  • 1840/5448 Politique nationale
  • 5060/5448 Fintech
  • 546/5448 Noms de domaine
  • 2013/5448 Produits et services
  • 1498/5448 Faits divers/Contentieux
  • 754/5448 Nouveau site web
  • 5448/5448 Infrastructures
  • 1933/5448 TIC pour l’éducation
  • 191/5448 Recherche
  • 244/5448 Projet
  • 4126/5448 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1969/5448 Sonatel/Orange
  • 1631/5448 Licences de télécommunications
  • 287/5448 Sudatel/Expresso
  • 1022/5448 Régulation des médias
  • 1337/5448 Applications
  • 1464/5448 Mouvements sociaux
  • 1718/5448 Données personnelles
  • 141/5448 Big Data/Données ouvertes
  • 600/5448 Mouvement consumériste
  • 362/5448 Médias
  • 646/5448 Appels internationaux entrants
  • 1689/5448 Formation
  • 101/5448 Logiciel libre
  • 2449/5448 Politiques africaines
  • 1065/5448 Fiscalité
  • 173/5448 Art et culture
  • 587/5448 Genre
  • 1845/5448 Point de vue
  • 1088/5448 Commerce électronique
  • 1489/5448 Manifestation
  • 321/5448 Presse en ligne
  • 125/5448 Piratage
  • 213/5448 Téléservices
  • 1014/5448 Biométrie/Identité numérique
  • 339/5448 Environnement/Santé
  • 568/5448 Législation/Réglementation
  • 366/5448 Gouvernance
  • 1814/5448 Portrait/Entretien
  • 146/5448 Radio
  • 765/5448 TIC pour la santé
  • 288/5448 Propriété intellectuelle
  • 60/5448 Langues/Localisation
  • 1115/5448 Médias/Réseaux sociaux
  • 2113/5448 Téléphonie
  • 196/5448 Désengagement de l’Etat
  • 1033/5448 Internet
  • 121/5448 Collectivités locales
  • 413/5448 Dédouanement électronique
  • 1362/5448 Usages et comportements
  • 1043/5448 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 560/5448 Audiovisuel
  • 3503/5448 Transformation digitale
  • 400/5448 Affaire Global Voice
  • 342/5448 Géomatique/Géolocalisation
  • 410/5448 Service universel
  • 700/5448 Sentel/Tigo
  • 178/5448 Vie politique
  • 1776/5448 Distinction/Nomination
  • 37/5448 Handicapés
  • 708/5448 Enseignement à distance
  • 856/5448 Contenus numériques
  • 588/5448 Gestion de l’ARTP
  • 181/5448 Radios communautaires
  • 1973/5448 Qualité de service
  • 590/5448 Privatisation/Libéralisation
  • 134/5448 SMSI
  • 550/5448 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2814/5448 Innovation/Entreprenariat
  • 1542/5448 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 46/5448 Internet des objets
  • 178/5448 Free Sénégal
  • 892/5448 Intelligence artificielle
  • 208/5448 Editorial
  • 10/5448 Gaming/Jeux vidéos
  • 24/5448 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous