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Pourquoi nous devons être encore plus connectés à Internet

vendredi 1er octobre 2010

Les chiffres sont presque difficiles à appréhender. Il y a actuellement plus d’un milliard et demi de personnes qui accèdent à Internet pour créer, partager et chercher de l’information. Chaque jour des centaines de millions de personnes cherchent des actualités, des restaurants, des livres, des destinations de vacances et bien plus. Ils cherchent des produits, comparent des prix, vérifient l’heure de leur vol ou communiquent avec des amis dans les endroits les plus reculés. Le volume des données échangées sur le web atteint des proportions vertigineuses : chaque jour ce sont plus de 200 milliards d’e-mails envoyés, des centaines de millions de photos mises en ligne (Flickr vient de passer le cap de 5 milliards de photos), des milliards de vidéos vues (YouTube diffuse chaque jour un milliard de vidéos) et la blogosphère double en volume tous les 200 jours.

Pour beaucoup d’entre nous, la vie sans Internet est devenue difficile à imaginer. C’est compréhensible : être en ligne nous offre des opportunités de découvrir, apprendre et créer des liens tout en simplifiant beaucoup de nos tâches quotidiennes. Ce niveau d’accès à l’information apporte une liberté, un pouvoir et un choix rarement atteints dans l’histoire moderne.

Cependant, cette explosion du niveau d’interaction de chacun avec le reste du monde n’a pas touché de manière uniforme l’ensemble du globe. En fait, certaines régions du monde tardent encore à exploiter cette opportunité de révolutionner la manière de travailler, faciliter les communications et accéder à des outils qui rendent les tâches quotidiennes plus rapides, faciles et efficaces. Le taux de pénétration d’Internet sur le continent africain reste encore en dessous de 10%, avec moins de 100 millions sur le milliard d’africains en ligne. Au Sénégal, ce taux est autour de 8% même s’il croît rapidement. Selon les experts, il y a très peu de contenus africains en ligne (0.2% des domaines pour 2% des Internautes et 1/6 de la population mondiale) et la présence des langues africaines est encore plus faible. Ceci pose un problème pour les internautes africains : l’absence de contenus locaux signifie une moindre motivation à se connecter ; or le faible nombre de personnes qui se connectent signifie également moins de contenus produits.

Remettons un peu en perspective la privation qui en découle

Essentiellement, l’Internet satisfait une soif fondamentale de l’être humain pour la connaissance, la communication et l’expression de soi.

Prenons la connaissance pour commencer. L’Internet, ignorant les frontières, facilite la circulation permanente de l’information dans les différentes langues, sur de nombreux sujets provenant de sources dans un grand nombre de pays. Cette capacité de rechercher à travers près de 110 langues sur de multiples sources d’informations a mis des myriades de sujets d’études à porté de main pour des gens qui y avaient rarement accès. Par exemple, un étudiant sénégalais réalisant une étude sur les Incas n’a plus besoin de se limiter aux maigres ressources de la bibliothèque en textes anciens abordant le sujet. La masse d’information disponible en ligne et la possibilité de les traduire automatiquement pour en saisir le contenu dans sa langue de travail apporte une démocratisation sans précédent de l’apprentissage. Depuis l’exploration avec Google Earth de la destruction de la foret amazonienne jusqu’aux réflexions d’un professeur de biologie marine, le web offre un accès croissant à une information riche, spécialisée et utile.

Venons-en à la communication. Votre journée est certainement riche d’échanges personnels et professionnels. Avant, cela signifiait beaucoup de paperasse, de calendriers imprimés, de coups de fils échangés. Aujourd’hui, ce que nous appelons le “cloud computing” (informatique dans le nuage) rend l’ensemble de ces tâches plus simples. Le “cloud computing” déporte l’ensemble de nos activités informatiques (recherche, messagerie, lecture de vidéos, édition de documents, gestion de photos, ...etc) dans un espace virtuel en ligne qu’on appelle communément “le nuage”. Parce que cette information est stockée de manière sécurisée sur le web, vous pouvez y accéder depuis n’importe quel appareil (y compris votre mobile) et de n’importe quel endroit. Ceci est un changement important pour un nombre croissant de travailleurs de plus en plus mobiles. Cela rend également la collaboration plus facile que jamais. Auparavant, pour obtenir l’avis de collaborateurs sur un document ou coordonner une rencontre, il aurait fallu envoyer des messages avec des lourdes pièces jointes à chacun. Aujourd’hui, le “cloud” rend ceci bien plus simple et offre aux entreprises, grandes comme petites, une énorme opportunité de réduction des coûts et d’augmentation de la productivité. Un comptable basé en Inde peut discuter avec un collègue en Egypte tandis qu’ils travaillent tous les deux sur le même tableau en ligne. Une équipe de designers aux quatre coins du monde peut se réunir sur un unique document en ligne et concevoir leur prochain produit.

Au final, l’Internet a créé d’énormes opportunités pour des millions de personnes dans le monde de s’exprimer avec la liberté de créer, communiquer, organiser, influencer, parler et se faire entendre. Il est clair que les gens sont friands d’entrer en contact et d’échanger avec les autres et l’Internet leur a ouvert de nouveaux horizons avec d’autres peuples et d’autre pays. Les sites de partage de vidéos, les blogs, les réseaux sociaux ... tous ces outils ont offert aux individus, et aux ONG, aux politiciens et aux entreprises, une nouvelle plate-forme pour atteindre une audience mondiale. Tout compte fait, il est difficile de nier que l’Internet donne l’accès à l’information d’une manière cruciale pour l’évolution du monde moderne.

Chez Google, nous sommes déterminés à nous assurer que l’Afrique aussi bénéficie entièrement de ce potentiel qui existe sur le web. En rendant la recherche disponible en Wolof ou dans d’autres langues africaines comme le Swahili, l’Amharique et le Zoulou, en nouant des partenariats comme ceux qui ont permis d’apporter Gmail par SMS aux sénégalais, en rendant des produits comme Google Maps plus pertinents localement, nous apportons notre part à l’augmentation de contenus pertinents, de contenus en ligne pour les africains et les entreprises africaines.

Bien sûr, chacun doit apporter sa part, ne serait-ce qu’en créant un site ou un simple blog, et chaque petite contribution aidera à faire de l’Internet un outil aussi utile aux africains qu’il l’est au reste du monde.

Tidjane Dème
Office Lead Francophone Africa
Google Sénégal

(Source : Nouvel horizon, 1er octobre 2010)

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