OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2007 > Octobre > Passeports numérisés : Le Sénégal va-t-il payer 117 milliards pour un BOT ?

Passeports numérisés : Le Sénégal va-t-il payer 117 milliards pour un BOT ?

vendredi 26 octobre 2007

Biométrie/Identité numérique

Au sortir du premier Conseil des ministres après les vacances gouvernementales de cette année, le ministre de l’intérieur Me Ousmane Ngom avait déclaré devant la presse, avec une fierté évidente, que le Sénégal allait, pour la confection des passeports, entrer dans l’ère du numérique. Me Ousmane Ngom avait en outre précisé que le gouvernement venait de signer un accord avec une société malaisienne Iris Corporation Bhdhas.

Comme l’accord était conclu sur la base d’un Bot -Build, own and transfer - (construire, gérer et transférer) de 25 ans, beaucoup pensaient que le Sénégal allait disposer d’un système de fabrication moderne de passeports sans être obligé de le financer avec son propre budget. On s’est demandé quel serait le coût financier de ce nouveau passeport sécurisé pour l’usager. Autre interrogation, comment maintenir le prix tout en sécurisant ce document de voyage ? La réalité est que le prix devrait même connaître une baisse du fait que le numérique coûte moins cher.

Nos investigations nous ont permis de constater que le débat se situe ailleurs. Le gouvernement a certes promis la confection 10 millions d’unités mais ne dit pas clairement qui va payer la note. Dans une déclaration datée du 05 septembre 2007 et faite à Kuala Lumpur, la capitale de la Malaisie, la société Iris disait ceci : The Senegal Government will pay a consideration of Euro 180 millions for the 10 millions units of electronic passports (E-Passports). That are scheduled to be delivered during the Bot period. « Le gouvernement du Sénégal va s’acquitter d’une rétribution de 180 millions d’euros pour les dix millions d’unités de passeports électroniques dont la livraison est programmée dans la période de la durée du Bot. » Comme on le voit, c’est plus de 117 milliards de F Cfa que le gouvernement se serait engagé à payer pour un projet qui va appartenir à une compagne étrangère pendant 25 ans.

Après cette déclaration, surviennent des éléments troublants. Le lien Internet http://www.iris.com.my/News/new_det... qui renvoyait le visiteur à cette déclaration dans le site Web de la compagnie et visité par nos soins le 15 septembre dernier, oriente aujourd’hui vers une déclaration tout à fait différente parlant du même sujet.

Dans la première version, visiblement les dirigeants de Iris s’adressaient à leurs actionnaires et aux traders de la bourse de Kuala Lumpur. On y insistait plutôt sur le fait que Iris Corporation allait réaliser des résultats financiers très intéressants cette année à cause de l’accord conclu avec le Sénégal. Et la même déclaration donnait un autre lien Internet qui renvoyait à des informations sur les relations entre Iris et des sociétés turques et avec Ibm dans le cadre des joint-ventures. Ce lien aussi a disparu dans la deuxième version de la déclaration. Dans la version corrigée de la déclaration, on insiste sur l’importance que représente l’Afrique pour cette boîte, sans faire mention d’un payement quelconque. Il est également fait mention dans cette deuxième version d’une assistance fournie aux agents du gouvernement sénégalais chargés de la gestion du système. Avons-nous un Bot, qui signifie construire opérer et transférer ? Où sont les fonctionnaires du gouvernement payés par l’Etat, qui vont gérer le système au profit de la compagnie propriétaire pendant un quart de siècle ?

A t-on pensé aux questions de sécurité nationale posées par certains qui estiment que la fabrication des passeports est tellement sensible qu’elle ne devrait pas être entre les mains d’étrangers ?

Un autre élément troublant est que, depuis 2003, une compagnie américaine appartenant à des Sénégalais avait proposé aux ministères de l’Intérieur et des Affaires étrangères le même type de système mais uniquement pour les postes diplomatiques qui couvrent les Sénégalais de l’extérieur. Et le coût global de l’équipement et la conception des logiciels était seulement de 300 milles dollars américains ; environ 150 millions de FCfa.

Il ne restait à l’Etat qu’à acheter les talons de passeports. N’oublions pas qu’une fois le système crée, la compagnie sénégalo américaine allait le livrer au Sénégal, ce qui est une garantie que notre sécurité nationale restait entre les mains des nationaux. Il s’y ajoute que le mode de fonctionnement de ces sociétés garantit la transparence dans les opérations. La comptabilité publique du pays de l’Oncle Sam ne permet pas souvent de dépenses « non justifiées », même pour les compagnies privées. Les « perdiems » et autres « dessous de table » ne passent pas facilement dans leurs livres comptables.

Finalement la proposition avait fait l’objet d’un rejet automatique de la part du ministère de l’Intérieur qui arguait que le passeport Cdeao était soumis à une règlementation communautaire qui ne permettait pas un traitement national particulier. Au ministère des Affaires étrangères, par contre, l’offre avait suscité un réel intérêt.

Nos recherches nous ont permis de voir que l’offre des Sénégalais Américains n’était pas faite à la légère. C’était fait avec démonstration et croquis à l’appui :

Le cas des passeports numérisés n’est pas la seule expérience troublante entre cette boîte sénégalaise qui a aussi ses bureaux à Dakar. Bien avant la décision des autorités de faire fabriquer des cartes d’identité numérisées, elle avait soumis une première offre pour la fabrication de ces cartes.

Pendant que celles finalement retenues, accompagnées des cartes d’électeurs, ont fini de creuser un trou de plus d’une douzaine de milliards dans le Trésor public, le mode de financement qu’avait soumis la structure sénégalo américaine devait permettre à l’Etat de doter les citoyens de leur pièce d’identité gratuitement et de recevoir, au passage, des redevances annuelles payées par le contractuel.

Tout le financement de l’opération devait provenir des renouvellements et de la numérisation des permis de conduire en raison de 18.000 FCfa par permis. Les calculs étaient faits avec des projections qui attestaient clairement de la faisabilité.

Quand la démonstration était faite devant une haute autorité sénégalaise à l’époque, cette dernière n’a même pas voulu laisser l’ingénieur terminer son exposé. Sa réaction a été tout de suite d’appeler le ministre en charge du dossier des permis de conduire, pour lui demander de recevoir ces jeunes qui portaient cette offre.

Grande avait été la surprise des deux ingénieurs de se voir dire par un fonctionnaire du ministère en question que le permis américain qui est à la base de leur offre ne pouvait être accepté par le Sénégal, car n’étant pas un permis international. C’est comme si des millions de Sénégalais avaient besoin de conduire des voitures à l’étranger.

Résultats des courses, le contribuable sénégalais a fini par débourser des milliards pour les cartes d’identité et d’électeurs, là où l’Etat devait recevoir des redevances annuelles et par là même avoir l’occasion de créer du travail et de la richesse pour des nationaux.

Dame Babou

(Source : Sud Quotidien, 26 octobre 2007)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 3863/4185 Régulation des télécoms
  • 302/4185 Télécentres/Cybercentres
  • 3019/4185 Economie numérique
  • 1655/4185 Politique nationale
  • 4185/4185 Fintech
  • 424/4185 Noms de domaine
  • 1653/4185 Produits et services
  • 1248/4185 Faits divers/Contentieux
  • 589/4185 Nouveau site web
  • 4125/4185 Infrastructures
  • 1411/4185 TIC pour l’éducation
  • 144/4185 Recherche
  • 208/4185 Projet
  • 2999/4185 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1560/4185 Sonatel/Orange
  • 1359/4185 Licences de télécommunications
  • 243/4185 Sudatel/Expresso
  • 843/4185 Régulation des médias
  • 1041/4185 Applications
  • 836/4185 Mouvements sociaux
  • 1379/4185 Données personnelles
  • 240/4185 Big Data/Données ouvertes
  • 474/4185 Mouvement consumériste
  • 297/4185 Médias
  • 527/4185 Appels internationaux entrants
  • 1477/4185 Formation
  • 80/4185 Logiciel libre
  • 1752/4185 Politiques africaines
  • 913/4185 Fiscalité
  • 164/4185 Art et culture
  • 471/4185 Genre
  • 1554/4185 Point de vue
  • 925/4185 Commerce électronique
  • 1198/4185 Manifestation
  • 269/4185 Presse en ligne
  • 92/4185 Piratage
  • 155/4185 Téléservices
  • 899/4185 Biométrie/Identité numérique
  • 259/4185 Environnement/Santé
  • 298/4185 Législation/Réglementation
  • 381/4185 Gouvernance
  • 1474/4185 Portrait/Entretien
  • 111/4185 Radio
  • 727/4185 TIC pour la santé
  • 222/4185 Propriété intellectuelle
  • 50/4185 Langues/Localisation
  • 887/4185 Médias/Réseaux sociaux
  • 1736/4185 Téléphonie
  • 156/4185 Désengagement de l’Etat
  • 954/4185 Internet
  • 100/4185 Collectivités locales
  • 337/4185 Dédouanement électronique
  • 1101/4185 Usages et comportements
  • 892/4185 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 446/4185 Audiovisuel
  • 2785/4185 Transformation digitale
  • 328/4185 Affaire Global Voice
  • 124/4185 Géomatique/Géolocalisation
  • 319/4185 Service universel
  • 547/4185 Sentel/Tigo
  • 147/4185 Vie politique
  • 1251/4185 Distinction/Nomination
  • 32/4185 Handicapés
  • 588/4185 Enseignement à distance
  • 580/4185 Contenus numériques
  • 458/4185 Gestion de l’ARTP
  • 156/4185 Radios communautaires
  • 1694/4185 Qualité de service
  • 362/4185 Privatisation/Libéralisation
  • 109/4185 SMSI
  • 388/4185 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2395/4185 Innovation/Entreprenariat
  • 1089/4185 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 37/4185 Internet des objets
  • 138/4185 Free Sénégal
  • 700/4185 Intelligence artificielle
  • 168/4185 Editorial
  • 45/4185 Gaming/Jeux vidéos
  • 26/4185 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous