OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2024 > Juillet 2024 > Pourquoi le Cameroun veut réguler le réseau social TikTok

Pourquoi le Cameroun veut réguler le réseau social TikTok

jeudi 4 juillet 2024

Médias/Réseaux sociaux

Le Conseil National de la Communication, organe de régulation des médias au Cameroun a signé avec le réseau social TikTok un pré-accord pour la régulation des contenus dans le pays. Une mesure qui réjouit et inquiète en même temps.
Une équipe du réseau social TikTok pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre vient de boucler un séjour au Cameroun. L’une des escales dans leur agenda a été la rencontre avec les autorités de l’organe camerounais de régulation des médias, le Conseil national de la communication (CNC).

Au cours de la rencontre, les deux organisations ont discuté du renforcement de leur « collaboration pour une régulation inclusive des contenus en ligne au Cameroun » dans un contexte marqué par « l’approche des échéances électorales », explique le Conseil National de la Communication sur son site internet.

Il est notamment question de « lutter efficacement contre les contenus en ligne susceptibles de porter atteinte à la paix et à la cohésion sociale », poursuit l’organisation sans donner plus de précisions sur la spécificité des contenus qui seront régulés.

Joint par la BBC, le président du conseil, Joe Chebonkeng Kalabubse n’a pas souhaité s’étendre sur le sujet, expliquant que le réseau social était d’accord sur plusieurs points, mais doit encore se référer à son service juridique avant de prendre quelque mesure que ce soit.

Stopper le discours de haine

Le régulateur camerounais a souligné les « initiatives mises en avant par TikTok » lors de la rencontre. Elles visent notamment à « faciliter le travail des régulateurs, notamment la mise en place d’un portail permettant à la société civile et aux régulateurs de signaler les contenus illicites. Cette signalisation est considérée comme prioritaire.

En clair, les dénonciations du Conseil National de la communication auprès de TikTok pourraient être prioritaires et donner lieu à des actions prioritaires de la part du réseau social chinois. Les deux organisations ne précisent pas s’il y a des garde-fous.

Le CNC semble dans une campagne pour une régulation des contenus en ligne. Fin avril, l’organisation avait réuni des blogueurs et cyber journalistes pour préparer un mémorandum d’entente « sur comment les parties doivent se comporter à l’avenir et pourquoi pas nous (CNC) aider dans la régulation des contenus en ligne ».

Il estimait alors que « près de 50 % des Camerounais ont des smartphones et cela signifie qu’ils peuvent publier ce qu’ils veulent. Et ce faisant, ils ne savent pas ce qu’ils font et ce sont ces blogueurs qui peuvent rectifier le tir ».

Joint par la BBC, l’Union des Cyber Journalistes du Cameroun qui a pris part à la signature du préaccord entre le CNC et TikTok ajoute que la mesure, si elle entrait en vigueur, permettrait de protéger les enfants qui sont très exposés à TikTok, surtout à des contenus incontrôlés.

Mais au-delà, elle précise que la proposition de convention a insisté sur des actions de monitoring sur cette plate-forme.

Sollicité, TikTok n’a pas voulu s’exprimer sur les modalités de régulation que l’entreprise compte implémenter, expliquant qu’elle ne peut pas fournir de commentaire pour l’instant, puisque l’accord n’a pas encore été signé.

Approche des élections

Le Cameroun doit en principe tenir trois élections l’année prochaine. Si le calendrier est tenu, les législatives et municipales devraient avoir lieu en février 2025, et la présidentielle en octobre de la même année.

Mais, le pays a eu à reporter les élections législatives et locales en 2012 et 2018, évoquant des nécessités d’ajustement de la commission électorale pour la première, et des questions financières difficiles pour celles de 2018 qui devaient se tenir la même année que la présidentielle.

La dernière présidentielle a été vivement contestée par le principal opposant Maurice Kamto qui a été emprisonné puis libéré des mois plus tard, après avoir tenté de manifester avec ses militants pour contester les résultats donnant le président Biya vainqueur.

La présidentielle a également montré une montée de la controverse entre les militants pro-pouvoir et ceux de l’opposition, amenant le réseau social Facebook à fermer certains groupes d’échange hébergés par sa plateforme.

Par exemple, le groupe « Le Cameroun c’est le Cameroun », qui regroupait plusieurs centaines de milliers de personnes, a été momentanément fermé, avant d’être réouvert par Facebook, avec un nombre de participants réduit.
Son promoteur Mathieu Youbi, un militant du parti politique de Maurice Kamto, a dit avoir été notifié par Facebook de la fermeture de son groupe, parce que ce dernier « salit l’image du Cameroun et porte atteinte aux efforts de modernisation de l’État en construction ».

Facebook n’a pas réagi à nos sollicitations pour un commentaire sur ces allégations, jusqu’au moment où nous mettons cet article en ligne.

Pourquoi l’accord inquiète ?

Ni l’association des blogueurs, ni l’Union des journalistes du Cameroun sollicités par la BBC n’ont voulu s’exprimer sur ce préaccord qui lie désormais le régulateur des médias au réseau social TikTok. Mais la mesure réjouit et inquiète en même temps Yannick Assonmo Necdem.

