Plus de 900 000 alertes d’intrusion en deux mois : le Gabon renforce la cybersécurité
mercredi 9 septembre 2026
La progression des usages numériques au Gabon accroît aussi les risques qui pèsent sur les systèmes d’information publics et privés. Les autorités cherchent à renforcer les capacités nationales de prévention et de réponse aux cybermenaces.
Le Gabon renforce son dispositif de cybersécurité alors que ses infrastructures numériques font face à une multiplication des tentatives d’intrusion. Plus de 900 000 alertes ont été enregistrées au cours des 60 derniers jours, certaines jugées très critiques, selon l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF).
La situation a été examinée le lundi 7 septembre lors d’une séance de travail dirigée par le vice‑président du gouvernement, Hermann Immongault, avec plusieurs membres du gouvernement et les principaux acteurs du secteur numérique. Les échanges ont porté sur la gouvernance de la numérisation et sur les moyens techniques à mobiliser pour renforcer la protection des systèmes d’information nationaux. L’ANINF doit notamment formaliser des recommandations et un cahier des charges afin de préciser les responsabilités et les mesures à mettre en œuvre.
Un cadre juridique, mais des capacités encore limitées
Cette pression intervient alors que le Gabon dispose déjà d’un cadre juridique consacré à la cybersécurité. La loi n°027/2023 relative à la cybersécurité et à la lutte contre la cybercriminalité encadre notamment la protection des infrastructures critiques et la sécurité des systèmes d’information. Mais le niveau de préparation du pays reste contrasté.
Dans son Global Cybersecurity Index 2024, l’Union internationale des télécommunications (UIT) classe le Gabon au niveau T4 « en évolution ». Le pays obtient 20 points sur 20 pour les mesures juridiques, contre 0 sur 20 pour les mesures techniques et 5,51 sur 20 pour les mesures organisationnelles.
Ces résultats mettent en évidence un décalage entre l’encadrement réglementaire et les capacités opérationnelles du pays. La multiplication des alertes donne ainsi une dimension concrète aux efforts encore nécessaires en matière de détection, de protection des systèmes et de réponse aux incidents. Le Gabon dispose par ailleurs d’un nouvel outil pour renforcer cette architecture : le data center national de Nkok, récemment mis en service. Cette infrastructure devrait notamment renforcer les capacités nationales d’hébergement et de gestion des données.
Samira Njoya
(Source : Agence Ecofin, 9 septembre 2026)
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