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Passage au numérique : un expert préconise de repenser le cadre juridique

mardi 30 septembre 2014

Télévision/Radio numérique terrestre

Le passage de l’analogique au numérique nécessite de repenser un cadre juridique pour sauvegarder le service de l’information, en vue de promouvoir un nouveau paysage audiovisuel, a indiqué, mardi à Dakar, Mamadou Baal, membre du Comité exécutif du comité national de pilotage du passage de l’analogique ver le numérique (CONTAN).

‘’Le basculement de la diffusion des chaînes de télévision en mode numérique est tout à fait normal. Nous parlons des infrastructures techniques à mettre en place mais aussi des opportunités qui se présentent à l’Afrique pour mettre à niveau le système de fonctionnement des chaînes de télévision’’, a fait noter M. Baal.

Il s’exprimait au cours d’un atelier de partage sur les ‘’les défis du secteur de l’audiovisuel au Sénégal à l’ère numérique’’.

‘’L’Etat doit réorganiser les chaînes de télévision et mettre une infrastructure qui fasse que toutes les fréquences soient transportées, multiplexées et diffusées’’ ,selon M. Baal, expert en audiovisuel. Il a toutefois affirmé que le gouvernement est ’’prêt pour le faire à temps’’.

‘’Depuis une trentaine d’années le chaînes de télévision africaines fonctionnent a priori de manière atypique’’, a relevé M. Baal, rappelant qu’auparavant les télévisions publiques étaient des multinationales qui faisaient tout en même temps.

’’Elles faisaient l’archivage, la production, la diffusion, l’édition entre autres alors que depuis, longtemps, les chaînes de télévision ont fini par ne s’occuper que d’édition en faisant travailler d’autres sociétés sur les autres aspects’’, a-t-il encore dit..

’’Maintenant, a-t-il expliqué, avec le passage au numérique, les chaînes de télévision perdent le bénéfice d’avoir une fréquence à elles toutes seules car elles seront obligées de partager une fréquence d’autant plus que la technologie permet de mettre sur une seule fréquence, une vingtaine de chaines télévision’’.

‘’Les chaînes de télévision vont être mutualisées. Il faut donc en profiter car, à partir du moment où elles ne s’occuperont que de diffusion, de les encadrer pour qu’elles produisent autrement ou qu’elles fassent produire autrement pour le bénéfice des populations’’, a fait valoir Mamadou Baal.

’’Ce faisant, on pourra disposer d’une production utile, éducative, une production de développement. Nous demanderons aussi à l’Etat de venir en aide non pas aux chaînes de télévision dans la production, mais aux populations qui reçoivent le contenu’’ ,a-t-il indiqué, ajoutant que ’’la télévision n’existe que par le contenu qu’elle véhicule’’.

Selon Mamadou Baal, ’’il s’agit aussi de réfléchir sur comment faire de sorte que les populations soient à niveau pour entrer dans l’ère du numérique’’.

‘’Tout va changer. La télévision sera interactive. Cela veut dire que les chaînes de télévision et les populations s’y préparent’’, a indiqué M. Baal.

’’Cette gestion de l’interactivité ne doit pas surprendre, car on entre dans le monde de l’information. Tout se passera sur l’internet ce qui signifie que les chaînes de télévision vont abandonner les fréquences’’, a-t-il encore averti.

‘’L’Etat va les récupérer pour faire de telle sorte que l’internet à haut débit puisse circuler sur ces fréquences en or qui porteront loin. Ces fréquences récupérées appelées des dividendes numériques doivent servir à l’économie numérique’’, a expliqué le technicien.

(Source : APS, 30 septembre 2014)

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