Journaliste et enseignant-chercheur, il trouve pertinent de penser à une régulation des contenus en ligne au Cameroun, « au regard des dérives langagières qui pullulent dans ces espaces numériques ».

Mais, le CNC étant un organe gouvernemental, poursuit M. Assonmo Necdem « le défi est de réguler sans tuer le formidable progrès en matière de liberté d’expression et de co-construction d’un espace public plus démocratique. La lutte contre les discours de haine et l’approche des élections ne doivent pas servir de prétexte pour museler la société, les acteurs politiques de l’opposition, les voix indépendantes et plus généralement les citoyens. »

Il rappelle que « c’est une préoccupation majeure concernant le besoin de réguler les espaces numériques, tout comme cette préoccupation a été formulée par la Commission africaine des droits de l’Homme et des Peuples concernant la lutte contre le terrorisme ».

Analysant ce préaccord, Maurice Simo Djom qui a coordonné, en 2020, la rédaction d’un ouvrage sur l’impact des réseaux sociaux au Cameroun le voit d’un bon œil, étant donné les préoccupations des États à protéger les citoyens des dérives en ligne, surtout la petite enfance.

Bien qu’il faille selon lui, mettre un accent sur ce qu’il appelle l’intégrité électorale, qui consiste pour les gouvernements à protéger les processus électoraux contre les ingérences.

Étant dans une période qui peut déjà être considérée comme pré-électorale, écrit Maurice Simo Djom, « nous suggérons que le gouvernement camerounais peut évoquer toutes les options en signant cet accord, en sensibilisant les représentants de TikTok sur la nécessité d’un filtrage optimal des messages pouvant porter atteinte à l’intégrité électorale ».

Armand Mouko Boudombo

(Source : BBC Afrique, 4 juillet 2024)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4536/5516 Régulation des télécoms
  • 347/5516 Télécentres/Cybercentres
  • 3478/5516 Economie numérique
  • 1740/5516 Politique nationale
  • 5516/5516 Fintech
  • 519/5516 Noms de domaine
  • 1985/5516 Produits et services
  • 1465/5516 Faits divers/Contentieux
  • 735/5516 Nouveau site web
  • 5188/5516 Infrastructures
  • 1861/5516 TIC pour l’éducation
  • 186/5516 Recherche
  • 242/5516 Projet
  • 3775/5516 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1928/5516 Sonatel/Orange
  • 1595/5516 Licences de télécommunications
  • 274/5516 Sudatel/Expresso
  • 1010/5516 Régulation des médias
  • 1286/5516 Applications
  • 1046/5516 Mouvements sociaux
  • 1641/5516 Données personnelles
  • 127/5516 Big Data/Données ouvertes
  • 589/5516 Mouvement consumériste
  • 359/5516 Médias
  • 643/5516 Appels internationaux entrants
  • 1778/5516 Formation
  • 94/5516 Logiciel libre
  • 2212/5516 Politiques africaines
  • 1086/5516 Fiscalité
  • 164/5516 Art et culture
  • 578/5516 Genre
  • 1759/5516 Point de vue
  • 1180/5516 Commerce électronique
  • 1532/5516 Manifestation
  • 321/5516 Presse en ligne
  • 124/5516 Piratage
  • 204/5516 Téléservices
  • 929/5516 Biométrie/Identité numérique
  • 309/5516 Environnement/Santé
  • 340/5516 Législation/Réglementation
  • 354/5516 Gouvernance
  • 1756/5516 Portrait/Entretien
  • 147/5516 Radio
  • 741/5516 TIC pour la santé
  • 277/5516 Propriété intellectuelle
  • 59/5516 Langues/Localisation
  • 1071/5516 Médias/Réseaux sociaux
  • 2141/5516 Téléphonie
  • 190/5516 Désengagement de l’Etat
  • 1011/5516 Internet
  • 114/5516 Collectivités locales
  • 413/5516 Dédouanement électronique
  • 1205/5516 Usages et comportements
  • 1033/5516 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 549/5516 Audiovisuel
  • 3249/5516 Transformation digitale
  • 383/5516 Affaire Global Voice
  • 156/5516 Géomatique/Géolocalisation
  • 371/5516 Service universel
  • 665/5516 Sentel/Tigo
  • 175/5516 Vie politique
  • 1535/5516 Distinction/Nomination
  • 35/5516 Handicapés
  • 737/5516 Enseignement à distance
  • 686/5516 Contenus numériques
  • 588/5516 Gestion de l’ARTP
  • 176/5516 Radios communautaires
  • 1843/5516 Qualité de service
  • 438/5516 Privatisation/Libéralisation
  • 133/5516 SMSI
  • 470/5516 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2843/5516 Innovation/Entreprenariat
  • 1349/5516 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 46/5516 Internet des objets
  • 170/5516 Free Sénégal
  • 601/5516 Intelligence artificielle
  • 196/5516 Editorial
  • 5/5516 Gaming/Jeux vidéos
  • 24/5516 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous