OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Année 2026 > Octobre 2026 > PI-SPI : Le piège tarifaire de Wave

PI-SPI : Le piège tarifaire de Wave

vendredi 2 octobre 2026

Fintech

Un an après le lancement de la plateforme de paiement instantané de la BCEAO, Wave rentre dans le rang après avoir longtemps fait de la résistance. Le leader du mobile money au Sénégal entre dans un système où les transferts entre particuliers sont gratuits, lui qui prélève 1 % sur chaque envoi. Si ses tarifs ne bougent pas, ses clients pourraient bientôt payer pour envoyer de l’argent à un autre client Wave, mais plus pour l’envoyer chez Orange Money ou à leur banque.

Il aura fallu une échéance réglementaire, et même un report, pour que Wave figure sur la liste. Le 30 septembre, la BCEAO a publié une version actualisée des établissements autorisés à ouvrir au public les services de la PI-SPI. Ils sont désormais 175 dans l’UEMOA, et Wave Digital Finance en fait partie. La Banque centrale avait d’abord fixé la date butoir au 30 juin, avant de la repousser de trois mois le 25 juin, sans que l’opérateur ne s’explique jamais publiquement sur son absence d’une plateforme inaugurée à Dakar, sur son principal marché.

Être sur la liste ne dit pas grand-chose de ce que verra l’utilisateur. Les premières informations font état d’une autorisation pour le Sénégal ; la Côte d’Ivoire n’est pas citée. Quant aux services qui seront activés, à leur calendrier et à leur prix, Wave ne les a pas précisés.

Le paradoxe tarifaire

Wave a construit son succès sur une grille simple. Le dépôt et le retrait ne coûtent rien ; c’est l’envoi qui est facturé 1 %, dans la limite de 5 000 FCFA. Les passerelles ouvertes avec UBA ou Banque Atlantique appliquent le même taux, et c’est sur les transferts que l’opérateur réalise l’essentiel de ses revenus.

La PI-SPI part du principe inverse. Pour un particulier, envoyer de l’argent à l’intérieur du pays ou payer un commerçant est gratuit, comme les trente premières réceptions du mois. Passé ce seuil, des frais sont possibles, mais la BCEAO les plafonne à 1 % du montant reçu.
Un exemple suffit à mesurer le décalage. Un client qui envoie 50 000 FCFA à un proche sur Wave paie 500 FCFA de commission. S’il envoie la même somme à un proche sur Orange Money, ou sur son propre compte bancaire, en passant par la PI-SPI, il ne devrait payer aucune commission.

Aucune issue gratuite

En droit, Wave n’est pas tenu d’aligner ses transferts internes, qui ne passent pas par l’infrastructure de la BCEAO. En pratique, l’écart risque de se voir. Les Sénégalais ont adopté Wave parce qu’il était moins cher que ses concurrents, et ils ne mettront pas longtemps à remarquer qu’un détour par un autre établissement leur évite la commission.

L’opérateur peut baisser ses frais pour ne pas donner à ses clients de raison de partir. Ce serait toutefois amputer la source de revenus sur laquelle il a bâti sa rentabilité, et miser sur des recettes encore à développer, celles des paiements marchands et des services aux entreprises, que la gratuité pour les particuliers épargne. Il peut aussi faire le pari inverse et laisser la fonction PI-SPI au fond de son application, en espérant que peu de clients s’en servent. Le calcul serait hasardeux face à une Banque centrale qui a attendu un an, et bouleversé son propre calendrier, pour obtenir ce raccordement.

L’interopérabilité que Wave a longtemps tenue à distance l’oblige ainsi à reconsidérer le modèle qui lui a donné le marché. Ce scénario suppose que Wave appliquera la gratuité de la PI-SPI à ses envois vers les autres établissements, ce que rien ne permet encore d’affirmer. S’il choisissait de les facturer, la question deviendrait réglementaire plutôt que commerciale : il reviendrait alors à la BCEAO de dire si la gratuité qu’elle défend depuis le lancement s’impose à tous ses participants.

Un réseau qui perd sa clôture

Au Sénégal, Wave revendique environ 11 millions de clients. Les estimations de parts de marché divergent selon les sources, mais aucune ne conteste son avance sur Orange Money et Free Money. Cette avance tenait en partie à un effet d’entraînement : on ouvrait un compte Wave parce que la famille, les collègues et le boutiquier du quartier en avaient un. Avec la PI-SPI, l’argument s’émousse. Un client d’Orange Money pourra régler un marchand équipé d’un QR code Wave compatible, et un salarié garder sa banque tout en payant partout.

Rien ne dit pourtant que Wave en sortira perdant. Si l’argent circule librement, il ira là où le service est le plus simple et le moins cher, deux terrains sur lesquels l’opérateur a forgé sa réputation. Les salaires et virements venus des banques pourraient eux aussi prendre le chemin de ses portefeuilles. Les concurrents dont les clients restaient surtout par habitude ont peut-être davantage à craindre.

Les prochaines semaines

Pour la BCEAO, le raccordement de Wave complète la plateforme ; reste à savoir s’il se traduira dans les usages. On verra vite si l’option PI-SPI apparaît clairement dans l’application et combien d’étapes il faut pour envoyer vers un autre réseau, si les alias (numéro de téléphone, adresse de paiement) sont proposés aux clients et si les marchands Wave acceptent les paiements venus d’ailleurs. L’extension de l’autorisation à la Côte d’Ivoire sera un autre indicateur.

L’indicateur décisif restera néanmoins la prochaine grille tarifaire de Wave, et le sort qu’elle réservera à la commission de 1 % sur les transferts internes.

Malick Ndaw

(Source : Le Journal de l’économie sénégalaise, 2 octobre 2026)

Fil d'actu

  • Monnaies complémentaires et possibilités en Afrique : description et essai de mise en œuvre dans le domaine de l’agroécologie Burkina NTIC (30 juillet 2026)
  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4597/5264 Régulation des télécoms
  • 359/5264 Télécentres/Cybercentres
  • 3492/5264 Economie numérique
  • 1844/5264 Politique nationale
  • 5224/5264 Fintech
  • 564/5264 Noms de domaine
  • 2013/5264 Produits et services
  • 1572/5264 Faits divers/Contentieux
  • 771/5264 Nouveau site web
  • 5264/5264 Infrastructures
  • 1851/5264 TIC pour l’éducation
  • 196/5264 Recherche
  • 249/5264 Projet
  • 3773/5264 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1922/5264 Sonatel/Orange
  • 1700/5264 Licences de télécommunications
  • 285/5264 Sudatel/Expresso
  • 1039/5264 Régulation des médias
  • 1311/5264 Applications
  • 1121/5264 Mouvements sociaux
  • 1781/5264 Données personnelles
  • 159/5264 Big Data/Données ouvertes
  • 650/5264 Mouvement consumériste
  • 375/5264 Médias
  • 670/5264 Appels internationaux entrants
  • 1680/5264 Formation
  • 105/5264 Logiciel libre
  • 2186/5264 Politiques africaines
  • 1054/5264 Fiscalité
  • 250/5264 Art et culture
  • 642/5264 Genre
  • 2092/5264 Point de vue
  • 1100/5264 Commerce électronique
  • 1514/5264 Manifestation
  • 336/5264 Presse en ligne
  • 127/5264 Piratage
  • 216/5264 Téléservices
  • 1021/5264 Biométrie/Identité numérique
  • 336/5264 Environnement/Santé
  • 447/5264 Législation/Réglementation
  • 379/5264 Gouvernance
  • 1923/5264 Portrait/Entretien
  • 145/5264 Radio
  • 820/5264 TIC pour la santé
  • 291/5264 Propriété intellectuelle
  • 61/5264 Langues/Localisation
  • 1122/5264 Médias/Réseaux sociaux
  • 2116/5264 Téléphonie
  • 193/5264 Désengagement de l’Etat
  • 1070/5264 Internet
  • 117/5264 Collectivités locales
  • 436/5264 Dédouanement électronique
  • 1290/5264 Usages et comportements
  • 1050/5264 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 560/5264 Audiovisuel
  • 3399/5264 Transformation digitale
  • 391/5264 Affaire Global Voice
  • 190/5264 Géomatique/Géolocalisation
  • 349/5264 Service universel
  • 680/5264 Sentel/Tigo
  • 179/5264 Vie politique
  • 1641/5264 Distinction/Nomination
  • 36/5264 Handicapés
  • 727/5264 Enseignement à distance
  • 755/5264 Contenus numériques
  • 593/5264 Gestion de l’ARTP
  • 183/5264 Radios communautaires
  • 1894/5264 Qualité de service
  • 490/5264 Privatisation/Libéralisation
  • 138/5264 SMSI
  • 496/5264 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2865/5264 Innovation/Entreprenariat
  • 1412/5264 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 46/5264 Internet des objets
  • 184/5264 Free Sénégal
  • 977/5264 Intelligence artificielle
  • 201/5264 Editorial
  • 21/5264 Gaming/Jeux vidéos
  • 35/5264 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous